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Publicis / Arthur Sadoun
Publicis défie le ralentissement / Le groupe affiche les meilleurs indicateurs du secteur
L’époque où les annonceurs coupaient dans leurs budgets publicitaires lors des périodes d’incertitude économique est-elle révolue ? La réponse est non, mais le métier de publicitaire a changé, surtout de la façon dont Publicis le pratique depuis plusieurs années. Après un exercice 2022 de tous les records et un premier trimestre 2023 qui l’a vu doubler son homologue américain Omnicom en taille de revenus, le groupe dirigé par Arthur Sadoun résiste mieux que prévu.
L’entreprise créée en 1926 par Marcel Bleustein-Blanchet ne devrait certes pas connaître une troisième année consécutive de croissance organique à deux chiffres en 2023, mais la progression de 7,1% enregistrée au deuxième trimestre est strictement identique à celle du premier. Ce qui ne coulait pas de source alors que le consensus des analystes n’espérait pas mieux qu’une croissance de 4,7%. Le concurrent Omnicom a d'ailleurs annoncé plus tôt cette semaine que sa croissance organique avait ralenti à 3,4% au deuxième trimestre, après 5,2% au premier.
"Nous affichons les meilleurs indicateurs financiers du secteur au premier semestre", s’est félicité jeudi Arthur Sadoun. De fait, Publicis "est un groupe plus résistant aux cycles économique", a-t-il fait valoir en rappelant la transformation de modèle économique opérée à la suite de deux acquisitions majeures : celle de l’expert en marketing et communication numériques Sapient en 2014 puis du spécialiste américain du marketing ciblé Epsilon, en 2019. "En passant de partenaire dans la communication de nos clients à partenaire essentiel dans leur transformation, nous sommes véritablement devenus un groupe plus fort depuis 2019, avec un revenu net en hausse de 45% en publié et une marge opérationnelle en hausse de 68% sur la période", a-t-il également souligné. Ce taux de marge opérationnelle s’est maintenu au niveau historique de 17,3% au premier semestre.
Plus résistant ne veut pas dire immunisé totalement. Fort d’une première partie d’année plus solide qu’attendu, Publicis a révisé mercredi à la hausse ses prévisions pour la totalité de 2023. Le groupe table désormais sur une croissance organique d'environ 5% et sur un taux de marge opérationnelle proche de 18%, malgré la persistance d'incertitudes macroéconomiques. A comparer à des précédentes prévisions d’une croissance organique dans le haut d’une fourchette allant de 3% à 5% pour un taux de marge opérationnelle compris entre 17,5% et 18%.
Ce qui induit une croissance organique qui devrait s’établir autour de 3% sur la deuxième moitié de l’année. Mais "si le second semestre semble plus difficile, la bonne nouvelle est que le groupe est confiant sur sa capacité à préserver sa marge", note le cabinet Oddo BHF. Autre point positif, le flux de trésorerie disponible a progressé de 2% au premier semestre, à 725 millions d'euros, malgré l’application d’une nouvelle législation américaine sur la capitalisation des dépenses de R&D. En retraitant cet élément, le free cash-flow a augmenté de 17,9%, à 835 millions d’euros, soit plus de la moitié déjà de l’objectif annuel d’au moins 1,6 milliard d’euros.
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