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Arkema / Thierry Le Hénaff / chimie de spécialités

La transformation réussie d’Arkema nourrit ses nouvelles ambitions / Une feuille de route jugée très crédible

Arkema vise un chiffre d’affaires de 12 milliards d’euros et une marge d’Ebitda de 18 % d’ici 2028. La transformation de son portefeuille d’activités largement accomplie, ces objectifs s’appuieront presque exclusivement sur la croissance organique, le groupe nourrissant d’importantes ambitions en lien avec les grandes tendances durables, notamment dans les matériaux de spécialités pour batteries.
Thierry Le Hénaff, le président-directeur général d'Arkema - AFP
Thierry Le Hénaff, le président-directeur général d'Arkema - AFP

Ambitieuse, s’appuyant davantage sur la croissance organique que sur les acquisitions. La feuille de route dévoilée par le premier chimiste français lors de son Capital Market Day qui se tenait mercredi marque une nouvelle étape d’une existence encore relativement courte. La troisième, après les restructurations menées sur la période 2006-2011 et le repositionnement sur la chimie de spécialités qui a été depuis méthodiquement mis en œuvre.

Le groupe issu il y a dix-neuf ans de la scission des activités chimiques de Total (aujourd’hui TotalEnergies) a passé une douzaine d’années à remplacer quasiment toute sa chimie dite de commodité par des activités à forte valeur ajoutée. La part des matériaux de spécialités a été portée à 91 % de son chiffre d’affaires l’an dernier, faisant de l’entreprise dirigée (comme depuis l’origine) par Thierry Le Hénaff un pur acteur centré autour des Adhésifs, des Matériaux Avancés et des Coating Solutions (soit des solutions à destination des industriels du marché des peintures et revêtements). Cette mission accomplie lui a permis de dégager pour la première fois l’an dernier un excédent brut d’exploitation de plus de 2 milliards d’euros, avec une marge brute d’exploitation record de 18,3 % pour un chiffre d’affaires non moins historique de 11,5 milliards d’euros.

Une performance qui ne sera pas rééditée sur l’exercice en cours, le ralentissement économique et son contexte de faible demande entraînant une contraction des volumes. Mais la bonne gestion des prix et l’amélioration du mix en faveur des solutions à forte valeur ajoutée permettent au groupe de garder la situation sous contrôle. A court terme, l’entreprise est toujours en capacité d’atteindre sa prévision d’Ebitda pour 2023 située entre 1,5 et 1,6 milliard d’euros, et sur la bonne voie pour atteindre les objectifs 2024 d’un chiffre d’affaires entre 10 et 11 milliards d’euros et une marge d’Ebitda de 17 %.

 

Priorité désormais à la croissance organique

 

Le nouveau plan stratégique prévoit lui d’atteindre un chiffre d’affaires de 12 milliards d’euros et une marge d’Ebitda de 18 % à horizon 2028. Et, chose nouvelle, cette perspective ne s’appuiera pas sur la croissance externe, mais uniquement sur la croissance organique. Pour être exact, des acquisitions sont encore prévues pour une valeur nette des cessions de 1 milliard d’euros (soit la moitié du montant dépensé depuis 2019) mais avec des effets de périmètres qui devraient s’avérer neutres sur les ventes et l’Ebitda sur la période. Il est question de cibles de petite taille et de désengagement des dernières activités intermédiaires représentant 9 % du chiffre d’affaires. Si bien qu’après des années d’acquisitions et de désinvestissements, le message envoyé est que le portefeuille d’activités d’Arkema est arrivé à un stade charnière, où la priorité peut désormais être donnée à la croissance organique.

Celle-ci est attendue autour de 4 % par an sur la période de 2024 à 2028 avec une progression organique moyenne de l’Ebitda qui devrait s’établir entre 7 % et 8 %. Soit un Ebitda additionnel de 650 millions d’euros, " dont 350 millions d’euros en provenance de grands projets déjà payés ", notent les analystes d’Oddo BHF, comme la nouvelle unité de polyamide 11 bio-sourcé à Singapour ou l’unité de production d’acide fluorhydrique construite en partenariat avec le groupe agrochimique Nutrien aux Etats-Unis.

En tout état de cause, les nouveaux objectifs annoncés marquent "une accélération notable par rapport à la précédente feuille de route", souligne le bureau d’études. Et ces objectifs sont tout à la fois "ambitieux" et "raisonnables", donc crédibles, remarquent de leur côté les experts de Stifel. D’après leurs calculs, sur la durée du nouveau plan stratégique, les Matériaux avancés devraient se hisser à 45 % des ventes du groupe, en dégageant une marge de 23 %, ce qui leur permettrait de représenter près de 60 % de l’Ebitda.

 

Hausse de 15 % des investissements

 

Dans le même temps, pour alimenter justement cette montée en rythme organique, les investissements devraient augmenter d’environ 15 %, reflétant l’inflation, les efforts de décarbonation et les projets pour accompagner la croissance du groupe notamment dans les batteries. Les matériaux de spécialités pour batteries devraient en effet apporter la plus forte contribution parmi les différentes plateformes de croissance ciblées par le groupe. D’après Stifel, les ventes du groupe dans ce domaine devraient doubler pour atteindre 700 millions d’euros de ventes à horizon 2028. En parallèle, le bureau d’analystes estime que les matériaux pour améliorer les performances énergétiques des bâtiments devraient passer de 400 millions d’euros à 650 millions d’euros de chiffre d’affaires. De quoi renforcer davantage la trajectoire du groupe vers le développement durable et la décarbonation tout en accompagnant ses clients sur des marchés en croissance.

En Bourse, cet ensemble de nouvelles a été très bien accueilli. Après avoir grimpé de 3,2 % mercredi, l’action Arkema progressait encore de près de 2 % à 94,6 euros jeudi après-midi. Il est vrai que les actionnaires n’ont pas été oubliés, un volet du plan leur étant spécialement dédié. Avec la promesse d’un retour qui devrait augmenter d’environ 30 % par rapport à la période 2019-2023, grâce à "une croissance régulière du dividende et un taux de distribution proche de 40 % sur la période 2024-2028, ainsi que des rachats d’actions opportunistes".

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