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Distribution de dividendes / Rachat d'action / économie / Capitaux / Investissements / Circulation des capitaux
Pourquoi la distribution de dividendes est saine pour l’économie / Retour aux actionnaires, investissements et emplois ne sont pas antinomiques
Voilà qui ne manquera pas de relancer le débat au Parlement sur les dividendes et les rachats d’actions. La distribution de dividendes a atteint un nouveau record en France l’année dernière. Les entreprises du CAC 40 ont en effet versé à leurs actionnaires un montant de 97,1 milliards d’euros, dont 67,1 milliards d’euros de dividendes en numéraire et 30,1 milliards sous forme de rachats d’actions (soit 1,3 % de leur capitalisation boursière moyenne), selon la dernière "Lettre Vernimmen".
TotalEnergies, entreprise la plus généreuse
Un record qui vient largement dépasser celui enregistré en 2022 (80,1 milliards d’euros dont 56,7 milliards d’euros sous forme de dividendes). "Ces chiffres ne sont qu’à l’unisson d’autres tout aussi excellents enregistrés en 2023, malgré un contexte économique et géostratégique compliqué : le taux de chômage atteint en France son point le plus depuis 1984 et 2008 à 7,3 % ; les créations d’entreprises sont, sur les 11 premiers mois de 2023, à 0,4 % au-dessus de leur record historique de 2022 ; l’indice CAC 40, dividendes réinvestis, est fin décembre 2023, à son plus haut niveau historique", note les deux auteurs, Pascal Quiry et Yann le Fur.
Parmi les entreprises les plus généreuses, l’on retrouve TotalEnergies, comme l’année dernière, avec 18,4 milliards d’euros, (dont la moitié sous forme de rachats d’actions) suivie de BNP Paribas (9,7 milliards d’euros, dont 5 milliards d’euros de rachats d’actions grâce à la vente de Bank of the West pour 16,3 milliards de dollars) et de LVMH (7,1 milliards d’euros). Ces trois groupes représentent à eux seuls 37 % des sommes distribuées au total sur le millésime 2023, contre 31 % l’an passé. "En ajoutant trois autres groupes, Stellantis, Axa et Sanofi, la barre des 50 % des fonds redistribués est franchie", peut-on lire.
A noter qu’Unibail-Rodamco-Westfield est la seule entreprise à ne pas en avoir versé de retour aux actionnaires en 2023, "en raison d’un endettement trop lourd, illustrant ainsi que le niveau de dividende dépend non seulement des résultats de l’année écoulée mais aussi de la situation d’endettement de l’entreprise", explique la Lettre Vernimmen. Egalement, 16 groupes ont procédé à des rachats d’actions de l’ordre de 400 millions d’euros à 5 milliards d’euros, soit autant que l’an passé. Parmi les nouveaux adeptes significatifs, les auteurs notent BNP Paribas, Axa, Airbus, et Publicis.
Près de 95 milliards d’euros d’investissements dans le même temps
Si ces montants peuvent faire grincer des dents chez une partie de la classe politique, pour les auteurs "la quasi-totalité de ces redistributions sont le fait d’entreprises à maturité, ce qui est logique puisque celles-ci génèrent par leurs résultats de nouveaux capitaux propres importants, que leur faible croissance rend inutiles. Il est plus sain de les reverser à leurs actionnaires, plutôt que de les gaspiller en surinvestissements ou en placement oisifs de trésorerie, et de priver ainsi de capitaux propres d’autres groupes qui en auraient besoin pour se développer, et vers qui les dividendes et rachats d’actions de ces mastodontes seront réinvestis", soulignent Pascal Quiry et Yann Le Fur qui font remarquer également le montant record d’investissements à 94,2 milliards d’euros, soit 20 % de plus qu’en 2022 mais aussi 21 % de plus qu’en 2019 et même 44 % pour les trois plus gros redistributeurs du CAC 40. "Investissements et dividendes sont loin d’être antinomiques pour les champions de la rentabilité. (De même), l’emploi des groupes du CAC 40 est en hausse de 0,3 % par rapport à 2021, à 5,036 millions de salariés. Croissance des dividendes et croissance des effectifs ne sont donc pas antinomiques (non plus) comme on l’entend parfois dans des jugements à l’emporte-pièce ", estiment-ils.
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