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Bureau Veritas / Hinda Gharbi
Hinda Gharbi imprime sa marque chez Bureau Veritas / Une nouvelle stratégie pour passer à la vitesse supérieure
Ce mercredi matin, à la Maison de l’Artisanat dans le VIIIe arrondissement de Paris, les analystes financiers et les investisseurs de Bureau Veritas s’étaient déplacés en nombre. Le séminaire investisseurs du groupe spécialiste des tests, de l’inspection et de la certification (TIC) était animé pour la première fois par Hinda Gharbi en ses qualités de directrice générale depuis sa prise de fonction en juin dernier. Surtout, il aura été l’occasion pour la dirigeante de présenter le dernier plan stratégique du groupe pour les cinq prochaines années : "LEAP I 28".
Le but est en tout cas clairement affiché. "Nous visons à atteindre un nouveau niveau de croissance et de performances", a assuré la patronne de Bureau Veritas. En clair, ces dernières années, la trajectoire du groupe a consisté à accélérer sa diversification et à renforcer sa résilience. Chose faite, puisque le groupe possède un large spectre d’activités, est présent sur tous les continents et que ses publications financières font état d’une croissance régulière et rentable.
Désormais, il s’agira de changer d’échelle. Pour ce faire, la stratégie s’articulera autour de trois piliers que sont la pertinence du portefeuille, une exécution opérationnelle méthodique et modernisée et une évolution des méthodes de ressources humaines. Tout ceci sera guidé par un fil rouge, celui de la durabilité. Et reposera aussi sur une vision assumée, celle de placer les clients au cœur de l’action. "Bureau Veritas doit être le partenaire privilégié de ses clients qui veulent atteindre l’excellence et la durabilité", a soutenu Hinda Gharbi. Des clients accessibles au travers d’un marché significatif, puisque les TIC en représentent un de 300 milliards de dollars. Au travers de ses activités, le groupe peut viser d’accéder à près de la moitié.
Des axes clairs
Dans le détail, les piliers du plan stratégiques pourront s’appuyer sur des leviers bien définis. S’agissant du portefeuille, le groupe adoptera une triple approche. Tout d’abord, Bureau Veritas veut renforcer sa position de leader dans ses "bastions" existants, comme la construction et les infrastructures ou la certification. Ceci se fera au travers d’une combinaison de croissance organique et externe. Ensuite, de nouveaux bastions de croissances seront aussi créés, grâce à des investissements dans des secteurs stratégiques à forte croissance, à l’instar de la durabilité, donc, mais aussi de la transition énergétique ou de la cybersécurité. Enfin, il s’agira d’optimiser la valeur du reste du portefeuille à la faveur, notamment, d’une politique de fusions acquisitions active et de la sophistication du reste des activités. Concernant celles qui ne répondent pas aux critères de performances financières, elles feront l’objet de programmes d’amélioration ou d’optimisation.
Du côté de la performance, deux moyens d’action ont été identifiés par le groupe. Il y a le levier opérationnel et les effets d’échelle, qui s’appuieront sur l’amélioration de la gestion, la modernisation et le développement de nouveaux processus grâce aux technologies. Deuxièmement, l’innovation : les investissements du groupe dans les systèmes d’information évolutifs seront mis à profit, tandis que l’accent sera aussi mis sur la captation de données afin de permettre aux collaborateurs, présents sur le terrain ou dans les laboratoires, de fournir de meilleurs services. Tout ceci sans laisser de côté l’intelligence artificielle évidemment, qui permettra aussi de répondre aux besoins émergents des clients ou de créer de nouveaux services. Objectif : gagner jusqu’à 100 points de base de levier opérationnel et jusqu’à 80 points de base d’effet d’échelles à l’horizon 2028.
Développer les compétences
Enfin, Bureau Veritas a pour ambition de faire évoluer sa stratégie en matière de ressources humaines. Avec 83 000 collaborateurs à son actif, dont 72 % sont nés à l’ère du numérique, le groupe sait bien qu’il fait face à un contexte qui évolue rapidement. Il faudra donc accélérer la croissance de sa base de talents, mais en s’assurant surtout de les former aux besoins actuels (soit la durabilité, la transition énergétique et le digital).
Des objectifs stratégiques évidemment assortis de prévisions financières. Sur les cinq prochaines années, la croissance organique, l’accélération dans le M & A et la montée en gamme du portefeuille devraient permettre d’atteindre une croissance, à taux constant, "high single digit". L’exécution axée sur la performance offrira à la marge opérationnelle de quoi être en amélioration constante, tandis que la génération de cash devrait permettre de proposer un taux de conversion des flux de trésorerie supérieur à 90 %. Les différents objectifs de Bureau Veritas pourront s’appuyer sur une structure financière solide pour y parvenir. "La plus saine que nous n’ayons jamais eue", s’est d’ailleurs félicité le directeur financier du groupe, François Chabas. Mais aussi sur une gouvernance bien ajustée à la feuille de route, alors que le groupe a réorganisé son comité exécutif au fil de l’année passée afin de s’aligner sur ses orientations stratégiques.
Des retours pour les actionnaires
Et puis, certaines tendances de fond viendront aussi porter l’activité du groupe. Il y a la durabilité, évidemment, ce que Bureau Veritas a compris en lançant sa "Ligne Verte" il y a plusieurs années, soit son ensemble de services et de solutions dédiés à la matière et qui couvre désormais plus de la moitié des facturations du groupe. Mais celle-ci côtoie également la digitalisation, la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement ou encore l’urbanisation : autant de vecteurs de croissance dont les divers secteurs d’activité de Bureau Veritas pourront profiter.
De quoi créer de la valeur et notamment pour les actionnaires, alors que sur la période 2024-2028, un rendement annuel à deux chiffres sera visé pour ces derniers. Le groupe a par ailleurs l’intention de racheter ses propres actions pour un montant maximum de 200 millions d’euros en 2024, et ceci à l’aide de ses ressources disponibles.
Vaste programme à venir d’ici à 2028, donc. Mais Hinda Gharbi d’assurer : "LEAP I 28 est un nouveau pivot pour Bureau Veritas. À la fin de ce plan stratégique, le groupe fêtera d’ailleurs ses 200 ans". À la Bourse de Paris, les opérateurs de marché semblent en tout cas y croire : dès l’ouverture de la séance, le titre gagnait plus de 5 %, pour continuer à évoluer en territoire positif jusqu’à la clôture.
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