WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / Solvay

Entreprises / Actions
Solvay

Le nouveau Solvay face à une faible visibilité sur ses marchés / Mais prêt à remplir sa mission de générer du cash-flow

Recentré sur les produits chimiques de base et de performance depuis sa scission intervenue fin 2023, qui a donné naissance à la nouvelle entité Syensquo, Solvay a réalisé un exercice 2023 solide malgré des marchés finaux mal orientés. Si l'année 2024 s'annonce encore difficile pour les volumes, le groupe s'efforce de maintenir ses marges grâce à une gestion rigoureuse de ses coûts tout en continuant de générer un flux de trésorerie lui permettant de maintenir la stabilité de ses dividendes.
Philippe Kehren, le directeur général de Solvay
Philippe Kehren, le directeur général de Solvay

Le passage à 2024 a marqué un tournant majeur pour Solvay. Le groupe de chimie belge coté à la fois en France et en Belgique (il a fait partie du CAC 40 entre 2012 et 2018) s’est scindé en décembre en deux entreprises distinctes. Syensquo, la nouvelle entité, dotée d’un potentiel de croissance supérieur, réunit les actifs de chimie de spécialités, et fait figure à ce titre de lointaine héritière de l’ex-chimiste français Rhodia que Solvay avait racheté en 2011. Tandis que le "nouveau Solvay" regroupe les activités de chimie de base, soit la production de carbonate de soude, de peroxydes et de silices.

Logiquement, le mode de reporting des résultats annuels de Solvay publiés mercredi reflète cette scission. Les activités de spécialités transférées à Syensqo sont classées comme activités abandonnées pour 2023, et les segments opérationnels du groupe se répartissent entre les produits chimiques de base (branche Basic Chemicals) et les produits chimiques de performance (Performance Chemicals). "L'histoire de Solvay est maintenant beaucoup plus simple après la scission, avec moins d'unités sur des marchés relativement stables avec de fortes barrières à l'entrée", résume le cabinet Oddo BHF.

 

Des volumes sous pression

 

En 2023, l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) des premières a augmenté de de 7,6% organiquement (hors effets de périmètre et de change) grâce à un effet prix nets positif qui a plus que compensé l'impact négatif de la baisse des volumes. Ce qui n’a pas été totalement le cas pour les secondes, dont l’Ebitda a reculé organiquement de 3,3%. La somme des deux est ressortie en hausse de 0,2%, à 1,25 milliard d’euros, conformément aux attentes des analystes et aux propres prévisions du groupe qui visait la borne basse d'une variation organique comprise entre une baisse de 5% et une hausse de 2%. Sans surprise là non plus, le chiffre d’affaires de Solvay a reculé de 12,6% en organique par rapport à 2022, principalement en raison de la baisse des volumes (-14,8%), compte tenu d’une demande plus faible sur tous les marchés finaux.

Et la situation qui n’est pas allée en s’arrangeant à la fin de l’année dernière. Au contraire puisque l’Ebitda des produits chimiques de base a chuté de plus de 16% sur la période, principalement en raison de la baisse continue des volumes, notamment pour le carbonate de soude dans les applications de verre plat et de verre creux, alors que la demande de peroxides pâtit d'une faible demande, en particulier dans le secteur de la pâte à papier et du papier en Amérique du Nord. Dans le même temps, l’Ebitda des produits chimiques de performances a reculé de 7,1%.

Le scénario s’annonce identique pour 2024, au moins sur la première partie de l’année où le groupe s’attend à ce que ses volumes restent au niveau ceux de second semestre 2023. Si bien que Solvay anticipe un recul organique de 10% à 20% de son Ebitda par rapport à 2023, soit un résultat qui devrait se situer entre 925 millions à 1,04 milliard d'euros. En particulier, "les déséquilibres actuels entre l'offre et la demande de carbonate de soude ne devraient pas s'améliorer de sitôt, et la visibilité reste faible", observe Oddo BHF.

 

Un dividende stable

 

Mais s’il fait face à une conjoncture peu favorable sur ses marchés, le groupe n’en maintient pas moins ses marges, ce qu’il parvient à faire en réduisant ses coûts variables afin de compenser l’érosion des prix, tout en diminuant légèrement ses coûts fixes. La marge d'Ebitda s'est ainsi inscrite à 25,5% du chiffre d'affaires en 2023, au-dessus de celle de 24,5% de 2022.

Surtout, Solvay remplit pour l’instant la mission qui lui a été assignée : celle de générer du cash. Le flux de trésorerie disponible de Solvay a été solide l’an dernier, atteignant 561 millions d'euros, contre 479 d'euros en 2022, et Solvay l’anticipe supérieur à 260 millions d'euros en 2024, de quoi lui permettre de continuer "d’assurer une stabilité du dividende", notent les analystes de Stifel. Et ce, alors que le groupe compte verser au titre de 2023 un dividende de 2,43 euros par action, identique à celui 2022.

La feuille de route dévoilée en novembre dernier reste inchangée. Elle s’appuie sur une "structure de bilan solide et une politique claire de priorisation de l’utilisation du cash généré", a rappelé mercredi Philippe Kehren, le directeur général de Solvay. Le ratio de levier d’endettement du groupe se situait à un niveau historiquement bas de 1,2 fois à fin 2023.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article