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Défaillances d’entreprises : la France signe son pire printemps en sept ans / Les entreprises de taille moyenne inquiètent
L’augmentation des défaillances d’entreprises en France est-elle seulement le fruit d’un simple effet de rattrapage ? Le constat posé par Altares peut sérieusement en faire douter. Alors que le retrait des aides budgétaires destinées aux entreprises liées au covid oblige, le nombre de défaillances a progressé de 35 % sur un an (entre le deuxième trimestre 2022 et le deuxième trimestre 2023), la période allant d’avril à juin 2023 aurait vu 13 266 défaillances d’entreprise se faire jour, indique le cabinet Altares.
Il s’agit là d’un niveau inédit pour un deuxième trimestre depuis celui de 2016. "Le référentiel d’avant Covid vole en éclat", n’hésite pas à dire Thierry Millon, directeur des études d’Altares. Sur un an, le cap des 50 000 entreprises défaillantes est dépassé, soit un étiage similaire à février 2020, juste avant le déclenchement du premier confinement.
Dans le détail, "les activités à destination des consommateurs sont les plus durement sinistrées : restauration rapide, alimentation générale, coiffure, réparation & vente de véhicules", rapporte Thierry Millon. Alors que près de 1500 (1477) établissements de restauration ont défailli (+53 %) au cours de ce deuxième trimestre, le secteur retrouve sa sinistralité du printemps 2016. "La restauration rapide (646 ; +64 %) signe un record historique de défauts", note Altares. Les activités de coiffure et instituts de beauté (459 : +35 %), eux, connaissent une sinistralité au plus haut sur dix ans.
Un autre point inquiète le cabinet : les défauts touchant les PME ainsi que les ETI. Les défauts de TPE sont en hausse de 33 % par rapport au T2 2022 (9095) tandis que les PME et ETI enregistrent une hausse de 55 % du nombre de procédures.
Tant et si bien que, "1 136 PME et ETI ont fait défaut au cours du 2e trimestre contre 731 il y a un an. Le nombre de sinistres de sociétés de plus de 10 salariés est au plus haut depuis plus de dix ans. Au printemps 2013 nous comptions 1289 défauts", remarque Altares. En conséquence de quoi, le "nombre d’emplois menacés" repasse pour la première fois au-dessus de la barre des 55 000, un niveau qui n’avait plus été approché depuis le deuxième trimestre 2014.
Tout n’est pas noir cependant. Ainsi, les très jeunes entreprises de moins de 3 ans, lancées au sortir de la crise sanitaire, dans un contexte de reprise économique se sont avérées plus résilientes. Le nombre de défaillances sur cette catégorie recule de plus de 5 %. "À savoir, les défaillances sur cette même catégorie s’envolaient de plus de 130 % il y a un an. Ici, il s’agissait des sociétés lancées dans l’œil du cyclone, en pleine période de crise et de confinements répétés. En comparaison, les chiffres de ce 2e trimestre 2023 étaient donc attendus moins sévères. 1657 entreprises de moins de trois ans ont fait défaut, c’est également très en dessous des 2000 procédures ouvertes au cours du 2e trimestre 2019", analyse Altares.
Pour expliquer ce phénomène Thierry Millon avance que "les entreprises lancées à l’issue de la crise ont éclos dans l’adversité, avec des projets très préparés, solidement financés, et une appréhension de la crise passée".
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