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Régulation / Concurrence
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Les stablecoins n’ont pas dit leur dernier mot / Se concentrer uniquement sur leur régulation est dangereux
" Une chose est sûre : il n’existe pas encore de stablecoin qui ne rompe jamais son ancrage". La Banque des règlements internationaux se montre encore dubitative de la capacité des stablecoins actuels (pour rappel ces cryptoactifs sont adossés à une valeur refuge tel que le dollar ou l’or) à être à la hauteur de leurs ambitions. La récente publication de l’institution à ce sujet estime d’ailleurs "qu’à l’approche du dixième anniversaire de l’introduction des stablecoins, de nombreuses questions restent sans réponse".
Un horizon incertain dans lequel l’échec des stablecoins n’est nécessairement voué à durer, ce qui est argué par la publication lorsqu’elle avance que "bien qu’ils ne soient pas vraiment stables, les stablecoins existent toujours et de nouveaux sont encore émis". Le récent lancement d’un stablecoin libellé en dollars par PayPal, reçoit ainsi davantage de considération de la part de la BRI que d’autres projets. Certes il ne " représentait qu’une infime partie (moins de 0,1 %) du marché total des stablecoins ", à date de fin septembre 2023, cependant l’institution parle "la reconnaissance de sa marque en tant que fournisseur de services de paiement, de sa vaste clientèle et de son expérience en matière de réglementation internationale" pour accorder un plus grand potentiel à ce projet comparé à ceux déjà existants.
Confiance
Une partie de l’échec des multiples projets existants à sortir du lot tient, selon la BRI, au fait que "rien ne garantit que les émetteurs de stablecoins disposent des actifs nécessaires pour pouvoir rembourser à tout moment". C’est ce manque de transparence sur les réserves effectivement disponible, qui contribue en partie à éroder le crédit des stablecoins à maintenir la parité avec l’actif auquel ils sont adossés. Un problème de confiance attribué à des transactions de la blockchain qui "sont, en théorie, transparentes, il est difficile d’obtenir des informations sur l’utilisation réelle".
Il est donc d’autant plus nécessaire d’y remédier, que non "seulement cela entrave la capacité des autorités à prendre des décisions en connaissance de cause et à élaborer des politiques fondées sur des preuves, mais il leur est également difficile d’intervenir, si nécessaire, en cas de ruée ou d’autres événements de perte de confiance susceptibles de nuire aux consommateurs". Les risques réels des stablecoins sont ainsi jugés comme pouvant " être sous-estimés" suite à ce manque de données, ce qui donne du sens à la mise en place d’une "réglementation et une surveillance appropriées ", et ce " non seulement pour servir de base juridique à la collecte de données plus détaillées, mais aussi pour éviter que les stablecoins ne compromettent la sécurité et l’efficacité des paiements et du système financier en général ".
Tomber dans le piège
Les immenses progrès à accomplir par les stablecoins ne doivent pas engendrer uniquement une réponse réglementaire pour autant, étant donné que "d’autres lacunes concernent des aspects liés à la concurrence, à la protection des consommateurs, à la confidentialité des données et à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme". Les efforts juridiques ne seront également peut-être pas homogènes sur la question, la publication rappelant que "toutes les juridictions ne chercheront pas à réglementer les stablecoins".
Les auteurs de la BRI jugent que mener des "efforts complémentaires du secteur privé ou public, tels que l’amélioration des infrastructures de paiement existantes et l’exploration ou le développement de la monnaie numérique de la banque centrale (CBDC), peuvent contribuer à offrir les avantages légitimes en matière de paiements et de services financiers que le public recherche " à travers les stablecoins.
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