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Indicateurs macros / défaillances d'entreprises / Altares / Crise sanitaire / Inflation

Indicateurs macros
défaillances d'entreprises / Altares / Crise sanitaire / Inflation

Défaillances d’entreprises : la France dans le rouge / Elles ont atteint cet été un niveau jamais observé en plus de 25 ans

Avec 8950 défaillances d'entreprises cet été, le nombre de procédures collectives a augmenté de près du 69%. Un résultat inhabituel pour une période réputée d'ordinaire calme mais signe, selon Altares, que les niveaux de 2019, compte tenu de l'inflation et la flambée des prix de l'énergie, seront bientôt atteints. 
Magasin de l'enseigne de prêt a porter marque Camaieu après la decision de liquidation judiciaire du groupe (©Laurent GRANDGUILLOT/REA)
Magasin de l'enseigne de prêt a porter marque Camaieu après la decision de liquidation judiciaire du groupe (©Laurent GRANDGUILLOT/REA)

Ça grimpe dangereusement. Après les 9826 procédures collectives recensées entre avril et juin (+49% sur un an), le cabinet Altares a compté 8950 défaillances d’entreprises entre le 1er juillet et le 30 septembre dernier. C’est certes moins qu’au trimestre précédent mais l’été est normalement une période calme. De fait, c’est 68,5% de plus qu’à la même période un an plus tôt. Un résultat d’autant plus alarmant que les liquidations judiciaires directes, concentrant près des trois-quarts des jugements d’ouverture, sont en augmentation de 71,3%, (6612 entreprises). Sur douze mois, la barre des 38 000 ouvertures de procédures collectives est donc franchie, une première depuis l’été 2020 et surtout un taux jamais observé en 25 ans.

 

Le pire devant nous ?

 

Évidemment, on est loin encore des 53 599 procédures enregistrées fin septembre 2019 mais cette hausse laisse désormais présager d’un rapide retour aux niveaux d’avant-Covid. Il faut dire que les planètes sont loin d’être alignées pour les entreprises : coincées entre le remboursement des prêts garantis par l’Etat (PGE- qui ont largement contribué à maintenir les entreprises à flot pendant la crise sanitaire), l’inflation et la hausse des prix des factures d’énergie, ces dernières sont très fragilisées.

Dans le détail, les activités B to C (commerce de détail, restauration services à la personne) restent les plus concernées par ces défaillances, la hausse dépassant 200% dans la restauration rapide par exemple. A noter que l’industrie manufacturière et agroalimentaire connaît une forte augmentation de défauts (+85%) avec 688 procédures au cours du troisième trimestre. "Le nombre de défaillances d’entreprises augmente très vite. Les difficultés qui se concentraient ces derniers mois sur les activités B to C se propagent et n’épargnent plus les PME (…). Cette accélération pourrait impacter (dans les prochains mois) les fournisseurs qui peineraient à gérer la démultiplication soudaine des défauts de clients, a fortiori de PME ", constate Thierry Millon, directeur des études chez Altares.

 

Des seuils proches de 2019

 

De fait, les TPE-PME sont déjà percutées de plein de fouet par le phénomène. Les TPE concentrent les trois quarts des procédures au troisième trimestre (6720) tandis que les PME comptant entre vingt et quarante-neuf salariés ont vu le nombre de leurs défaillances doubler en un an (+111%) pour atteindre 186 ouvertures, un score avoisinant le niveau de 2019 avec 193 défaillances.

Coté régions, tous les territoires sont dans le rouge. Les défauts ont même doublé durant l’été dans les Hauts de France (+116%), dépassant désormais le niveau du troisième trimestre 2019 (875 contre 828). Il s’agit par ailleurs du douzième mois de hausse consécutif.  Cinq régions voient, en outre, le nombre de défaillances sur leur territoire dépasser une augmentation de 80% sur un an : la Corse, L’Occitanie, la région Auvergne-Rhône-Alpes, Pays de Loire et la Normandie.

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