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Comment l'activiste Bluebell tente de remettre la pression sur Solvay
La plage de Rosignano sur la côte toscane en Italie, son eau bleu azur et son sable blanc sont en train de devenir un sujet récurrent à chaque assemblée générale des actionnaires du groupe de chimie Solvay. Le fonds activiste londonien Bluebell Capital Partners a beau ne détenir qu’une seule action de l’entreprise, il continue à critiquer vigoureusement les rejets de l’usine de carbonate de soude de Solvay située dans cette ville de la province de Livourne.
Cela fait deux ans que le fonds accuse l’usine de rejeter dans la mer des métaux lourds tels que le nickel, le chrome, l’arsenic et le mercure. Deux ans aussi que l’entreprise réfute ses arguments. Le scénario s’est répété mardi. Le fonds avait envoyé "106 questions à la direction" pour l’assemblée générale des actionnaires, a indiqué Giuseppe Bivona, co-fondateur de Bluebell, au quotidien financier belge l’Echo, tout en assurant au journal qu’il "gagn[ait] le soutien de plus en plus d'actionnaires". Bluebell réclame depuis septembre dernier le départ d’Ilham Kadri, la directrice générale de Solvay, à qui il continue de reprocher d’être "dans le déni total".
Aucun métal lourd
Le mandat d’Ilham Kadri n’était pas en jeu mardi. En termes de gouvernance, les actionnaires ont approuvé les arrivées de deux nouveaux administrateurs indépendants au conseil d’administration. Prenant toutefois les inquiétudes sur son site de Rosignano au sérieux, Solvay avait pris la peine de publier pour l’occasion un communiqué spécifique. Le groupe a une nouvelle fois souligné que le processus de production ne requérait "que des matières premières naturelle, notamment le calcaire naturel issu des carrières voisines", et "aucun métal lourd", en contradiction donc avec les affirmations de Bluebell.
Autre argument, Solvay a aussi rappelé que son permis d’exploitation du site avait été renouvelé par le Ministère italien de la Transition écologique en janvier 2022 pour les 12 années à venir, à l’issue d’ "un examen approfondi des opérations de Rosignano, mené pendant 3 ans par un comité d'experts indépendants".
Le groupe de chimie n’a évidemment aucune chance de convaincre Bluebell, mais il est important pour l’entreprise que la plage au blanc immaculé bordant son site italien ne donne pas prise à une sérieuse déstabilisation de son management par un fonds activiste déterminé. La taille modeste de seulement quelques dizaines de millions d’euros de Bluebell ne doit pas conduire à le sous-estimer.
Le précédent Danone
Le fonds activiste fondé par Giuseppe Bivona, Marco Taricco et Francesco Trapani, l’ancien patron de Bulgari, a déjà remporté plusieurs victoires, ou fait plusieurs victimes, selon le camp dans lequel on se place. Son principal fait d’arme est sans doute d’avoir obtenu la tête de l’ancien patron de Danone, Emmanuel Faber.
Les défenses de Solvay apparaissent néanmoins plus solides que celle de Danone. D’une part, son capital est protégé par le poids encore très important de l’actionnariat familial. Près de 2 300 apparentés aux familles fondatrices détiennent ensemble environ 77% de Solvac, mono-holding actionnaire à plus de 30% de Solvay. D’autre part, contrairement à ce qui s’était produit contre Danone, dont les performances financières jugées décevantes avaient fourni un angle d’attaque, Solvay dépasse allègrement les objectifs de sa feuille de route. Lors de l’assemblée générale, le président de Solvay, Nicolas Boël a justement rappelé que les objectifs de sa stratégie "G.R.O.W" (pour growth, resilient cash, optimize, et win) avaient été atteints avec trois ans d’avance.
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