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Fusions, Acquisitions / Santé / OPA / M&A

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M&A : la santé, le lieu de tous les méga deals

Une nouvelle OPA géante dans la santé aux États-Unis : 63 milliards de dollars offerts par le laboratoire Abbvie pour Allergan, le fabricant du Botox. Le secteur, qui a donné lieu au plus gros deal de l’année en Europe et aux US, est symptomatique d'un cycle de M&A défensifs.
Allergan logo
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C’est une opération à plus de 60 milliards de dollars, et pourtant elle ne figure même pas dans le Top 3 des plus grosses M&A dans le monde cette année. Mardi, le laboratoire américain AbbVie a lancé une offre à 63 milliards de dollars sur Allergan, le célèbre fabricant du Botox basé en Irlande et lui aussi coté au NYSE. Dans le détail, il propose 188 dollars en cash et en titres, soit une prime de 45 % sur le cours de clôture de la cible lundi, qui avait déjà grimpé sur des rumeurs de scission de ses activités. Les deux groupes anticipent une relution de 10 % du bénéfice par action dès la première année suivant la clôture du deal.

Cette transaction est typique des deals défensifs qui ont cours à l’heure actuelle dans la santé. AbbVie est le fabricant du médicament Humira, utilisé pour de nombreuses maladies et qui génère les plus gros revenus au monde, soit plus de 18 milliards de dollars et 56 % des revenus mondiaux du groupe. Mais il a perdu l’exclusivité sur ses brevets depuis 2016 aux États-Unis et depuis octobre dernier en Europe, et doit aujourd’hui plus que jamais trouver de nouveaux relais de croissance.

Pour cela, il a jeté son dévolu sur Allergan, connu mondialement pour être le fabricant du Botox. Ce groupe est issu de la fusion à 70 milliards de dollars entre Actavis et Allergan en mars 2015, qui avait fait grand bruit car elle avait permis à ses protagonistes de transférer le siège social du groupe en Irlande, plus favorable au plan fiscal. En novembre 2015, Allergan et Pfizer annoncent leur intention de réaliser une autre fusion avec inversion fiscale pour 170 milliards de dollars, soit le plus gros deal pharmaceutique de l’histoire, mais qui est bloqué quelques mois plus tard par l’administration Obama et coûtera quelque 150 milliards de dollars de breakup fees à Pfizer.

Et depuis quelques mois, Allergan est la cible de l’activiste Appaloosa, qui a appelé à une revue de ses actifs, une scission et la séparation des rôles de chairman et CEO à sa tête. Face à cette montée en pression, le groupe a semble-t-il trouvé la voie d’une vente pour contenter ses actionnaires, et au premier chef d’entre eux son activiste.

Cette opération est symptomatique du besoin pour les laboratoires pharmaceutiques mondiaux d’unir leurs forces pour développer de nouvelles niches de croissance, sur les maladies rares ou les produits à grand succès comme le Botox. La preuve en est, la santé a été pourvoyeuse des plus gros deals de l’année dans le monde et en Europe : la fusion de Bristol6Myers et Celgene pour 74 milliards de dollars, annoncée en début d’année mais dont le closing fin 2019-début 2020 a dû être reporté en raison de l’examen approfondi des autorités de régulation du secteur. En Europe, c’est le spin-off de sa filiale de vision Alcon par Novartis pour plus de 25 milliards d’euros qui emporte la palme de 2019, dans le but de se recentrer sur son cœur de métier des médicaments, et s’offrir des moyens pour saisir les opportunités du marché. Qui, étant donné le grand mouvement de consolidation du secteur, devraient être légion.

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