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Départ lancé pour la nouvelle stratégie d’Eurazeo / La collecte s’accélère et les cessions s’apprêtent à repartir

Eurazeo aborde 2024 avec des acquis importants au moment de mettre en œuvre sa toute nouvelle feuille de route recentrée sur la gestion pour compte de tiers. Ses actifs sous gestion ont progressé de 9 % à 35 milliards d’euros en 2023, et sa collecte auprès des investisseurs institutionnels et de la clientèle des particuliers s’accélère. Et si les sorties du portefeuille ont été fortement ralenties en 2023, les conditions désormais plus apaisées sur les marchés financiers augurent d’une augmentation du volume des cessions en 2024.
Christophe Bavière et William Kadouch-Chassaing, les co-présidents du directoire d'Eurazeo
Christophe Bavière et William Kadouch-Chassaing, les co-présidents du directoire d'Eurazeo

La nouvelle stratégie désormais principalement axée sur la gestion pour compte de tiers présentée en novembre dernier par Eurazeo va pouvoir capitaliser sur une solide année 2023. Tandis que les actifs sous gestion de la société d’investissement ont augmenté de 9 % l’an dernier, pour s’élever à 35 milliards d’euros, ceux gérés pour le compte de Limited Partners (LP’s) et de clients particuliers ont progressé plus rapidement, leur croissance de 12 % leur permettant d’atteindre 24,2 milliards d’euros. Sachant que sur ce montant, 4,7 milliards d’euros correspondent à des engagements non tirés, une "dry powder" importante qui est la conséquence d’une année dynamique en termes de levée de fonds.

Au cours de 2023, Eurazeo a levé en effet 3,5 milliards d’euros auprès d’investisseurs tiers, un montant supérieur à son objectif de 3 milliards d’euros et en hausse de 21 % par rapport à 2022. Le groupe a notamment collecté 2,6 milliards d’euros auprès d’investisseurs institutionnels internationaux, soit 26 % de plus qu’en 2022, un bond qui n’est pas le fruit du hasard.

D’une part, il résulte de la diversification menée depuis plusieurs années déjà des fonds en levées, qui donnent la part belle au mid-market, aux valeurs de croissance et à l’impact en faveur du développement durable. D’autre part, "nous avons une conviction très forte : un vecteur de croissance important dans la clientèle des investisseurs institutionnels est la collecte auprès de ce que l’on appelle les grands bailleurs de fonds (les ‘deep pockets’), les fonds souverains. Ce sont des terres de conquête encore sur le plan institutionnel", explique à WanSquare Christophe Bavière, co-président du directoire d’Eurazeo.

 

Recrutements

 

C’est justement pour poursuivre et amplifier cette conquête que le groupe renforce actuellement ses équipes. Il vient de nommer un ancien diplomate comme managing director au Moyen-Orient et a également recruté une nouvelle managing director pour s’occuper des pays nordiques et du Royaume-Uni.

A côté de cela, "il y a aussi indéniablement une composante sur lesquelles on peut s’appuyer, qui est l’intérêt croissant de particuliers, que nous proposons depuis longtemps dans nos offres", ajoute Christophe Bavière. La collecte auprès de la clientèle de particuliers s’est établie l’an dernier à 0,9 milliard d’euros, soit environ 25 % de la collecte totale sur l’année, une proportion qui tend à croître, alors que la clientèle de particuliers a représenté 4,3 milliards d’euros en 2023, soit près de 18 % des actifs sous gestion en provenance de tiers.

Eurazeo se développe dans ce domaine d’une manière très pragmatique. "Ce n’est pas nous qui sommes directement en contact avec les particuliers, ce sont les banques, les compagnies d’assurance et les réseaux de conseillers indépendants ", rappelle Christophe Bavière, alors que l’année 2023 a été marquée par de nouveaux partenariats de distribution en France avec de grandes banques et assureurs européens partenaires historiques du groupe. La stratégie est maintenant de dupliquer le succès rencontré en France en Europe. D’où la signature d’accords avec des plateformes telles que iCapital et Moonfare qui doivent permettre d’y accélérer le déploiement de son offre, notamment en Italie, en Allemagne et en Belgique.

Et la rentabilité de cette activité de gestion d’actifs est sur une pente ascendante. Les Fee Related Earnings (FRE), qui mesurent le résultat récurrent de l’activité, ont progressé de 22 % sur un an à 138 millions d’euros en 2023. La marge de FRE a ainsi progressé de 380 points de base, à 34,8 %, en se souvenant que le groupe vise une marge comprise entre 35 % et 40 % dans le cadre de son nouveau plan stratégique pour la période 2024-2027. " Nous sommes déjà en avance sur notre programme, puisque l’on est proche du bas de la fourchette ", note ainsi William Kadouch-Chassaing, l’autre co-président du directoire d’Eurazeo.

 

Dividende en hausse et rachats d’actions

 

Pour faire évoluer son modèle conformément à sa nouvelle feuille de route stratégique en tant que gestionnaire d’actifs, Eurazeo compte diminuer progressivement la proportion de ce qu’il investit sur son propre bilan aux côtés de ses clients. De 30 % aujourd’hui, la proportion est appelée à tendre progressivement vers un ratio de 10 %, voire moins d’ici sept à huit ans. Ce qui permettra au groupe de dégager du capital excédentaire au fur et à mesure des cessions, qui sera largement retourné aux actionnaires.

En matière de distribution, conformément à ses plans, Eurazeo proposera un dividende de 2,42 euros par action au titre de 2023, en hausse de 10 % par rapport au dividende ordinaire de 2,20 euros par action versé pour 2022, sachant que la société a débuté en janvier un nouveau programme de rachat d’actions de 200 millions d’euros, après les 129 millions d’euros d’actions rachetées en 2023.

S’agissant des cessions, si le marché a été "très comprimé" entre le quatrième trimestre 2022 et la mi-année voire le début du troisième trimestre 2023, Eurazeo observe une "bien meilleure" tendance depuis le quatrième trimestre 2023. "L’environnement est redevenu plus favorable ", indique William Kadouch-Chassaing. C’est pourquoi, après avoir réalisé des cessions pour 1,3 milliard d’euros en 2023, après 2,9 milliards d’euros en 2022 le groupe anticipe un rebond en 2024. Et Christophe Bavière de souligner : "Nous l’avons prouvé sur la deuxième partie de l’année 2023 : lorsque les conditions sont apaisées, nos rythmes naturels de sortie se réenclenchent ".

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