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Morgan Stanley
La banque d’investissement de Morgan Stanley continue de souffrir / L’espoir se situe du côté de la Fed
Morgan Stanley enregistrait mercredi une séance difficile à Wall Street, chutant de plus de 7% à mi-séance, ce qui pourrait constituer la plus forte baisse du cours de Bourse de la banque américaine depuis le 11 juin 2020 si les choses en restaient là. La conséquence de l’annonce d’un troisième ralentissement consécutif des résultats trimestriels de l’établissement, sous l’effet du fort recul de son activité de banque d’investissement, son cœur de métier historique.
Le bénéfice net de la firme dirigée (mais plus pour très longtemps) par James Gorman, a diminué de 9% au troisième trimestre, à 2,26 milliards de dollars, tandis que le produit net bancaire se stabilisait, progressant de 2% par rapport au troisième trimestre 2022, à 13,3 milliards de dollars. Les revenus du métier de banque d’investissement ont fondu de 27%, passant de près de 1,3 milliard de dollars à moins de 640 millions de dollars, sous l’effet notamment d’une chute de 35% des commissions de conseil, à 449 millions de dollars. Ce recul de 27% s’avère de loin le plus important observé parmi ses concurrents de Wall Street. Par comparaison, les revenus de banque d’investissement de JPMorgan n’ont que légèrement diminué, ceux de Goldman Sach sont demeurés à peu près stable, tandis que Citigroup et Bank of America ont vu les leurs progresser.
Amortisseur
Et pendant ce temps, l’activité de gestion de patrimoine, qui sert souvent à contrebalancer la volatilité du métier phare, a joué son rôle d’amortisseur en progressant de 5 %, à 6,4 milliards de dollars, représentant près de la moitié des revenus totaux de Morgan Stanley au troisième trimestre. Tandis que les revenus du trading d'actions et d'obligations ont reculé de 4%. "Nos activités de trading sur actions et de titres à revenu fixe se sont bien comportées sur les marchés, et la gestion de patrimoine et d'investissement a généré des revenus et des bénéfices plus élevés d'une année sur l'autre", a sobrement résumé James Gorman.
Mais la banque et son directeur général ont surtout les yeux tournés vers l'année prochaine, guettant impatiemment les signes avant-coureurs d'un rebond de l’activité de banque d’investissement qui pourrait s’avérer violent. " Sitôt que la Fed indiquera qu’elle arrête de relever ses taux, le calendrier des fusions et acquisitions va exploser car il y a une énorme activité refoulée", a prédit mercredi James Gorman, observant d’ores et déjà une amélioration du pipeline. Une embellie que le dirigeant observera sans doute d'un peu plus loin, celui-ci ayant indiqué que la banque était sur le point d’annoncer le nom de son successeur.
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