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Wendel / Laurent Mignon
2024, première année de vérité pour la nouvelle stratégie de Wendel / L’actif net réévalué a poursuivi sa décrue en 2023
Le premier exercice du nouveau Wendel version Laurent Mignon peut être vu comme un exercice de transition. Si l’année 2023 aura été marquée par une importante rotation dans le portefeuille, avec notamment l’acquisition majeure de Scalian, elle aura aussi vu l’actif net réévalué de la société d’investissement reculer une nouvelle fois. Après une baisse de 9,2 % en 2022 dans un environnement particulièrement difficile, Wendel a vu cet indicateur clé de sa valeur patrimoniale de holding diminuer de 4,6 % l’an dernier, pour s’établir à 160,2 euros. Une évolution "en grande partie lié à la baisse des actifs cotés", a expliqué jeudi le président du directoire du groupe lors d’une conférence téléphonique.
C’est le cas notamment de Bureau Veritas, qui a vu son cours de Bourse se déprécier de 7 % l’an dernier. "Un cours qui d’ailleurs s’est largement repris depuis, avec une hausse de plus 18 % depuis le début de l’année, reflétant les très bonnes performances de la société en 2023", a souligné Laurent Mignon, la récente publication des résultats annuels du spécialiste de la certification et du contrôle de la conformité ayant reçu un très bon accueil de la part des investisseurs.
Et si par ailleurs, la croissance supérieure à 10 % de la valeur des actifs non cotés sur l’année, à périmètre constant, a permis d’amortir le recul de l’actif net réévalué (ANR), "la première des choses à regarder est avant tout la performance des sociétés dans lesquelles dans lesquelles Wendel a investi. Et ce que l’on observe, c’est qu’avec une croissance organique de 6,4 % sur un an et un chiffre d’affaires consolidé de plus de 7 milliards d’euros, ces sociétés se développent bien", a également fait valoir Laurent Mignon.
La forte baisse du résultat net part du groupe à 142,4 millions d’euros, contre un résultat de 656,3 millions en 2022, n’est pas un sujet d’inquiétude dans la mesure où le résultat d’il y a deux ans comprenait une plus-value de 589,9 millions d’euros liée à la cession de la société Cromology. Et aussi parce la plus-value sur la cession de Constantia annoncée à l’été 2023, mais dont la finalisation est intervenue début janvier 2024, se retrouvera donc dans les comptes 2024.
Générer des revenus récurrents
Cette volatilité des résultats liée à la date à laquelle sont bouclées les opérations peut d’ailleurs servir d’argument à la nouvelle stratégie détaillée à la fin de l’année dernière, s’appuyant à la fois sur le métier historique d’investissement pour compte propre et sa nouvelle activité en création de gestion pour compte de tiers.
Le groupe, qui a choisi de suivre les traces de l’investisseur belge GBL pour se lancer dans ce nouveau métier, en construisant de toutes pièces son activité de gestion d’actifs pour compte de tiers au travers de la croissance externe, a annoncé en octobre dernier le rachat de la société d’investissement IK Partners pour 383 millions d’euros. Une opération qui devrait être bouclée dans le courant du deuxième trimestre. Grâce à cette acquisition, Wendel veut générer un flux de revenus récurrents. "Nous visons à l’horizon 2027 environ 150 millions de FRE, les Fee related earnings, c’est-à-dire la contribution avant impôt des frais de gestion moins les charges de la société de gestion", a rappelé Laurent Mignon.
Mais cette diversification doit encore convaincre. L’action Wendel affiche un recul d’environ 5 % depuis la première annonce du projet en mars 2023. Et même la promesse réitérée d’offrir aux actionnaires des "dividendes en croissance et récurrents", illustrée ce jeudi par l’annonce d’un dividende en hausse de 25 %, représentant 2,5 % de l’ANR, ne soulève qu’un enthousiasme mesuré, le titre Wendel gagnant 1 % à 90,15 euros.
Force en tout cas est de constater que le groupe a les moyens de conduire sa nouvelle stratégie. Pour mener de front d’autres acquisitions dans le secteur de la gestion alternative non cotée tout en redéployant ses capitaux permanents après la forte rotation de son portefeuille en 2023, Wendel peut s’appuyer sur un ratio Loan To Value (LTV) de 9,6 % qui lui autorise une importante marge de manœuvre. "Nous pouvons aller au moins jusqu’à 20 %, sachant que nous disposons d’environ 2,2 milliards d’euros de liquidités au bilan. Cette flexibilité financière nous confère donc une grande capacité stratégique", a souligné Laurent Mignon.
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