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Evenements / Intelligence artificielle / REF 2023 / Bercy / Investissements / Souveraineté technologique

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Intelligence artificielle / REF 2023 / Bercy / Investissements / Souveraineté technologique

REF 2023 : la France a de quoi être en bonne position dans la course à l’IA / La souveraineté technologique s'obtiendra aussi grâce à la coopération des grandes entreprises

La Rencontre des Entrepreneurs de France 2023 aura été l’occasion de réunir les grands acteurs de l’intelligence artificielle tricolore. De quoi s’apercevoir que l’Hexagone a les moyens de tirer son épingle du jeu grâce à de nombreuses propositions de solutions innovantes. Mais celles-ci se développeront aussi grâce à une collaboration plus étroite entre entreprises de différentes tailles. Avec un enjeu d'importance à la clé : asseoir la souveraineté technologique de la France.
De gauche à droite : Luc Julia, Michel Lévy-Provencal, Arthur Mensch, Eléonore Crespo, Jean-Noël Barrot, Jérôme Stubler et Georges-Olivier Reymond (© REF 2023)
De gauche à droite : Luc Julia, Michel Lévy-Provencal, Arthur Mensch, Eléonore Crespo, Jean-Noël Barrot, Jérôme Stubler et Georges-Olivier Reymond (© REF 2023)

"L’intelligence artificielle n’existe pas. Les intelligences artificielles oui : c’est une boîte à outils avec divers étages", a entamé le concepteur du robot conversationnel Siri Luc Julia, sur la scène de la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF) 2023 ce lundi. Une scène remplie de différents acteurs de l’intelligence artificielle (IA), réunis pour discuter des enjeux et des possibilités qu’offre cette technologie pas si neuve, mais s’étant imposée dans le débat public depuis le lancement de ChatGPT en novembre dernier.

La table ronde était donc composée d’acteurs représentant tous les pans de l’IA. Des entrepreneurs à la pointe de cette technologie, comme Eléonore Crespo et Georges-Olivier Reymond, présidents-directeurs généraux (P.-D.G) respectifs de Pigment et Pasqal ainsi qu’Arthur Mensch, fondateur de Mistral AI et Michel Lévy-Provencal, prospectiviste et co-fondateur de Brightness.fr ; ou des dirigeants d’entreprises dont l’IA est au cœur de l’activité comme Jérôme Stubler, P.-D.G d’Equans, ou donc Luc Julia, concepteur de l’IA vocale d’Apple et actuel directeur scientifique de Renault. Et, enfin, Jean-Noël Barrot, le ministre délégué chargé de la transition numérique et des télécommunications, qui porte notamment le projet de loi visant à sécuriser et réguler l’espace numérique.

Autant d’intervenants fins connaisseurs du sujet qui se sont accordés sur un constat : l’IA est un enjeu de souveraineté et la France (avec l’Europe) peut tirer son épingle du jeu, grâce à un vivier de talents qui permet à l’Hexagone de proposer des solutions innovantes.

 

Pour son propre cas d'utilisation

 

En témoignent les entrepreneurs donc présents sur la scène. Aux côtés de Pasqal et Pigment, Mistral IA par exemple, dont le fondateur développe avec ses équipes un modèle d’IA générative ouverte : le principe de son innovation, soit le contrôle de l’entièreté du processus, permet à ses clients de s’emparer de la technologie et de l’appliquer à leurs cas d’utilisation.

Mais pour que ces technologies se déploient et permettent à la France d’asseoir sa souveraineté technologique qui, l’a rappelé le ministre Jean-Noël Barrot "précède la souveraineté normative", les grandes entreprises devront suivre la danse. Et jouer le jeu pour que les start-ups du secteur puissent se développer.

