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Les mauvaises manières de Covea
Covea est un groupe riche. Propriétaire de MAAF ou des GMF, comme beaucoup de mutualiste il a accumulé beaucoup de cash, qu’il pourrait rendre à ses sociétaires. Mais ce n’est pas une perspective très excitante. Actionnaire à hauteur de 8 % de la Scor et n’ayant pas la possibilité d’acheter plus de titres sur le marché, il a adressé le 24 août dernier au conseil du réassureur français une offre de rachat à 43 euros.
Naturellement Denis Kessler a réuni son conseil d’administration (salariés et syndicalistes compris) et tous les administrateurs ont repoussé ce projet d’OPA à l’unanimité le 30 août dernier. Normal Covea n’apportait rien à la Scor. Aucune synergie. En France comme à l’International. Pire que cela, Covea étant plus mal noté que Scor, ce dernier aurait pu perdre sa bonne appréciation auprès des agences de notation.
L’affaire aurait pu en rester là. C’est-à-dire dans le secret des conseils d’administration. Mais ce matin, donc cinq jours après l’échec de son putsch préparé avec Barclays et Crédit Suisse, les dirigeants de Covea ont jugé utile de rendre cette tentative d’OPA publique. Si bien que la planète finance toute entière considère désormais Scor comme une cible. Bel acte de loyauté de la part de Thierry Derez, administrateur de Scor, qui n’hésite pas à placer ce groupe au milieu d’un ball-trap mondial.
Et comme si c’était sûrement un hasard, Covea se vante de son échec alors que Scor réunit demain les analystes du secteur de l’assurance pour une grande journée investisseurs. Après quoi le groupe va enchaîner comme chaque année sur les journées de Monte-Carlo où se croisent tous les acteurs mondiaux de la réassurance. Histoire de placer Scor dans une situation de faiblesse dans la signature de nouveaux contrats.
Si l’on ajoute à cela des mouvements de bourse suspects au cours du mois d’août sur le titre Scor (qui bondit aujourd’hui de plus de 8 %) on comprend que Denis Kessler ait jugé utile de saisir l’AMF de ce cas d’espèce où un coup de pied de l’âne amène l’acheteur éconduit à faire de très mauvaises manières et à nuire à l’intérêt social d’un groupe dont il est actionnaire et administrateur. Alors que Thierry Derez, le patron de Covea vient d’embaucher comme directeur de cabinet un ancien secrétaire général de l’AMF… Si le mal est fait, la bonne nouvelle c’est que la cohésion des salariés de la Scor et la solidité de ses résultats n’a jamais été aussi forte. Et que cela est bel et bien public.
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