Entreprises / Actions / Goldman Sachs
Entreprises / Actions
Goldman Sachs
Goldman Sachs voit le bout du tunnel / La firme tire les premiers fruits de son virage stratégique
Toutes les mauvaises séries ont une fin. Après avoir aligné huit trimestres consécutifs de recul de ses bénéfices d’une année sur l’autre, Goldman Sachs a enfin sorti la tête de l’eau en cette fin 2023. En forte hausse de 58 % par rapport à la même période de 2022, le bénéfice net de 1,87 milliard de dollars, soit 5,48 dollars par action, enregistré par la banque sur les trois derniers mois de l’année dernière a fortement dépassé les attentes du consensus des analystes, qui visait 3,62 dollars par action. De même pour le produit net bancaire, qui a progressé à 11,32 milliards de dollars au quatrième trimestre, contre 10,59 milliards de dollars un an plus tôt et un montant de 10,48 milliards de dollars anticipé par les analystes.
Cela n’a certes pas empêché l’établissement dirigé par David Solomon d’afficher ses plus mauvais résultats annuels depuis 2019, son bénéfice net ayant reculé de 24 % l’an dernier, à 8,52 milliards de dollars. Seul Citigroup a fait moins bien, tandis que JPMorgan Chase, la première banque américaine, a vu le sien bondir de 32 % à un niveau record de 50 milliards de dollars.
La raison en est le douloureux revirement stratégique opéré l’an dernier par Goldman Sachs, qui a décidé d’abandonner ses rêves de grandeur dans la banque de détail et ses développements dans les prêts aux particuliers, avec pour conséquence d’importants frais de restructuration. La banque a d’ailleurs confirmé mardi qu’elle allait se défaire de ses cartes de crédit General Motors qui ont généré une perte de 65 millions de dollars avant impôts en 2023. Dans le même ordre d’idée, elle cherche à sortir du partenariat de cartes de crédit qui la lie à Apple, imaginé par Lloyd Blankfein, le prédécesseur de David Solomon.
Si le retrait de la banque de détail et de l’activité de prêts aux particuliers pèse lourd sur les comptes annuels, la dynamique de la fin d’année montre aussi qu’il s’avère déjà salutaire. Et l’embellie observée au quatrième trimestre a ceci de particulier qu’elle ne s’appuie pas sur les points forts traditionnels de Goldman Sachs, à savoir la banque d’investissement et le trading. Les revenus du pôle Global Banking & Markets, qui abrite le conseil en fusions-acquisitions, les émissions de titres et le trading d’actions et d’obligations, ont diminué de 3 %, à 6,35 milliards de dollars. Goldman Sachs a d’ailleurs fait moins bien que ses pairs du secteur des banques d’investissement dans ce domaine sur le trimestre écoulé.
Grand point positif en revanche, la décision prise de mettre l’accent sur la gestion d’actifs et la gestion de fortune produit des effets déjà nettement mesurables. Pour preuve la hausse de 23 % des revenus de la branche de gestion d’actifs et de gestion de patrimoine à 4,39 milliards de dollars au quatrième trimestre 2023. Une volonté de développer la gestion pour compte de tiers qui ressemble en tout point au virage stratégique opéré de longue date et avec succès par le rival Morgan Stanley. En ce sens, 2023 fut "une année d’exécution pour Goldman Sachs", a déclaré David Solomon aux analystes. Reste à la firme à transformer un trimestre solide en succès durable.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