Georges-Olivier Reymond, co-fondateur de Pasqal avec le lauréat du prix Nobel de physique 2022 Alain Aspect, l’a en effet souligné : "C’est le moment de prendre le train en marche. En France, nous avons des idées, nous sommes les héritiers du siècle des Lumières. Mais quand je parle à mes clients, dont certains sont de grands acteurs du CAC 40, ils sont souvent frileux. Si l’on attend, peut-être que Pasqal n’existera plus dans deux ans. Alors leurs processeurs [pour rappel, Pasqal est un spécialiste des ordinateurs quantiques, des outils permettant de réaliser à grande vitesse des calculs de haute performance, ndlr] seront américains, ils ne seront pas servis en premier et leurs employés ne seront pas formés".

 

Un moteur de prospérité économique

 

A Michel Lévy-Provencal d’ajouter que "si les entreprises ne prennent pas l’ampleur de cette transformation, elles vont être en retard". Et sur la scène, les intervenants l’assurent. Les sociétés n’ont pas de quoi craindre l’IA. Il s’agit avant tout d’un outil qui permettra de générer de la productivité. L’Organisation internationale du travail l’observait, par ailleurs, dans une étude publiée la semaine passée : elle ne remplacera pas les emplois existants. "L’IA ne va pas détruire des jobs. Elle va même en créer parce qu’elle offre une prospérité économique essentielle. Elle va tuer des entreprises seulement si elles ne prennent pas ce virage", a de son côté commenté Eléonore Crespo.

Mais comment le prendre ? "La réalité est que si vous ne prenez pas fondamentalement le tournant de la donnée structurée, vous n’êtes plus dans la course. […] Il faut utiliser l’IA comme une brique technologique qui apporte une couche en plus", a prévenu celle qui développe avec sa start-up une solution de planification financière à destination des entreprises.

Et il faudra aussi accepter certains changements. Au sujet du cloud, par exemple, permettant d’héberger les solutions d’IA et qui est notamment concerné par le projet de loi porté par Bercy sur la régulation et la sécurisation de l’espace numérique français. Pour favoriser les acteurs nationaux et européens face à l’hégémonie des géants américains, il vise, entre autres, à supprimer les frais de transferts de données pouvant empêcher les entreprises de changer de fournisseur de cloud. "Cela peut aussi parfois confortable [de ne pas changer de fournisseur de cloud]", a admis Luc Julia. Les acteurs prédominants "nous ont tellement mis dans le système que l’on n’a pas toujours l’envie ou l’économie de le faire", a-t-il poursuivi.

 

Des investissements et de quoi faciliter les relations

 

Le gouvernement tente ainsi d’ouvrir la marche pour inciter les grands comptes à faire prospérer les plus petites entreprises qui innovent en la matière et à favoriser l’émergence de solutions françaises et européennes. Il y a donc le projet de loi sur l’espace numérique, mais aussi le programme "Je choisis la French Tech", piloté par la Mission French Tech et qui devrait permettre aux start-ups de doubler leurs commandes d’ici à 2027.

Il y a les investissements dans l’IA, également, qu’Emmanuel Macron a annoncé lors de l’édition 2023 de VivaTech. Au niveau européen, aussi, la réglementation s’ajuste avec par exemple l’IA Act, adopté par le Parlement européen au mois de juin et désormais en phase de négociation en trilogue entre le Parlement, la Commission et le Conseil de l’Union européenne. Les acteurs espèrent parvenir à un accord avant la fin de l'année pour que le texte puisse entrer en application en 2026.

Et à nouveau, le ministre Jean-Noël Barrot l’a répété : "La domination technologique est préalable à la domination normative. C’est notre objectif de court terme que de maîtriser cette technologie. Dans tous les cas, nous aurons besoin de la part des grands donneurs d’ordre qu’ils jouent le jeu. Parce que depuis dix années, nous avons réussi à créer un environnement financier qui est directement ou indirectement issu de nos laboratoires de recherche. Il y a notre avantage quasi mondial en matière de quantique, par exemple. Il faut pouvoir donner leur chance à ces solutions, c’est un formidable accélérateur".

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