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Arkema / chimie / Ashland / adhésifs

Arkema poursuit sa stratégie de croissance

Le chimiste français, qui veut se concentrer exclusivement dans les matériaux de spécialités, acquiert les adhésifs de performance de l’américain Ashland. Une opération qui colle à ses objectifs stratégiques, mais aussi financiers tant le profil des actifs acquis est comparativement supérieur.
Arkema
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La stratégie d’Arkema gagne en crédibilité. Après avoir vendu, en décembre dernier, son activité de production de Plexiglas pour 1,14 milliard d’euros dans le cadre de sa politique de recentrage autour des matériaux de spécialités, le chimiste français a annoncé ce matin l’acquisition majeure aux Etats-Unis : il s’agit des adhésifs de performance d’Ashland.

Les deux protagonistes se sont entendus sur une valeur d’entreprise de 1,65 milliard de dollars (1,39 milliard d’euros) – démontrant une réelle capacité acquisitive de l’ancienne filiale de TotalEnergies alimentée par sa politique de cessions. La transaction, qui sera intégralement réglée en numéraire, a été structurée de telle sorte qu’elle procure un avantage fiscal de plus de 200 millions de dollars à terme.

Surtout, grâce à Ashland Performance Adhesives, Arkema renforcera considérablement sa présence aux Etats-Unis (81% de ses 360 millions de dollars de chiffre d’affaires y sont réalisés) et plus généralement dans cette activité – héritée de l’américain Bostik acquis par Total en 1990 et transférée à Arkema en 2015. Le pôle Adhésif du chimiste français réalise un chiffre d’affaires d’environ deux milliards d’euros.

Ashland Performance Adhesives aura également le mérite d’améliorer sensiblement le profil financier d’Arkema. Il affiche en effet un Ebitda de 95 millions – soit une marge d’Ebitda de 26,4% largement supérieure à la marge de 13,1% affichée en 2020 par le groupe français dans la même activité. "Cette activité présente par ailleurs un taux de conversion d’Ebitda en cash élevé, supérieur aux objectifs long terme du groupe", explique Arkema. L’entreprise française attend des synergies supérieures à 45 millions de dollars, montant qu’elle compte atteindre dans les cinq ans qui viennent. Conséquence de tout cela, Arkema a réévalué les objectifs financiers de la division Adhésifs pour 2024 : il prévoit désormais une marge supérieure à 17% (contre un objectif précédent de 16%) et un chiffre d’affaires supérieur à trois milliards d’euros. Une fois la transaction réalisée, le multiple d’endettement (dette nette/Ebitda) atteindra 1,9 – le groupe ne veut pas dépasser un multiple de 2.

"Ce projet s'inscrit pleinement dans la stratégie ciblée d'acquisition du groupe avec cette très belle activité leader sur de nombreux secteurs à forte croissance et bénéficiant d'un niveau de rentabilité élevé", estime le groupe. Avec Arkema se constitue petit à petit un champion français des matériaux de spécialité. Le groupe continue sa stratégie de recentrage. En moins de deux ans, il a vendu ses activités de Plexiglas à Tinseo et de polyoléfines fonctionnels à SK Global Chemical (pour 335 millions d’euros), pour acquérir le danois LIP Bygningsartikler dans les produits adhésifs et l’américain Colorado Photopolymer Solutions dans les revêtements. Il cherche également un repreneur pour ses gaz fluorés destinés aux applications dites émissives (climatisation et réfrigération), qui génèrent environ 500 millions d'euros de revenus.

Arkema veut atteindre en 2024 un revenu de 10 milliards d’euros, réalisés à 100% dans les matériaux de spécialité, et une marge d’Ebitda "d’environ " 17%. Après la vente du Plexiglas et avant l’acquisition d’Ashland Performance Adhesives, les matériaux de spécialité représentaient 87% de son chiffre d’affaires.

Les investisseurs opinent du chef : l’action Arkema s’adjugeait 4,7% vers 14h30 à 112,90 euros, après avoir bondi de près de 6,5% en matinée. Les actionnaires institutionnels d’Arkema ne peuvent que se réjouir d’avoir soutenu le PDG Thierry Le Hénaff dans son projet : le groupe était le premier investissement de LAC1 (le fonds lancé par Bpifrance détient près de 5,1% du capital d’Arkema) et le fonds souverain norvégien en détient 6,7%.

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