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paris; nucléaire; décarbonaté; investissements

Macro-économie / Taux / hydrogène / France / europe / Souveraineté technologique / souveraineté économique

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L’hydrogène français veut accélérer sa montée en puissance / La souveraineté européenne et hexagonale en dépend

La filière française aura son mot à dire et se réjouit de la fin du dogmatisme européen sur l’utilisation du nucléaire pour produire de l’hydrogène décarboné. Les enjeux en termes de souveraineté économique et énergétique restent immenses ; la vitesse à laquelle la Chine et les États-Unis soutiennent leurs champions tranche avec la lenteur de l’appareil administratif européen.
Philippe Boucly, président de France Hydrogène. DR
Philippe Boucly, président de France Hydrogène. DR

"Le plus important est que l’année 2023 a été marquée par la reconnaissance de l’électricité nucléaire au même titre que l’électricité renouvelable pour produire de l’hydrogène décarboné". L’ouverture de la conférence annuelle de France Hydrogène a été l’occasion pour Philippe Boucly, président de France Hydrogène, de souligner l’impact majeur de cette décision pour l’ensemble de la filière française. Il s’est réjoui de constater "qu’on sort progressivement de la ’chaîne infernale’ au niveau européen, où quand on parle décarbonation c’est 'renouvelable et énergie renouvelable'. J’ai le sentiment qu’on en sort avec les coups de boutoirs de madame Pannier-Runacher (ministre de la Transition énergétique ndlr)."

Ce qui est précieux quand on sait qu’une production d’hydrogène bas carbone s’appuyant sur le nucléaire peut bénéficier de l’ensemble du parc français en la matière. De quoi permettre pour le dirigeant de répondre au dilemme posé par le trilemme énergétique : celui d’arriver à concilier la souveraineté, la compétitivité et enfin la durabilité. L’enjeu étant de combiner réindustrialisation et décarbonation.

 

La bonne direction

 

Une bonne nouvelle certes mais qui est loin de résoudre tous les problèmes hexagonaux et surtout européens en la matière. Rien que sur la question du nucléaire, le président de France Hydrogène est loin d’estimer que la bataille pour la spécificité française est achevée ; il en veut pour preuve "que la Banque de l’Hydrogène pour l’instant c‘est de l’hydrogène renouvelable, donc ce n’est pas encore [l'ensemble] du bas carbone ".

Néanmoins, l’Europe commence à se mettre en ordre de bataille, comme la semaine passée lorsque la Commission européenne a annoncé débloquer une nouvelle enveloppe bénéficiant aux réseaux électriques européens. L’hydrogène est désormais reconnu comme une industrie stratégique et bénéficie des financements dédiés. Sur les projets dévoilés relatifs aux composants et équipements clés, ce sont 10 projets français qui ont été retenus (sur un total de 41). Paris n’est pas en reste ayant déjà déclaré consacrer 4 milliards d’euros, sur les 9,2 annoncés pour la filière d’ici la fin de la décennie, afin de déployer un gigawatt d’électrolyse (une des façons de produire de l’hydrogène) d’ici à 2026.

 

Presser le pas

 

Des bonnes nouvelles donc mais en trop faible nombre et trop tardivement, Philippe Boucly rappelant que l’Europe est face à un contexte " où les géants états-uniens et chinois mettent tout en œuvre pour soutenir leurs champions ". À ses yeux, il est bel et bien question de parler d’une "trop lente structuration du cadre réglementaire et législatif en France et en Europe " qui va de pair avec " trop peu de décisions finales d’investissements ".

Un autre écueil de taille qui se dresse sur la route du Vieux continent est "qu’il n’y a pas de soutien à la demande et notamment sur la mobilité ". Philippe Boucly se fait l'écho des récents propos de Carlos Tavares, directeur général de Stellantis, et argue que "c’est bien beau d’avoir financé, subventionné le développement de gigafactories" mais qu'"il faut faire quelque chose au niveau de la demande, faire en sorte que les véhicules électriques trouvent également preneurs".

 

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