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Scor rassure sur sa solvabilité et son dividende / Un bénéfice record en prime
Les investisseurs sont rassurés. La déception que d’importants sinistres climatiques avaient causée dans les résultats du troisième trimestre publiés à l’automne dernier n’aura été que temporaire. La dynamique de redressement de Scor s’est bel et bien poursuivie sur la fin de l’année dernière. Preuve en est le résultat net record de 812 millions d’euros finalement dégagé par le réassureur, le plus élevé jamais dégagé par l’entreprise, alors que le groupe avait essuyé une perte nette de 1,4 milliard d’euros en 2022.
Cette performance, qui a fait de 2023 "une année faste pour Scor", telle que décrite par Thierry Léger, le directeur général de Scor, lors d’une conférence téléphonique, souligne la vitesse avec laquelle la société a su s’adapter face justement à la recrudescence de catastrophes naturelles de grande ampleur.
Des ratios clés sous contrôle
L’évolution du ratio combiné, mesure de rentabilité technique rapportant les sinistres aux primes donne une idée du chemin parcouru. Ce ratio, qui s’était envolé à 115 % en 2022 a été ramené à un niveau beaucoup mieux maîtrisé de 85 % l’an dernier, et même à 75,6 % pour le seul quatrième trimestre 2023. "Nous avons respecté notre décision de réduire notre exposition aux risques liés au climat", a ainsi souligné Thierry Léger. Ce dont tout le monde n’était pas convaincu après l’alerte du troisième trimestre. Le consensus des analystes l’anticipait à 87,9 % au quatrième trimestre.
L’autre bonne surprise concerne le ratio de solvabilité, et ce alors même que celui-ci avait constitué l’une des principales déceptions au troisième trimestre. Il s’est établi à 209 % à fin 2023, soit dans la partie haute de la zone de solvabilité optimale de 185 % à 220 % recherchée dans le plan "Forward 2026" que le groupe avait dévoilé en septembre dernier, alors que le consensus des analystes l’anticipait 9 points plus bas, à 200 %. "Un point clé de la performance réalisée compte tenu des récentes inquiétudes des investisseurs", souligne UBS.
Mais ce ne sont pas les seules explications à la hausse de près de 10 % du cours de Bourse de Scor ce mercredi, à 29,9 euros. "Deux inquiétudes ont été apaisées", poursuit UBS. Outre la bonne surprise sur la solvabilité d’une part, l’important bénéfice dégagé l’an dernier va permettre de rémunérer généreusement les actionnaires. Scor proposera lors de sa prochaine assemblée générale de verser un dividende de 1,80 euro par action au titre de 2023, en hausse de 28,6 % sur un an.
Valeur économique en hausse
Autre indicateur surveillé, à hypothèses économiques constantes, la valeur économique de Scor a augmenté de 8,6 % en 2023, à 9,21 milliards d’euros, conformément, là aussi, aux objectifs du plan stratégique "Forward 2026" du groupe.
Pour trouver à redire aux comptes de Scor, il faut s’intéresser à la composition du résultat net. Car si le résultat de l’assurance dommages (P & C) a dépassé les attentes de 83 % au quatrième trimestre en s’élevant à 353 millions d’euros, celui de la division vie et santé (L & H) a manqué le consensus de 51 % sur la période, et ce "en raison de la baisse de l’amortissement de la CSM [la marge sur services contractuels, ndlr], note pour sa part Jefferies.
"Depuis l’introduction de la norme IFRS 17, le résultat de l’assurance-vie de Scor a été considérablement plus volatil qu’avant la pandémie, alors que nous pensions qu’il serait davantage lissé", poursuit le cabinet d’analystes. Un point à ne pas négliger selon lui, estimant que "le marché ne valorisera la CSM que lorsqu’il pourra être démontré qu’elle se répercute de manière fiable sur les résultats".
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