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Valeo veut maintenir son cap face à un environnement plus difficile / La marge sera gonflée en 2024 par la R&D capitalisée

Valeo s’efforce de poursuivre comme prévu le redressement de sa marge opérationnelle face à un environnement plus difficile qu’escompté. Une trajectoire de progression qui sera relativisée en 2024 par une importante capitalisation de la R & D, tandis qu’il faudra attendre 2025 pour observer l’essentiel des progrès.
Christophe Perillat, le directeur général de Valeo - Photo by ALAIN JOCARD / AFP
Christophe Perillat, le directeur général de Valeo - Photo by ALAIN JOCARD / AFP

Diriger, c’est prévoir. Lors du lancement il y a deux ans de sa stratégie "Move up" de création de valeur s’appuyant sur les mégatendances de la mobilité durable, Valeo ne savait évidemment pas que la percée des véhicules électriques s’avérerait plus lente que prévu.

La publication jeudi des résultats de l’année 2023 de l’équipementier lui a donc fourni l’occasion d’ajuster les prévisions qu’il s’était fixées à l’horizon 2025. Pour l’année prochaine, le groupe dirigé par Christophe Périllat estime désormais que son chiffre d’affaires devrait se situer entre 24,5 milliards et 25,5 milliards d’euros, pour une marge opérationnelle comprise entre 5,5 % et 6,5 %. A comparer aux précédentes projections établies en 2022 selon lesquelles le groupe tablait sur un chiffre d’affaires d’environ 27,5 milliards d’euros et sur une marge opérationnelle d’environ 6,5 % en 2025.

Le groupe avait bâti son plan Move Up sur les hypothèses de S & P Global. Celles-ci prévoyaient à l’époque un marché automobile de 98,5 millions de voitures en 2025 et une pénétration de l’électrique plus rapide que celle en cours. Elles sont devenues caduques et les nouvelles tournent désormais autour de 91 millions de véhicules, "il est [donc] normal que nous adaptions nos objectifs à cette nouvelle donne", a justifié Christophe Périllat lors d’une conférence téléphonique.

 

Ralentissement temporaire de la haute tension

 

L’équipementier automobile a globalement satisfait les attentes avec ses résultats 2023. La marge opérationnelle a représenté 3,8 % d’un chiffre d’affaires en hausse de 10 %, à 22,04 milliards d’euros, conformément à l’objectif du groupe d’une marge comprise entre 3,2 % et 4 %. Malgré des prises de commandes records à 34,9 milliards d’euros en 2023, les prévisions pour 2024 intègrent le ralentissement temporaire de l’activité électrique haute tension.

Un contexte dans lequel le groupe compte s’appuyer sur sa gamme de produits traditionnels (systèmes électriques basse tension, solutions de transmission pour véhicules thermiques, etc) pour atteindre cette année un chiffre d’affaires compris entre 22,5 milliards et 23,5 milliards d’euros, avec une marge qui devrait s’établir entre 4 % et 5 %.

La trajectoire d’amélioration de la marge s’appuie d’ailleurs sur de nouvelles réductions de coûts. Celles-ci vont représenter une charge de 300 millions d’euros sur les deux prochaines années, avec l’objectif de réaliser des économies structurelles qui s’élèveront, en année pleine, à 200 millions d’euros et dont les premiers effets apparaitront à partir du second semestre 2024. "La voie du redressement des marges s’éclaircit progressivement", note ainsi JP Morgan.

Il reste que ces mesures ne compenseront que partiellement un environnement plus difficile qu’anticipé et que la prévision de marge pour 2024 intègre une R & D capitalisée encore en hausse par rapport à 2023. "Hors R & D capitalisée, la marge sera encore nettement inférieure à 2 % en première monte", pointe Oddo-BHF. La capitalisation de la R & D devrait atteindre un plus haut au premier semestre à environ 2,8 points de pourcentage, pour ensuite lentement refluer et s’établir à environ 2,4 points de pourcentage sur l’ensemble de l’année.

 

Un free cash-flow limité

 

En termes de flux de trésorerie non plus, l’année en cours ne sera pas des plus fastes. Après s’être établi à 379 millions d’euros en 2023, le free cash-flow devrait se situer autour de 350 millions d’euros en 2024 et ce "malgré le fait qu’il soit encore davantage soutenu par le BFR que l’an dernier ", souligne également Oddo BHF. Sachant aussi que pendant ce temps, l’endettement de Valeo ne diminuera pas, compte tenu d’un levier attendu à 1,4 fois cette année, contre 1,5 fois en 2023.

Pour les actionnaires de Valeo, dont le cours de Bourse chute de près de 50 % sur un an, la patience va donc rester requise, alors que "l’essentiel de l’amélioration espérée n’est pas attendue avant 2025 et nécessitera une exécution parfaite ", ajoute Oddo BHF. L’action Valeo perdait près de 2 % vendredi, à 10,5 euros, après avoir cédé 1,7 % jeudi.

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