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Arkema / Thierry Le Hénaff / Elliott Management
Arkema répond d’emblée à Elliott
Sur un marché parisien solidement ancré dans le rouge en raison des craintes sur le coronavirus, le titre Arkema s’est démarqué : il a clôturé en hausse de plus de 7 % après avoir bondi de 10 % en séance, soit son plus haut niveau de l’année. La raison ? Une dépêche de Bloomberg indiquant qu’Elliott avait pris une petite participation au sein du fabricant de produits chimiques, même s’il n’a pas encore officialisé sa position ni dévoilé ses intentions.
Après Pernod Ricard l’an passé, l’investisseur activiste aurait donc jeté son dévolu sur le chimiste, qui a été largement restructuré sous la houlette de son PDG Thierry Le Hénaff, en place depuis 14 ans. Ce dernier a remanié le portefeuille et vendu ses actifs pour s’orienter vers des activités moins cycliques, dont la plus importante en date a été l’acquisition du chimiste d’adhésifs Bostick à Total pour 1,7 milliards d’euros en 2014. Mais le rythme des cessions d’actifs a ralenti : si Arkema a annoncé en octobre dernier la vente de son activité polyoéfines fonctionnelles au sud-coréen SK Global Chemicals pour 335 millions d’euros, il n’a guère annoncé d’autres opérations significatives ces dernières années, notamment en raison des contraintes réglementaires.
Si bien que pour prévenir les potentielles attaques, Thierry Le Hénaff a d’ores et déjà lancé la vente d’un nouvel actif : le "PMMA" (polyméthacrylate de méthyle), plus connu sous le nom commercial Plexiglas, dont Arkema est numéro un mondial avec sa filiale Altuglas International. Elle pourrait être valorisée à plus d’1 milliard d’euros selon les mêmes sources, qui font valoir, dans le même secteur, la vente d’Evonik Industries à Advent pour 3,3 milliards de dollars l’an passé.
Sous l’impulsion de son PDG, Arkema a en tout cas adopté une stratégie intelligente, qui consiste à prévenir l’onde de choc liée à l’entrée officielle d’Elliott à son capital, en montrant qu’il a déjà entrepris des efforts pour ajuster son périmètre et améliorer ses marges. Sans avoir besoin de se faire dicter sa conduite par un actionnaire extérieur qui s’estime spécialiste du secteur pour avoir donné de la voix sur Akzo Nobel, scindé en deux et dont l’activité chimie a été vendue à Carlyle pour 12,5 milliards de dollars.
Le potentiel d’amélioration du titre Arkema est certes indéniable, dans la mesure où il ne cote qu’à 5,7 fois son Ebitda, contre 8,7 fois pour son comparable BASF, et a déjà perdu 12 % cette année. Mais le management du groupe est déjà à pied d’œuvre pour résorber ce décalage, et être traité à sa juste valeur par le marché. Et peu importe si Elliott aboie, la caravane d'Arkema continuera de passer en créant davanatage de valeur pour tous ses actionnaires.
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