WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / PagesJaunes / Maurice Lévy

Entreprises / Actions
PagesJaunes / Maurice Lévy

Maurice Lévy tient la corde pour sauver Solocal / Ycor pourrait prendre le contrôle de l’ex-PagesJaunes

Sur les deux offres reçues par Solocal dans le cadre de sa nouvelle restructuration financière, celle proposée par le fonds Ycor de Maurice Lévy attire l'attention avec son apport financier et la possibilité d'intégrer Regicom, spécialiste du digital local. Une proposition capable d’offrir une réelle perspective stratégique à l’entreprise, dont les actionnaires, massivement dilués dans tous les cas, ne profiteront pas.
Le fonds Ycor de Maurice Lévy a fait une offre pour Solocal - Photo by Michel Euler / POOL / AFP
Le fonds Ycor de Maurice Lévy a fait une offre pour Solocal - Photo by Michel Euler / POOL / AFP

Se pourrait-il que le énième sauvetage de Solocal soit le bon ? Ce n’est pas une mais deux offres que l’ancien éditeur des PagesJaunes a reçu dans le cadre de sa restructuration financière menée sous l’égide de la mandataire ad hoc, Maître Hélène Bourbouloux, qui assiste le groupe depuis juin dernier dans les discussions avec ses créanciers. Et l’une d’entre elle recueille visiblement déjà tous les suffrages.

L’entreprise désormais spécialisée dans le marketing digital à destination des petites et moyennes entreprises (elle leur créé des sites internet et les aide dans leur référencement) a révélé mercredi avoir reçu une offre de la part d’Ycor, le fonds créé en 2018 par Maurice Levy après trente ans passés à la tête de Publicis.

Ladite offre consiste d’une part en des apports en fonds propres pouvant aller jusqu’à 40 millions d’euros, via des augmentations de capital avec ou sans maintien du droit préférentiel de souscription des actionnaires. Elle inclut également le remboursement partiel, à la date de restructuration effective, d’une partie de la dette senior existante avec les apports en fonds propres. Enfin, et ce n’est pas le moindre de ses atouts, elle prévoit aussi l’apport en nature de la société Regicom, détenue par Ycor, expert en communication digitale locale qui se revendique comme "la première régie locale de Google".

Des éléments qui font mouche auprès du management de Solocal, en comparaison de l’autre offre émanant des créanciers obligataires et qui prévoit un apport de liquidités exclusivement en dette. Car en plus de proposer une réduction substantielle de la dette dont le poids était devenu écrasant et de sécuriser la liquidité du groupe, l’offre d’Ycor "devrait permettre à Solocal de bénéficier des solutions et des expertises développées depuis plusieurs années" par Regicom, la société apportée, "et de dégager des synergies dans un horizon de temps court", a commenté Cédric Dujardin, le directeur général de Solocal.

Pour ces raisons, et parce que, comme le souligne de son côté Philippe Mellier, le président du Conseil d’administration, la proposition d’Ycor "offre une réelle perspective stratégique à Solocal", le conseil d’administration à l’unanimité, et la direction du groupe, ont décidé de la soutenir.

Afin qu’elle soit mise en œuvre, le groupe doit à présent consulter formellement l’assemblée générale unique des obligataires pour que soit modifié le plan de sauvegarde en cours. Sachant par ailleurs que Solocal a obtenu le 1er mars l’ouverture d’une procédure de conciliation à son bénéfice, toujours sous l'égide de Maître Hélène Bourbouloux, en qualité cette fois de conciliatrice, pour l’assister dans la poursuite des discussions avec ses créanciers.

De quoi faire renaître l’espoir d’une sortie de la descente aux enfers de l’ex PagesJaunes, vendu par France Télécom en 2006 sur la base d’une valorisation boursière de 6 milliards, et qui vaut aujourd’hui mille fois moins (6 millions d’euros à la clôture de la Bourse de Paris mercredi). Les actionnaires ne doivent cependant se faire aucune illusion. Ils seront massivement dilués à l’issue des opérations envisagées dans cette offre, détenant moins de 1% du capital d’une entreprise contrôlée par Ycor. Une dilution telle qu’ "il est probable que le groupe soit sorti de la cote", estiment les analystes d’Oddo BHF.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article