WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / ipsen / oncologie / laboratoire pharmaceutique / David Loew

Entreprises / Actions
ipsen / oncologie / laboratoire pharmaceutique / David Loew

Ipsen se dirige vers une nouvelle ère / Le virage stratégique du laboratoire commence à porter ses fruits

Ipsen multiplie les annonces positives sur le front de la R & D tandis que ses perspectives financières s’améliorent. Les actions stratégiques entreprises pour pallier la tombée dans le domaine public du brevet de son médicament phare démontrent progressivement leur bien fondé.
David Loew, le directeur général d'Ipsen - Photo by ERIC PIERMONT / AFP
David Loew, le directeur général d'Ipsen - Photo by ERIC PIERMONT / AFP

Les bonnes nouvelles s’enchaînent pour le troisième laboratoire pharmaceutique français derrière Sanofi et Servier, bien qu’elles passent relativement inaperçues au beau milieu de l’été. Ipsen a annoncé lundi des résultats cliniques positifs dans le cadre d’une étude menée avec son partenaire américain Exelixis, évaluant son médicament anti-cancéreux Cabometyx associé à un autre produit dans le traitement du cancer de la prostate.

Des résultats encourageants qui laissent penser que ce traitement combiné pourrait constituer une nouvelle option thérapeutique face au deuxième cancer le plus fréquent chez l’homme. Le potentiel du produit, déjà bien établi en tant que traitement du cancer du rein, pourrait donc s’en trouver conforté, alors que Cabometyx est déjà le troisième médicament le plus important d’Ipsen avec des ventes de 266 millions d’euros au premier semestre, en forte croissance de 26,3 %.

L’occasion de rappeler qu’Ipsen a aussi reçu il y a quelques jours l’approbation de la Food and Drug Administration (FDA), l’autorité sanitaire américaine, pour son médicament Sohonos, dans le traitement d’une maladie osseuse extrêmement rare et invalidante, la fibrodysplasie ossifiante progressive (FOP). Une bonne surprise étant donné que l’Agence européenne des médicaments avait refusé en mai d’autoriser la mise sur le marché de Sohonos.

 

100 millions de dollars

 

D’après les analystes de JP Morgan, en supposant que le produit soit remboursé, Sohonos pourrait représenter des ventes annuelles de 100 millions de dollars rien qu’aux Etats-Unis, en ne traitant que la moitié des quelque 400 patients américains à un coût annuel de 500 000 dollars, avec un potentiel d’adoption rapide compte tenu de l’importance des besoins médicaux non satisfaits et de l’absence d’autres options thérapeutiques approuvée.

Parallèlement à ces développements positifs sur le front de la R & D, le laboratoire dirigé depuis 2020 par le Suisse David Loew, a relevé fin juillet ses objectifs financiers pour l’ensemble de l’année. Le groupe table désormais sur une croissance de ses ventes supérieure à 6 % (au lieu de supérieure à 4 %) à taux de change constants et sur une marge opérationnelle des activités supérieure à 30 % (au lieu "d’environ 30 %").

Pour Ipsen, le virage stratégique opéré l’an dernier avec la cession de ses activités de santé familiales afin de concentrer ses investissements sur l’oncologie (la cancérologie), les maladies rares, l’hématologie (les maladies du sang) et la neurologie, au moyen notamment d’acquisitions, commence donc à porter ses fruits. De même que le plan visant à contrer la baisse attendue des revenus de son médicament phare Somatuline, dont le brevet a expiré l’an dernier, et désormais concurrencé par les génériques.

 

Lancements multiples

 

La décélération des ventes de ce médicament utilisé dans le traitement de l’acromégalie, une affection caractérisée par la production par l’organisme d’une trop grande quantité d’hormone de croissance, est compensée par la forte croissance des autres produits clé du laboratoire : sa toxine botulique Dysport, très utilisée sur le marché esthétique, et les anti-cancéreux Decapeptyl, Cabometyx donc, et Onyvide. S’ajoute à cela la contribution déjà significative des produits sur lequel le groupe a mis la main avec les acquisitions récentes des biotechs américaines Albireo et Epizyme, spécialisées respectivement dans les maladies du foie et en oncologie.

De l’avis des analystes de Deutsche Bank, tout semble dire ainsi que "la société s’oriente vers une ère de lancements multiples [de produits] en se concentrant sur l’exécution commerciale", éloignant de ce fait les inquiétudes liées à la Somatuline. Une nouvelle dynamique que la décision attendue en février prochain de la FDA sur une indication supplémentaire de traitement d’Onyvide dans le cancer du pancréas pourrait d’ailleurs venir renforcer.

Entretemps, il conviendra cependant de prêter attention aux résultats cliniques que dévoilera en septembre le laboratoire américain concurrent CymaBay pour son traitement de la cirrhose biliaire primitive, qui pourraient confirmer une meilleure efficacité par rapport au propre produit développé par Ipsen dans cette maladie chronique du foie, et donc fragiliser son potentiel.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article