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UBS veut déjà relancer ses rachats d’actions / Et sacrifier un peu de sa croissance dans les années à venir
Le sentiment des investisseurs était mitigé mardi, l’action UBS cédant plus de 2 % à Zurich, à 25,1 francs suisses, après la publication des comptes annuels de la première banque suisse. Un exercice 2023 forcément historique après le rachat forcé de Credit Suisse annoncé en mars et bouclé en juin. Et qui s’est soldé par des résultats légèrement meilleurs qu’attendu, assortis d’une promesse de hausse (de 27 %, à 0,70 dollar par action) de son dividende au titre de 2023, et du retour prochain des rachats d’actions qui avait été suspendus l’année dernière. UBS compte ainsi racheter pour 1 milliard de dollars d’actions au cours du second semestre.
"Notre ambition est que les rachats d’actions dépassent les niveaux antérieurs à l’acquisition [de Credit Suisse] d’ici à 2026", a indiqué UBS. Un signe de confiance qui, à ce stade, ne convainc visiblement pas des marchés souhaitant peut-être que la banque ne mette pas la charrue avant les bœufs et qu’elle achève l’intégration de sa consœur avant de distribuer son capital.
Car l’opération continue nécessairement de peser sur les comptes. Dans la foulée d’un troisième trimestre conclu par une première perte en six ans, le quatrième trimestre s’est également terminé dans le rouge : la perte avant impôts a atteint 751 millions de dollars et le résultat net s’est inscrit en négatif, à -279 millions de dollars. En cause : des frais d’exploitation élevés, notamment dus aux coûts d’intégration de Credit Suisse, mais aussi à des pertes liées à son investissement dans l’opérateur boursier SIX Group. Par comparaison, UBS avait dégagé un bénéfice net de 1,65 milliard de dollars au quatrième trimestre 2022 et accusé une perte de 715 millions de dollars au troisième trimestre 2023. Selon le consensus fourni par UBS, les analystes anticipaient une perte nette de 285 millions de dollars au quatrième trimestre.
La plus grande division du groupe, la gestion de fortune, qui doit constituer la pierre angulaire de la stratégie visant à capitaliser sur le rachat du Crédit Suisse, est encore au milieu du guet. Elle a enregistré un bénéfice avant impôts de 381 millions nettement inférieur aux estimations des analystes, qui tablaient sur 1,07 milliard, mais sa collecte nette s’est élevée à 21,8 milliards, ce qui est en revanche supérieur aux prévisions,
Sergio Ermotti, le directeur général d’UBS l’a redit : 2024 sera "une année charnière". Après six premiers mois post-rachat intenses, la fusion des deux entités opérationnelles UBS et Credit Suisse doit avoir lieu au cours du premier semestre 2024. "Les filiales aux États-Unis et en Suisse fusionneront également au cours de l’année 2024. C’est donc la condition sine qua non pour pouvoir réaliser nos synergies", a expliqué le directeur général. Les ambitions en la matière sont d’ailleurs nettement relevées. Après quatre milliards de dollars d’économies réalisées en 2023, la banque prévoit désormais de réaliser 9 milliards de dollars d’économies supplémentaires, soit 13 milliards de dollars au total contre 10 milliards de dollars prévus initialement.
Pour la suite, "nous devons nous préparer, au cours des prochaines années, à sacrifier un peu de la croissance de notre produit net bancaire afin d’améliorer le rendement de nos ressources financières, en particulier de notre bilan", a prévenu Sergio Ermotti.
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