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Macro-économie / Taux / Attractivité de la France / France / Bpifrance

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Attractivité de la France / France / Bpifrance

Le combat pour l’attractivité française bat son plein / Paris ne doit pas oublier d’entretenir ses points forts

Le onzième Indice d’attractivité du territoire, publié par les conseillers du commerce extérieur de la France ce matin, fait état d’un repli aux niveaux de l’édition de 2017. Les faiblesses structurelles hexagonales sont encore loin d’être résorbées et une dégradation des atouts de la France est mise en avant.  
Tour Eiffel. Anna Margueritat / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Tour Eiffel. Anna Margueritat / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

" Quand on est premier, on a du mal à être mieux classé". Gilles Bonnenfant, président de la commission "Promotion de l’attractivité du territoire" des Conseillers du Commerce extérieur de la France, confie à WanSquare que la deuxième baisse successive de l’indice d’attractivité du territoire est certes préoccupante mais ne vient pas " menacer frontalement la capacité de la France à attirer de nouveaux investissements étrangers". La publication parle plutôt "d’une mise en garde concernant son attractivité touristique et sa capacité à attirer des cadres séduits par le mode de vie ‘à la française’ ".

Cette année pourrait s’avérer particulièrement propice pour redorer son image de marque ; Les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 sont jugés comme pouvant "constituer une opportunité d’amélioration de celle-ci et, plus globalement, de rayonnement". Redresser la barre sur ce point fort hexagonal étant crucial pour "redonner confiance aux investisseurs sur l’environnement de leurs activités". Un défi qui s’ajoute aux réformes structurantes à poursuivre.

Un point sur lequel il s’avère que les "critères de la charge administrative et réglementaire, de la fiscalité et du coût de la main-d’œuvre se sont stabilisés, voire ont augmenté depuis 2017". Un laps de temps durant lequel la question de la fiscalité a gagné 11 points (sur un indice 100) et celle de la flexibilité au travail et du climat social a progressé de 9 points. Gilles Bonnenfant soulignant que les quelque 1 600 répondants du réseau des conseillers du commerce extérieur plébiscitent "les réformes sur les fondamentaux, dont les résultats sont là".

Pour autant, les efforts produits doivent être poursuivis selon le président de la commission "Promotion de l’attractivité du territoire". Il demeure "une charge administrative non neutre, laquelle freine la réindustrialisation de la France". Les répondants sont quasiment unanimes sur la question et "la simplification des démarches d’implantation des entreprises, en particulier industrielles, est évaluée comme positive à 88 % ". Tout comme les mesures du plan France 2030 en matière de soutien à l’innovation l’est à 77 %, ce qui n’empêche pas 89 % répondants d’estimer qu’il faut mieux communiquer sur les actions menées à ce sujet.

 

Un modèle envié

 

Les points faibles hexagonaux sont également loin d’avoir disparu en ce qui concerne le coût de la main-d’œuvre, la flexibilité du travail ou encore le climat social. Pourtant les déplacements de Gilles Bonnenfant l’amènent à constater que l’Hexagone fait de plus ou plus d’envieux à l’étranger. Il indique ainsi à WanSquare qu’il "a vu que les Anglais étaient très attentifs à ce que nous faisions et n’hésit[a]nt pas à nous copier". Les choix de la France en matière énergétique sont ainsi regardés avec envie, la question du coût y "est devenue un des critères clés tant en termes de visibilité que de tarification". Les investisseurs étrangers "approuvent le mix énergétique français, là où les choix allemands contribuent à plomber l’attractivité de Berlin".

Le fossé avec nos voisins d’Outre-Rhin se réduit à grande vitesse car s’ils restent "légèrement plus attractifs pour les investisseurs, l’écart avec la France se réduit fortement depuis l’an dernier (-23 points)". Gilles Bonnenfant considère que le principal atout de la France est "qu’elle accompagne sa volonté politique d’attirer les investisseurs d’un financement efficace. L’Espagne par exemple ne dispose pas de l’équivalent local de la Banque publique d’investissement. En revanche elle a avancé sur ses démarches de simplification administrative et ses coûts de production sont moins élevés qu’en France".

 

Une question européenne

 

Pour autant, les pays membres de l’Union européenne souffrent également des mêmes maux et plus particulièrement en ce qui concerne l’investissement privé. Le président de la commission "Promotion de l’attractivité du territoire" des Conseillers du Commerce extérieur de la France, regrette que là où l’Inflation Reduction Act "voit les sommes investies aux États-Unis multipliées par deux par le secteur privé, cette dynamique est bien plus faible en Europe". Le levier de l’autonomie stratégique pourrait réduire ce déficit d’investissement, puisqu’il "est crucial de soutenir l’innovation", celle-ci étant "en grande partie garante de notre souveraineté tant européenne que nationale". L’union des efforts des États membres serait particulièrement précieuse sur ce sujet, puisqu’ils partagent tous la volonté de développer très largement les énergies renouvelables sur leur sol.

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