WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / Arkema / Thierry Le Hénaff / chimie

Entreprises / Actions
Arkema / Thierry Le Hénaff / chimie

Le premier chimiste français fait le dos rond / Arkema se projette au second semestre 2023

Le chimiste Arkema se situe au milieu du guet, entre une fin d’année 2022 affectée par une demande faible, et l’espoir d’une amélioration progressive de ses marchés à partir du printemps. Dans une large mesure, son recentrage, déjà en grande partie accompli, sur les matériaux de spécialités moins cycliques, lui permet de limiter la casse sur ses résultats. Reste à parachever le mouvement dans le domaine des « intermédiaires chimiques ».
Thierry  Le Henaff, PDG de Arkema - Fred MARVAUX/REA
Thierry Le Henaff, PDG de Arkema - Fred MARVAUX/REA

Ce qui devait arriver arriva. Oui, le premier groupe chimique français a dégagé un excédent brut d’exploitation (Ebitda) record en 2022, à 2,1 milliards d’euros. Mais la croissance perpétuelle des résultats n’existe pas dans ce secteur cyclique, même lorsque l’on s’est recentré comme Arkema au fil des années sur les spécialités et les marchés de niche afin justement de réduire son exposition aux cycles. L’ancienne filiale de Total (aujourd’hui TotalEnergies) a enregistré au quatrième trimestre 2022 un recul de 30,2% de ce même indicateur de référence pour la rentabilité du groupe. Un coup d'arrêt après l’envol de 73% du premier trimestre, le bond de 47,5% du deuxième trimestre, et la hausse, déjà plus modeste, de 4,4% du troisième.

"La dégradation de l’environnement constatée au cours de l’été s’est accentuée comme prévu sur les derniers mois de l’exercice", constate le bureau d’études d’Oddo BHF. De fait, pour expliquer la diminution de son résultat, le groupe invoque essentiellement "la baisse des volumes", ainsi que "des conditions de marchés nettement moins favorables dans les acryliques en Asie" ou la demande pour ce type de produits notamment utilisés dans les peintures ou les adhésifs a été pénalisée par la situation liée au Covid en Chine.

Si le chiffre d’affaires est demeuré à stable à 2,5 milliards d’euros au quatrième trimestre grâce à la politique de hausses de prix menée pour contrer l’inflation des coûts, les volumes ont donc reculé de 15,4%. En cause, outre la faiblesse de la demande chinoise, "un ralentissement et des déstockages importants en Europe", indique Arkema. Un décalage entre volumes et valeur très bien illustré par le segment Adhésifs, où les volumes ont reculé de 11,7%, sous l’effet de déstockages importants en Europe, ainsi qu’aux États-Unis dans le marché de la construction, mais avec un chiffre d’affaires quasiment stable à taux de change et périmètre constants, soutenu par un effet prix de 11,2 % pour faire face à l’inflation des coûts.

 

Revue stratégique toujours en cours

 

S’agissant des volumes, la question qui se pose désormais est celle du point bas. Celui-ci "pourrait être actuellement atteint", pense Oddo BHF. Même si, à ce stade, l’élaboration des perspectives n’est pas exempte d’un certain flou. Le groupe reconnaît que le contexte macroéconomique "est marqué par un manque de visibilité et une demande encore faible, dans la continuité du quatrième trimestre". Le groupe dirigé par Thierry Le Hénaff parvient tout de même à percevoir les signaux d’ "une amélioration progressive […] à partir du printemps [qui] devrait se renforcer sur la deuxième partie de l’année".

La confiance de l'entreprise s’appuie logiquement, en partie, sur la contribution de ses derniers développements sur des marchés en croissance et à forte valeur ajoutée. Comme par exemple ses unités en Chine et en France de polyfluorure de vinylidène (PVDF), un composé bénéficiant d’une forte demande sur le marché des batteries lithium-ion, ou encore sa nouvelle usine bio-sourcé à Singapour de polyamide 11, produit utilisé dans des applications très exigeantes, comme les véhicules à énergies nouvelles, l'impression 3D, ou l’électronique.

Pour 2023, Arkema table sur un Ebitda d’environ 1,5 à 1,6 milliard d’euros, soit une prévision au point médian "supérieure de 7% au consensus qui se situe à 1,45 milliard d'euros", note la banque Jefferies. Le groupe a par ailleurs confirmé ses objectifs pour 2024, visant notamment à réaliser un Ebitda de 1,7 milliard d’euros, un horizon auquel il s’est surtout engagé à devenir un "pur acteur des matériaux de spécialités". La revue stratégique est toujours en cours concernant les activités dites "intermédiaires" au caractère cyclique, qui regroupent les gaz fluorés et les acryliques Asie, alors que l’activité PMMA (plus connue pour sa marque plexiglas) a déjà été cédé en 2021.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article