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Professions financières / Direction financière / Intelligence artificielle / eight advisory

Professions financières
Direction financière / Intelligence artificielle / eight advisory

Les directions financières sont motivées par la simplification / Elles restent néanmoins encore réticentes au changement

L'intelligence artificielle prend ses quartiers dans les directions financières, en apportant son lot de promesses quant à un objectif érigé en priorité pour nombre des membres des fonctions financières interrogés par la dernière étude du cabinet Eight Advisory : celui de la simplification. L'adoption de nouvelles technologies et le changement qui s'ensuivra reste pourtant un point de tension.
Bureau - Photo by Stephane Mouchmouche / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Bureau - Photo by Stephane Mouchmouche / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Si l’intelligence artificielle (IA) aura des impacts différents en fonction des corps de métier, la fonction finance pourrait voir sa manière de fonctionner profondément changée par cette nouvelle technologie. Entre outils de Machine Learning et nouveaux modèles de langage, les processus de décisions financières côtoient désormais l’IA. Un phénomène promis à s’amplifier avec son développement.

En analysant des données complexes, en générant des rapports automatiques, en scrutant les données transactionnelles, en identifiant des tendances ou des points d’inflexion, en détectant des fraudes, la technologie a bel et bien fait sa place au sein des directions financières, avec un objectif en ligne de mire : la simplification, rapporte la dernière étude du cabinet Eight Advisory menée au sujet de l’innovation dans la fonction finance et parue au mois de novembre.

 

Les points de préoccupation diffèrent

 

C’est en tout cas un constat sur lequel le panel de 38 participants, issus d’un panel diversifié - allant du CAC 40 avec entre autres Orange, Sanofi ou Pernod Ricard jusqu’à des plus petites entreprises - s’est accordé : les trois quarts des membres de directions financières interrogés ont exprimé des besoins de simplification importants.

Les points sur lesquels ces dits besoins se portent illustrent en revanche une certaine hétérogénéité. Production de reporting, planification budgétaire, processus transactionnels… si les avis divergent, les spécialistes de la fonction financière interrogés s’accordent néanmoins sur un point. La simplification passera par l’élimination des processus obsolètes, par la standardisation et l’automatisation de certaines tâches et devra nécessairement être soutenue par la formation des équipes.

 

Moins facile à faire

 

Autant de sujets qui passeront nécessairement par l’adoption de technologies innovantes. Le constat semble simple, le chemin pour y accéder le sera peut-être moins. Car tandis que 75 % des fonctions financières interrogées par l’étude érigent la simplification comme objectif primordial, la même proportion ne semble pas vraiment encline à adopter ce qu’il leur permettra d’accélérer dans cette direction. "Phénomène étudié et appréhendé depuis de nombreuses années, la résistance au changement demeure pour autant au centre des préoccupations des managers lorsqu’il s’agit de conduire des transformations. Pour preuve, c’est le premier frein identifié par notre étude, présent dans l’esprit de trois répondants sur quatre", observe Thibaud Chene, directeur stratégie et opérations chez Eight Advisory.

Du point de vue du cabinet, de nombreux facteurs expliquent cette crainte. Peur de l’inconnu, perte de contrôle ou impact personnel pourraient par exemple constituer les premiers des obstacles à surmonter. De quoi mettre en évidence l’importance de la gestion du changement et de l’engagement des équipes dans ces processus de transformation. Reste la question des coûts, logiquement présente à l’esprit de ceux qui pilotent les finances d’une entreprise. À 54 %, les coûts de transformation représentent le deuxième obstacle majeur à l’adoption du changement. "Il met également en évidence les risques inhérents liés à la dette technologique qui peuvent avoir des conséquences négatives à long terme pour les entreprises, notamment dans la course à l’IA", remarque le cabinet.

 

S’aligner sur une vision claire

 

Et le niveau de satisfaction post-implémentation de différents projets réalisés en interne, aperçu judicieux de l’efficacité des initiatives de transformation, ne fait pas encore l'unanimité. Après avoir demandé aux directions financières d’auto-évaluer ce critère, la note n’est ressortie que légèrement supérieure à la moyenne. Soit une acceptation modérée des projets de transformation financière. "Un programme de transformation doit être aligné avec une vision claire du futur, via des objectifs et des attentes préalablement définis", remarque l’étude d’Eight Advisory.

Il faudra donc peut-être travailler quant à l’acceptabilité du chamboulement que promet d’être l’IA sur le fonctionnement des directions financières. Mais elle ne résoudra pas tout, avertit l’étude. "Une mauvaise gestion des données pourrait entraver les efforts de transformation, creusant un fossé technologique entre ceux qui surfent sur cette nouvelle vague et ceux qui luttent pour gérer leur dette technologique. L’IA transcende aujourd’hui son rôle de simple outil pour s’établir en tant que collaborateur stratégique essentiel au sein de la fonction financière", pointe le directeur CFO Advisory du cabinet, Florian Jouvenot.

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