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Bpifrance / Nicolas Dufourcq
Bpifrance fête ses 10 ans / Un impact considérable sur le tissu économique du pays
Un nouveau dispositif de financement en guise d’anniversaire. Bpifrance a annoncé cette semaine le lancement de "La Bourse French Tech Lab", un nouvel outil visant à démultiplier le potentiel marché des projets deeptech émanant des startups qui portent des innovations de rupture. Il "constitue un levier majeur pour les Pôles Universitaires d’Innovation" tout juste lancés par la ministre de l’Enseignement supérieure et de la Recherche, Sylvie Retailleau, a annoncé lundi la banque de financement née il y a tout juste dix ans.
Bpifrance a été créé par l’État et la Caisse des dépôts (CDC), le 12 juillet 2013 précisément, à travers le rapprochement des principales structures publiques de financement des entreprises : Fonds stratégique d’investissement, société de gestion CDC Entreprises et banque Oséo.
Lancé au moment où le pays était encore marqué par la crise économique et financière, l’établissement dirigé depuis l’origine par Nicolas Dufourcq peut justement compter parmi ses principaux succès d’être parvenu à créer un continuum de financement pour l’innovation : de l’émergence de La French Tech, aux plans Deeptech et au renforcement de l’innovation dans les PME.
A son actif, la multiplication par plus de sept en dix ans des montants de soutien aux startups en aides à l’innovation et en capital innovation. Les montants de financement apportés par Bpifrance et ses fonds partenaires sont passés d’environ 750 millions d’euros à 5,5 milliards d’euros, tandis que le nombre d’entreprises distinctes soutenues est passé d’environ 1 900 à 4 700.
Des licornes en veux-tu en voilà
Bpifrance est ainsi devenu un des principaux investisseurs directs en fonds propres dans les start-ups en Europe avec 7 milliards d’euros d’actifs sous gestion directe, ainsi que 9 milliards d’euros d’actifs en fonds de fonds innovation. La taille des fonds français a plus que doublé et une trentaine de licornes ont été créées, parmi lesquelles, sans toutes les citer, bien sûr Doctolib, la plus importante, mais aussi Back Market, ManoMano, Blablacar ou Lydia.
Le soutien de Bpifrance à l’innovation ne s’est en outre pas limité aux seules startups. Une part substantielle des aides à l’innovation distribuées par Bpifrance, qu’elles soient adressées à des projets d’innovation portés par des entreprises pour leur propre compte ou à des projets plus larges impliquant plusieurs entreprises et des laboratoires, visent des PME et ETI matures, souvent industrielles et intensives en R & D. Selon les données de l’Insee, les deux tiers du stock actuel de PME françaises innovantes matures (8 ans ou plus) opérant dans l’industrie ont déjà été soutenues par Bpifrance, que ce soit via une aide à l’innovation ou d’autres programmes.
Mais réduire l’action de Bpifrance à son soutien à l’innovation serait évidemment réducteur. La logique derrière la création de Bpifrance était de proposer une boîte à outils de financement complète pour les entreprises qu’elles soient start-up, TPE, PME ou ETI, du haut de bilan au bas de bilan, et d’être l’acteur qui accompagne ces entreprises dans leur vie, depuis la création jusqu’à la transmission.
Outre les aides à l’innovation, ces outils prennent la forme de crédits, de garanties de crédit des banques françaises (trois activités ayant été auparavant portées par Oseo), mais aussi d’investissements en fonds propres, en direct dans les PME-ETI jusque dans les grands groupes, et dans des fonds de capital investissements privés via l’investissement de fonds de fonds.
260 milliards de financements
Par la suite, Bpifrance a aussi complété son dispositif avec en particulier une gamme de soutiens à l’international (crédits export, assurance-crédit à l’export depuis 2017), un soutien renforcé à l’entrepreneuriat et la création (via le soutien aux réseaux d’aides à la création, depuis 2019), sans oublier la structuration d’une offre d’accompagnement non financier via du conseil, de la formation, et de la mise en réseau.
Pour mesurer l’impact sur le tissu économique de l’action de Bpifrance en dix ans, les chiffres parlent d’eux-mêmes. L’établissement public a accompagné plus de 535 000 TPE-PME-ETI avec l’ensemble de ses dispositifs contribuant à injecter environ 260 milliards d’euros de financements, ainsi que 190 milliards d’euros d’assurance export. Les montants que Bpifrance a contribué à injecter sont passés de 17,3 millions d’euros en 2013 à 33,9 milliards d’euros en 2022 (auquel s’ajoutent 31,9 milliards d’euros d’assurance export), un quasi doublement.
Une action d’ailleurs récemment saluée par la Cour des comptes. "L’effet de levier de l’activité d’investissement de Bpifrance sur l’économie française, et plus précisément sur le marché du capital-investissement, est avéré", a souligné celle-ci dans un rapport publié en juin. "Le marché s’est structuré grâce à son action, et le développement des entreprises ayant bénéficié d’un investissement de la part de la banque a été très dynamique, y compris pendant la pandémie", a-t-elle ajouté.
Un succès tel qu’il pourrait d’ailleurs conduire à un risque de substitution aux investisseurs privés, selon la Cour des comptes. Pour l’éviter, Bpifrance pourrait ainsi être amené à assurer une plus grande rotation de son portefeuille et mobiliser davantage ses moyens disponibles sans recourir à de nouvelles ressources budgétaires à l’avenir.
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