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Les entreprises françaises à l’épreuve de 2023 / Quelques remèdes pour affronter une année qui s'annonce difficile

Les défaillances d’entreprises devraient retrouver leur niveau d’avant pandémie en 2023, pointe une étude menée par le cabinet de conseil EY et le courtier en assurance-crédit AU Group. Croissance externe, repositionnement des modèles d’affaires ou affacturage pourront néanmoins venir soutenir les sociétés en difficulté face à l’inflation, l’envolée des coûts des matières premières et de l’énergie ou au début du remboursement des prêts garantis par l’Etat.
Immobilier commercial (©Francois HENRY/REA)
Immobilier commercial (©Francois HENRY/REA)

Le rythme des défaillances d’entreprises s’est emballé en 2022. Ainsi, pas de quoi commencer l’année 2023 sous les meilleurs auspices pour le tissu entrepreneurial français. Les prévisions à ce sujet sont même plutôt pessimistes. Allianz Trade table, pour l’année à venir, sur un nombre de 59 000 défaillances d’entreprises, rapporte une étude menée par le cabinet de conseil EY et le courtier en assurance-crédit AU Group. Soit un retour aux niveaux d’avant-Covid.

Pour autant, "il n’y aura pas de mur de faillites en 2023", indique Olivier de la Pontais, directeur d’AU Group, à WanSquare. "Toutes les défaillances qui auraient dû arriver en 2021 ou 2022 ne se reporteront pas forcément sur l’année à venir". Il n’y aura, donc, peut-être pas d’effet de rattrapage lié à la levée des aides d’Etat, l’inflation, la flambée des prix de l’énergie et des matières premières ou le début du remboursement des prêts garantis par l’Etat (PGE). Mais sous leurs effets, le rythme des faillites d’entreprises risque tout de même de poursuivre sa dynamique de croissance entamée en 2022. Selon les données d’Allianz à nouveau, elles devraient s’apprécier en 2023 de 40 % en France et de 20 % à l’échelle mondiale. "Les réserves accumulées depuis la reprise ont permis d’absorber les chocs sur 2022, au moins en partie, mais cette résilience des entreprises est confrontée à une triple menace pour 2023 : une croissance plus faible, des marges réduites et des conditions de financement qui se détériorent", pointe le rapport publié par EY et AU Group.

 

Les TPE et PME sur le front

 

Et comme en 2022, les petites et moyennes entreprises risquent bien de se retrouver en première ligne. "Ce sont surtout les plus petites entreprises qui sont comme toujours les plus impactées par la crise, qui auront du mal à résister, car elles manquent de réserves, d’autant plus si elles doivent rembourser leurs PGE", explique Guillaume Cornu, associé chez EY et responsable de l’activité Restructuring à WanSquare. Les défaillances toucheront donc les entreprises selon leurs tailles, mais aussi selon leurs secteurs. Voir, leurs sous-secteurs. Olivier de la Pontais donne en exemple celui du BTP : sous le double-effet de la hausse des prix des matières premières et de l’énergie et de la hausse des coûts de financement qui ont contracté l’accès au crédit, les constructeurs de maisons individuelles "ont particulièrement souffert". Au contraire, les rénovateurs s’en sont quant à eux très bien sortis, les confinements ayant augmenté la propension des consommateurs à vouloir améliorer leurs intérieurs.

Pour affronter 2023, les entreprises devront donc opérer des choix stratégiques ou de gestion. Elles pourront, par exemple, recourir à la croissance externe, notamment pour celles exerçant dans le domaine de la Tech. "Le M&A sur les gros deals a ralenti significativement, mais pas encore sur le Midcap. Ma conviction est forte. Je pense que les opérations de M&A vont se poursuivre cette année avec une augmentation des opérations de fusions acquisitions sur des situations spéciales", avance Guillaume Cornu.

Autre solution : repositionner son modèle d’affaires. "C’est ce que l’on voit s’accélérer chez EY. En effet, nous accompagnons de plus en plus souvent de grosses ETI ou de grands corporate confrontés à des activités structurellement déficitaires et souvent non stratégiques pour lesquelles ils souhaitent étudier les différentes options et solutions envisageables : existe-t-il un plan de redressement possible ? Ou la solution passe-t-elle par une cession ? Il y a tellement d’incertitudes sur l’évolution des business qu’il nous est indispensable de couvrir l’ensemble des volets d’un plan de retournement – stratégique, opérationnel et évidemment financier", fait remarquer l’associé chez EY. Au directeur d’AU Group d’ajouter : "Les entreprises qui ne seront pas capables de céder des actifs non stratégiques et de se repositionner auront des difficultés".

 

Une solution n’est jamais universelle

 

La dernière solution avancée par les experts pour faire face à l’année 2023 se trouve du côté du renfort de leur trésorerie : celle du recours à l’affacturage, ce moyen de financement permettant d’obtenir une avance de liquidités par la cession de factures en attentes de règlement. Comme tout remède, il n’est pas universel puisqu’il concerne essentiellement les entreprises vendant en B2B. Qui devront "disposer d’un compte client libre et de qualité. Mais c’est une vraie solution", soutient Guillaume Cornu car "c’est un mode de financement non dilutif", poursuit Olivier de la Pontais.

Sa vertu ? Être adossé au poste client. "Donc plus l’activité augmente et plus la ligne de trésorerie que l’entreprise va pouvoir en tirer est importante. Et c’est un relais que l’on pense pertinent pour prendre la suite de ces fameux PGE dont les remboursements commencent", explique le directeur d’AU Group. Une aubaine pour les petites entreprises qui se retrouvent confrontées à cette problématique et qui constituent la plupart des dossiers d’affacturage. "Sur la majorité des dossiers en affacturage, le chiffre d’affaires est compris entre 10 et 20 millions d’euros. Mais certaines sociétés du CAC 40 y ont, elles aussi, recours", ajoute-t-il. Et il souligne, par ailleurs, que si ce sont majoritairement les petites et moyennes entreprises qui feront face à des difficultés en 2023, un changement de "typologie des sinistralités est attendu sur l’année à venir, avec un ticket moyen qui augmente".

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