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Malgré le sauvetage, la consommation de trésorerie de Casino peut inquiéter / Le business plan est peut-être optimiste

Grâce à l’accord de principe trouvé avec certains de ses principaux créanciers sur l’offre de reprise de l’homme d’affaires Daniel Kretinsky allié à Marc Ladreit de Lacharrière, le sauvetage de Casino semble désormais en bonne voie. La consommation de cash démesurée du groupe soulève tout de même des questions.
FRANCE - GEANT CASINO BRAND
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En théorie, Casino est sauvé. Le distributeur, dont la dette très lourde l’a conduit en procédure de conciliation, est parvenu dans le délai qu’il s’était fixé à un accord de restructuration de celle-ci avec ses principaux créanciers sur la seule offre de reprise encore en présence, celle de la société EP Global Commerce (EPGC) du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, associé à Fimalac, la société d'investissement de l'homme d'affaires français Marc Ladreit de Lacharrière, et au fonds Attestor.

L’accord va permettre l’ouverture d’une procédure de sauvegarde accélérée au mois d’octobre prochain et la réalisation effective de toutes les opérations de restructuration au cours du premier trimestre 2024. De 6,1 milliards d’euros, l’endettement doit être réduit grâce aux effets combinés d’une injection de 1,2 milliard d’euros d’argent frais sous la forme de fonds propres, et d'une conversion en fonds propres de 4,9 milliards d’euros de dette.

De quoi permettre a priori de répondre aux besoins de liquidité du groupe et lui donner un cadre de développement viable à long terme de son activité. Une bonne nouvelle pour ses employés, clients et fournisseurs.

De leur côté, les actionnaires connaissent déjà depuis quelque temps leur destinée, celle d’être massivement dilués, tandis que Rallye, la holding de Casino appartenant à Jean-Charles Naouri, va perdre le contrôle de sa filiale.

En baisse de 10% ce vendredi, à de nouveaux plus bas historiques autour de 2,8 euros, le cours de Bourse est de toute façon décorrélé de ce qui va lui arriver avec les augmentations de capital à venir et la création de plusieurs dizaines de milliards d’actions contre 108 millions actuellement en circulation.

 

Une stratégie à contre-temps

 

Pour autant, les derniers résultats semestriels publiés jeudi par le groupe donnent matière à inquiétude et n’incitent certainement pas à acheter l’action Casino. Sans surprise étant donné l’avertissement lancé il y a quinze jours, l’activité du groupe reste orientée à la baisse, le chiffre d’affaires reculant de 1,2% en comparable. La rentabilité chute en parallèle, avec un excédent brut d’exploitation (Ebitda) qui plonge de 32,8%, à 369 millions d’euros.

Mais surtout, le cash-flow libre (avant cessions d’actifs) continue à se dégrader à vitesse grand V. Il est négatif de 1,58 milliard d’euros sur le semestre, à comparer à -312 millions d’euros il y a un an. Et la dette nette du périmètre France grimpe encore à 5,5 milliards d’euros (contre 5,2 milliards d’euros), malgré 910 millions d’euros de cessions nettes sur la période.

En l’espèce, le groupe paye sa stratégie sur les prix à contre-temps. Tandis que ses concurrents baissaient les leurs, Casino maintenait des prix élevés pour rembourser sa dette, ce qui lui a fait perdre d’importantes parts de marché. Maintenant que le remboursement de la dette n’est plus d’actualité, le groupe peut baisser ses prix, mais ses clients risquent de mettre du temps à revenir, la règle dans le secteur de la distribution étant que cela peut prendre 18 mois. Et en attendant, il brûle du cash.

A ce rythme, il y a d'ailleurs de quoi se demander si les injections de capitaux prévues dans le plan de restructuration suffiront à maintenir l’entreprise à flot. Les prévisions inscrites dans le business plan du cabinet Accuracy de retour à un cash-flow libre à l’équilibre (hors cessions d’actifs) en 2024 peuvent en tout cas sembler optimistes.

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