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REF 2023 / Medef
REF 2023 : un hiver 2024 sous le signe de la sérénité ? / Les contrats de long terme sont à privilégier pour le montant des factures
"Nous sommes encore sur une économie de guerre", a prévenu le président-directeur général d’EDF, Luc Rémont, invité à participer à une table ronde à l’occasion de la "Rencontre des Entrepreneurs de France" (REF) et interrogé sur les conditions dans lesquelles les entreprises françaises, encore impactées par la crise énergétique, doivent se préparer à affronter l’hiver prochain.
Des problèmes de corrosion derrière EDF
Cependant, le patron d’EDF a tenu à rassurer l’assistance composée de chefs d’entreprise, soulignant que son groupe abordait la saison automnale avec beaucoup plus de confiance que l’hiver précédent. "Après le problème industriel absolument majeur (corrosion des réacteurs, ndlr) auquel le groupe EDF a fait face à la toute fin de l’année 2021 et pendant l’année 2022 jusqu’à aujourd’hui, nous avons progressivement pris le contrôle grâce à une mobilisation sans précédent de l’ensemble des équipes et de la filière industrielle ", a-t-il indiqué.
Pour rappel, le groupe nouvellement nationalisé anticipait en mai dernier une disponibilité de son parc de 5 à 10 gigawatts (GW) au-dessus de celle de 2022 pour le début de l’hiver prochain, soit une projection de 35 GW en octobre et de 50 GW en début janvier 2024.
Des prix plus bas sur les contrats longs
Sur la question du prix, selon lui, l’idée serait plutôt de regarder à horizon 2027. "Les prix de 2023 sont déjà assez largement contractualisés. Mais l’effet de l’économie de guerre ne va pas totalement disparaître en 2024. La fixation du prix résidera donc dans une vision de long terme des marchés de l’électricité", a estimé Luc Rémont ajoutant, "si je regarde aujourd’hui, les prix que nous serions capables de faire sur le marché en 2027 et 2028, c’est prix-là sont tout à fait normaux. C’est pourquoi EDF dans les prochaines semaines va commencer à émettre des contrats de long terme (des contrats de gros) ouverts à tout le monde pour être capable de viser 2027, 2028 et j’espère bien voir ces contrats à deux chiffres ", a-t-il avancé.
Un conseil de contractualisation à long terme repris également par le président-directeur de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, lui aussi invité à s’exprimer à la REF 2023. "Si vous pouvez vous engager sur la voie du long terme vous avez une chance d’obtenir des prix moins cher", a-t-il défendu, rappelant toutefois que concernant le marché de l’énergie, le doute pouvait créer des tensions.
Le doute créé des tensions sur les prix
Le président de la compagnie a ainsi donné quelques exemples : "Le marché pétrolier est mondial, il suffit que l’Arabie saoudite dise au mois de juillet qu’elle allait couper un million de barils par jour pour que le baril prenne 10 dollars, et comme l’on investit moins depuis 10 ans, nous avons mis des pays en situation de contrôle du marché. Je ne vois donc pas le prix du pétrole baisser rapidement. Par ailleurs, s’agissant du marché du gaz, celui-ci est fragile. Là aussi, il a suffi d’une rumeur d’une grève dans deux usines en Australie dans le gaz naturel liquéfié (GNL) pour que le gaz européen monte de 30 % au mois d’août. Les entreprises vont devoir survivre jusqu’en 2026 car elles dépendent encore de ce marché mondial. Passé cette date, de nombreux projets GNL devraient voir le jour et les prix baisseront", a-t-il estimé.
Une réforme nationale du marché de l’électricité si besoin
De son côté, la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a tenu à rappeler que le plan de sobriété (par lequel les Français et les entreprises avaient été invités à consommer moins l’hiver dernier) n’était pas qu’un effet prix. " La consommation de gaz et d’électricité a baissé de 12 % en France entre le 1er août 2022 et le 31 juillet 2023, ce qui est énorme et va nous sécuriser pour l’hiver prochain ", a-t-elle précisé, ajoutant que "la réforme du marché européen de l’électricité, dont les discussions sont en cours, a pour vocation de donner des signaux de long terme ".
A ce sujet, la ministre s’est en outre montrée très claire, soucieuse de montrer le rôle de l’Etat auprès des entreprises : " si ce que nous voulons faire en Europe n’aboutit pas, nous le ferons au niveau national, nous protégerons nos entreprises contre la volatilité des prix parce que l’incapacité à prévoir dans quel contexte les entreprises font des investissements est le premier danger", a-t-elle annoncé.
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