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Casino démantelé et recentré à marche forcée / Les cessions sont quasiment achevées

Les cessions de magasins avancent à bon rythme pour Casino, avant même sa reprise par le consortium emmené par Daniel Kretinsky. Le tribunal de commerce de Paris doit avaliser le plan de sauvetage le 5 février prochain.
FRANCE - ILLUSTRATION - CASINO - Hans Lucas via AFP
FRANCE - ILLUSTRATION - CASINO - Hans Lucas via AFP

Le chantier du démantèlement express de Casino est déjà presque terminé. Le distributeur vient de céder sa participation de 34 % dans le groupe colombien Exito, vingt quatre ans après être entré à son capital. Et ce alors que le groupe doit aussi prochainement perdre le contrôle de sa filiale brésilienne Grupo Pao de Acucar (GPA), si celle-ci mène à bien une augmentation de capital dont elle a dévoilé le projet en décembre. De façon inattendue, faute de quorum, l’assemblée générale de GPA prévue le 11 janvier n’a pu statuer sur ce point mais ce n’est que partie remise. A la fin, Casino aura de toute façon totalement cédé l’ensemble de ses enseignes en Amérique latine, qui représentaient encore il y a peu la moitié de ses ventes (en 2022) et les trois quarts de ses effectifs.

En parallèle, en France, à la suite de négociations entamées fin 2023, Casino vient de conclure la vente à Auchan et Intermarché de la quasi-totalité du périmètre de ses hypermarchés et supermarchés, soit 288 magasins au total, dont 98 seront repris par Auchan, et 190 par Intermarché, ce dernier ayant déjà prévu d’en céder une trentaine à Carrefour, notamment dans les zones où les acquisitions pourraient poser des problèmes de concurrence.

 

Rapetissement avant la relance

 

Avec ces ventes, le but est de recentrer le groupe de distribution stéphanois sur ses activités viables économiquement, c’est-à-dire ses enseignes Franprix, Monoprix et les petites surfaces, soit ses formats de proximité, le plus souvent en franchise, moins exigeants en termes d’investissement et plus adaptés à la situation financière de l’entreprise. Et de fait, la taille du futur Casino sera infiniment plus petite. "Le panier moyen étant plus élevé dans les hyper et supermarchés, ces cessions de magasins vont se traduire par une perte de marché assez importante alors que le groupe était déjà seulement le septième acteur", explique à WanSquare, Christine Kam, analyste chez Octo Finances. Mais "c’est à très court terme, car la stratégie du consortium mené par Daniel Kretinsky est d’ouvrir de nouveaux magasins, ce qui permettra de regagner en part de marché", ajoute-t-elle.

Valorisée entre 1,3 et 1,35 milliard d’euros, la transaction apportera des moyens supplémentaires à Philippe Palazzi, le futur directeur général de Casino, pour relancer les formats restants. Sachant que ces cessions n’interviendront pas avant le deuxième trimestre 2024, soit après la reprise prévue par le consortium emmené par l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, et donc une fois achevée la restructuration financière du groupe que les procédures de sauvegarde accélérée qui sont en cours doivent permettre de mener à bien.

 

Audience le 5 février

 

Une importante étape a été franchie en ce sens le 12 janvier. Puisque selon les résultats du vote de toutes les classes de parties affectées transmis par les administrateurs judiciaires, Aurélia Perdereau, Hélène Bourbouloux et Frédéric Abitbol, les créanciers et les actionnaires du groupe de distribution Casino ont approuvé massivement le plan de sauvetage visant à apurer 70 % d’une dette estimée à près de 8 milliards d’euros à fin 2023. Reste au Tribunal de commerce de Paris à avaliser le plan le 5 février.

Par ailleurs, la reprise par le consortium doit encore recevoir l’approbation de diverses autorités de la concurrence, après les feux verts déjà reçus de la Commission européenne, de l’Autorité française des marchés financiers (AMF), ainsi que du ministère de l’Economie "au titre du contrôle des investissements étrangers".

Les diverses augmentations de capital prévues dans le cadre de la restructuration financière pourront ainsi avoir lieu en mars, avec la tenue dans la foulée d’une assemblée générale des nouveaux actionnaires afin de nommer un nouveau conseil d’administration. Etant entendu que les actionnaires actuels auront été massivement dilués pour ne plus détenir que 0,3 % environ du capital, le consortium de repreneurs en prenant le contrôle avec 53,7 %, les créanciers récupérant le solde, soit 46 %.

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