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Fusions, Acquisitions / Scor / Covea

Fusions, Acquisitions
Scor / Covea

Covéa va à Canossa

Dans un communiqué publié ce matin, Covéa annonce le retrait temporaire de Thierry Derez du conseil de Scor. Le groupe mutualiste maintient son intention d’un rapprochement tout en laissant à Scor « un large flottant » alors qu’il y a un mois il était question d’une OPA sur 100 % du capital…

Covéa a publié un communiqué de presse qui pose bien plus de questions qu’il n’apporte de réponses sur les intentions du groupe mutualiste. Tout commence par cette phrase "compte tenu des récents articles de presse, Covéa tient à préciser sa position à l’égard de SCOR" dont tout porte à croire qu’elle a été rédigée sur les conseils de l’Autorité des Marchés Financiers, qui a été très irritée de la communication plus que floue du groupe depuis un mois.

Ensuite le groupe annonce que Thierry Derez ne démissionne pas du conseil de Scor mais se met en retrait temporaire. Il le fait pour éviter des poursuites, dans la mesure où les statuts de SCOR expliquent qu’un administrateur en situation de conflit d’intérêt doit se retirer dans un délai d’un mois maximum. Et non dans un souci "d’apaisement et de sérénité" comme c’est joliment écrit.

Enfin beaucoup de connaisseurs du dossier se demandent bien où est l’apaisement et où est la sérénité, alors que Covéa qui faisait mention il y a un mois de l’aide de deux banquiers conseil, Barclays et Crédit Suisse, en a enrôlé deux autres au cours des tous derniers jours, Rothschild & Co et Lazard, qui sont les spécialistes des batailles boursières.

Autant dire qu’avec ce communiqué Covéa avoue devoir se rendre à Canossa après l’échec de sa tentative d’OPA à 43 euros, repoussée à l’unanimité par le conseil d’administration du réassureur. Mais aussi parce que la température des marchés indique que ce prix de 43 euros ne correspond évidemment pas à la vraie valeur de SCOR. Dans une présentation faite à Londres cette semaine, les dirigeants du groupe mené par Denis Kessler ont convaincu les analystes que si la valeur du groupe en equity est de 33 euros par action (normes IFRS) et de 40 euros (critères Solvency II), il faut y rajouter environ 11 à 12 euros supplémentaires pour avoir la vraie valeur en fonction des nouvelles affaires acquises. Ce qui donne une valeur intrinsèque de 52 euros, supérieure de plus de 20 % au prix proposé par Covéa. On comprend, dans ces conditions, pourquoi le titre Scor cotait cette semaine à son plus haut historique, nettement au-dessus des 40 euros.

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