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Coface offre un rendement du dividende très attractif / Son modèle d’affaires résiste pour l’instant au ralentissement économique
Coface a connu une année 2023 à deux visages. L’ex-Compagnie française d’assurance pour le commerce a dû faire face à un environnement devenu adverse qui a pesé sur son chiffre d’affaires au second semestre. Sur la période, "la croissance de l’activité client a été négative sous l’effet d’une baisse de l’inflation et du ralentissement économique", a indiqué le groupe en publiant mardi soir ses comptes de l’exercice écoulé. Cette combinaison explique donc qu’après leur baisse (de -3,3 % à 458 millions d’euros) au troisième trimestre, les revenus du groupe soient demeurés quasi-stables (-0,3 %, à 450 millions d’euros) au quatrième trimestre.
Une performance solide vu le contexte, liée notamment à une rétention clients qui a atteint un niveau record à 93,1 %, tandis que les baisses tarifaires (de 1,9 %) sont demeurées en ligne avec les tendances de long terme. Dans le même temps, les activités de services d’informations et de recouvrement de créances, moins sensibles aux variations du cycle, jouent pleinement leur rôle de relais de croissance. Les premières ont enregistré une croissance de 17,3 % à taux de change constant sur l’année et de 23,4 % au cours du seul quatrième trimestre.
Remontée maîtrisée de la sinistralité
À côté de cela, le résultat technique des activités d’assurance a, lui, nettement progressé, de 13,4 % à 395,4 millions d’euros. Un niveau élevé reflétant notamment une bonne gestion de la remontée de la sinistralité. Car si le nombre de sinistres s’approche désormais du niveau d’avant la crise Covid (leur montant étant même désormais supérieur), le ratio de sinistralité net s’est amélioré de 2 points de pourcentage par rapport à 2022, s’établissant à 37,7 %
La bonne maîtrise des coûts, illustrée par l’amélioration de 1,4 point de pourcentage du ratio de coûts net à 26,6 %, joue aussi un rôle dans ce résultat, de même que la nouvelle optimisation du ratio combiné rapportant les sinistres aux primes. Celui-ci s’est établi à 64,3 % sur l’année, en amélioration de 3,3 points de pourcentage sur un an ; il est même descendu à 59 % au quatrième trimestre, en amélioration de 14,4 points de pourcentage. Ce ratio intègre certes un recouvrement important sur le distributeur brésilien Americanas qui a été au cœur d’un scandale financier, partiellement compensé par un renforcement des provisions en Argentine et au Brésil. "Mais même retraité de ces éléments, le ratio combiné aurait été excellent, nettement inférieur à 70 %", note le cabinet Oddo BHF.
Au total, le résultat net s’élève à 240,5 millions d’euros, stable par rapport à 2022. Cela "représente un retour sur fonds propres annualisés moyens de 13,4 % malgré les turbulences monétaires (Argentine, Turquie) et la baisse des prix de l’immobilier qui ont affecté notre profitabilité", a souligné Xavier Durand, le directeur général de Coface.
Bientôt la nouvelle feuille de route
Au cours du seul quatrième trimestre, le résultat net a atteint 50,8 millions d’euros, nettement au-dessus des 45 millions d’euros attendus par le consensus des analystes, avec une qualité sous-jacente du modèle d’affaires "probablement plus forte que ce que suggère ce résultat", observe pour sa part Deutsche Bank. Et si la marge de solvabilité de 199 % à fin 2023 s’avère inférieure aux attentes, elle n’en demeure pas moins très supérieure à la fourchette cible entre 155 % et 175 % que le groupe s’était fixée dans le cadre de son plan stratégique "Build to Lead". Tous les objectifs inscrits dans cette feuille de route présentée voici quatre ans ont d’ailleurs été atteints ou dépassés. Qu’il s’agisse également du ratio combiné qui était visé à 80 %, de la rentabilité moyenne des fonds propres de 9,5 % ou du taux de distribution du dividende supérieur ou égal à 80 %.
Ce taux se situera d’ailleurs cette année à 81 %, le groupe ayant décidé de verser un dividende par action de 1,3 euro au titre de l’exercice 2023. Ce coupon implique "un rendement du dividende incroyablement attractif de plus de 10 %", souligne Deutsche Bank. Cette bonne nouvelle faisant monter mercredi l’action Coface de 5 % à 13,6 euros. Et ce, alors que Coface doit présenter dans quelques jours, le 5 mars prochain, son nouveau plan stratégique 2024-2027.
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