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JCDecaux / Jean-Charles Decaux / dividendes / actionnaires / JCDecaux Holding / Assemblée générale
L’absence de dividende chez JCDecaux interroge les actionnaires / La famille Decaux reste la principale concernée
Si JCDecaux a renoué avec les bénéfices en 2022, les actionnaires du numéro un mondial de la communication extérieure ne toucheront pas de dividende cette année. Pas plus qu’ils n’ont reçu de rémunération au titre des exercices 2021 et 2020. Durant ces deux années marquées par la pandémie, la suppression du dividende avait du sens : le groupe enregistrait des pertes, en lien avec un recul de son activité. Mais au terme de l’exercice 2022, le résultat net part du groupe a signé son retour en territoire positif (à 132,1 millions d’euros). Alors à l’occasion ce mardi de l’assemblée générale du groupe co-dirigé par les frères Jean-Charles et Jean-François Decaux, les porteurs d’actions de la société ont sondé la direction à propos de cette absence de rémunération.
Un choix néanmoins assumé, puisque Jean-Charles Decaux y a avancé plusieurs "raisons objectives". La première : protéger les intérêts de l’entreprise. JCDecaux a en effet été frappé de plein fouet par la crise sanitaire. "Malheureusement, quand nous faisons le cumul et après une année 2019 record, les exercices 2020 et 2021 ont été déficitaires", a rappelé le co-directeur général. Puis a poursuivi : "L’entreprise est saine et solide, mais elle a été touchée".
Endettement redressé
Car de fait, malgré une contraction de son activité et de sa rentabilité au cours des années Covid, la société peut aujourd’hui compter sur un ratio d’endettement limité. Au terme de l’exercice 2022, le rapport entre la dette et l’excédent brut d’exploitation s’élevait à 1,75. Un indicateur à comparer à un ratio d’endettement équivalent à 2,45 au titre de l’année 2021. Plus encore, ce rapport s’élevait à 76,4 au titre de l’année 2020.
Une situation bilancielle assainie qui représente, pour Jean-Charles Decaux, un intérêt notable pour les actionnaires. "Dans un monde de croissance, il y a de nombreuses demandes de consolidation, notamment pour les plus endettés. Pour l’intégralité de nos actionnaires, nous souhaitons être protégés afin de pouvoir saisir les opportunités qui pourraient se présenter", a ainsi indiqué le co-dirigeant.
Mauvaise passe pour la holding
Il reste aussi à souligner que la famille Decaux demeure la première concernée par ce manque de dividendes. Elle est en effet l’actionnaire majoritaire de la société au travers de son entité d’investissement JCDecaux Holding. Et ce à hauteur de 65,47 %, quand le flottant représente 17 % du capital du groupe, rapportent les données d’Euronext. Une holding qui détient – par sa nature – plusieurs participations dans des sociétés, dont Bouygues ou Eurazeo. Et les 17,9 % du capital de la société spécialisée en investissement détenus par la famille Decaux perdent de la valeur.
Cette dernière était entrée au capital d’Eurazeo en 2017 à un prix de 70 euros par action. Avec un cours équivalent à 63,25 euros à la clôture de la séance de ce mardi, le titre Eurazeo a perdu environ 10 % de sa valeur depuis l’arrivée des Decaux sur le banc des actionnaires d’Eurazeo. De quoi donc réduire la valeur du portefeuille de JCDecaux Holding, même si la société bénéficiera d’un dividende par titre Eurazeo en croissance de 26 % au titre de l’année 2022.
A long terme
Les actionnaires de JCDecaux auront quant à eux, au cours de l’assemblée générale, été confortés sur la santé du cours de Bourse du spécialiste de la communication extérieure. Depuis son introduction sur la place parisienne en juin 2001, le titre a gagné 13,1 %. Son concurrent américain en mobilier urbain Clear Channel Outdoor a par exemple perdu 93,7 % sur la même période. A titre de comparaison, l’allemand Ströer, spécialisé lui aussi dans la publicité extérieure, a bénéficié d’une hausse de 140 % de son cours de Bourse depuis 2001.
Une manière de rassurer les actionnaires de longue date de l’entreprise sur la valeur de leur investissement tandis que Jean-Charles Decaux a garanti : "La question [des dividendes] est ouverte et posée pour l’exercice 2023. Si nous arrivons à faire de la croissance tout en protégeant notre trésorerie, nous redistribuerons des dividendes. C’est un souhait important".
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