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Le redressement de Casino prendra plus de temps que prévu / Le business plan devient plus crédible

La trajectoire de redressement de Casino s’avère moins ambitieuse que prévu. La politique de baisse des prix dans les magasins du groupe étant loin d’être compensée par un retour des volumes à ce stade, le free cash-flow de l’année 2023 devrait s’enfoncer dans le rouge à plus de 1,5 milliard d’euros, et son retour à l’équilibre n’est pas envisagé avant 2026.
Casino prévoit de retrouver son niveau d'Ebitda 2022 entre 2026 et 2027 - Hans Lucas via AFP
Casino prévoit de retrouver son niveau d'Ebitda 2022 entre 2026 et 2027 - Hans Lucas via AFP

Le business plan sur lequel a été conclue la vente de Casino est déjà caduque. Moins de deux mois après l’accord trouvé avec certains créanciers sur l’offre de reprise du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, associé à l’homme d’affaires français Marc Ladreit de Lacharrière, et au fonds britannique Attestor, les projections qu’avait faites le cabinet Accuracy ont été actualisées, à la baisse. Sans que cela soit une grande surprise tant elles semblaient optimistes, notamment après le profit warning de juillet. En particulier concernant les hypothèses de redressement du cash-flow.

La perspective de retour à un flux de trésorerie disponible à l’équilibre en 2024 hors cessions d’actifs n’est donc plus d’actualité. Selon la mise à jour communiquée cette semaine par le distributeur, cet équilibre devrait finalement pouvoir être atteint entre 2026 et 2028. Car l’on part de plus loin que prévu. Pour l’année 2023 en cours, hors cessions d’actifs toujours, le déficit de free cash-flow (FCF) devrait finalement culminer à un record de 1,5 milliard d’euros, dont plus de 1,6 milliard d’euros au premier semestre avec un léger flux positif de 108 millions d’euros au second. Et ce à comparer au FCF négatif, déjà considérable, de près de 1,3 milliard d’euros précédemment estimé sur l’année dans le business plan initial.

Ensuite, selon la nouvelle trajectoire dévoilée, le FCF devrait rester négatif à hauteur de 461 millions d’euros en 2024, puis de 85 millions d’euros en 2025. Il serait positif en 2028, mais de seulement 175 millions d’euros.

 

"Entre 2026 et 2027"

 

De même, le redressement de la rentabilité va prendre plus de temps que prévu. Dans les projections établies en juin, il était question d’un excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 439 millions d’euros cette année, puis de 656 millions d’euros en 2024, de 803 millions d’euros en 2025 et d’un peu plus d’un milliard d’euros en 2028. Ce sera nettement moins. L’Ebitda (après loyers) est désormais envisagé à 214 millions d’euros cette année, 401 millions d’euros en 2024, 583 millions d’euros en 2025 et 830 millions d’euros en 2028. "Le groupe en France retrouverait un niveau d’Ebitda comparable à 2022 entre 2026 et 2027", prévoit Casino.

De fait, ces ajustements d’une assez grande ampleur prennent mieux en considération le temps nécessaire pour que la nouvelle politique tarifaire de l’entreprise produise ses effets. Il est généralement admis dans le secteur de la distribution que cela prend 18 mois. Soit le temps qu’il faut pour espérer reconquérir une partie des parts de marché provoquées par la politique de prix élevés précédemment appliquée, qui devait permettre au groupe de rembourser sa dette (6,4 milliards d’euros à fin 2022), avec le résultat que l’on sait.

Au vu de ces réajustements, il est possible de se demander si l’offre de reprise du Tchèque Daniel Kretinsky et de ses alliés est toujours bien dimensionnée. Outre une réduction de près de 5 milliards d’euros de la dette du groupe, celle-ci prévoit l’apport de 1,2 milliard d’euros d’argent frais.

 

Prolongation de la période de conciliation

 

En attendant, le distributeur a obtenu cette semaine du tribunal de commerce de Paris la prolongation jusqu’au 25 octobre de la période de conciliation portant sur la restructuration de sa dette. Il a aussi fait part d’un nouvel accord de principe avec des créanciers qui n’étaient pas concernés par celui annoncé fin juillet. Ces créanciers représentent la majorité des porteurs d’obligations de Quatrim, entité détenant les biens immobiliers du groupe. Selon le nouvel accord, 100 % des recettes des cessions d’actifs détenus par Quatrim et ses filiales, ainsi qu’une partie des recettes des cessions de son ex-filiale dédiée à la production d’énergie renouvelable GreenYellow et d’autres actifs du groupe seront allouées au remboursement de ces créanciers.

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