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Macro-économie / Taux / conseil d'orientation des retraites / Gilbert Cette

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conseil d'orientation des retraites / Gilbert Cette

Retraites : pour ses prévisions, le COR pourrait changer ses hypothèses sur la productivité / Pourquoi c’est important

Alors qu’elle se réunit demain dans le cadre de la préparation de son rapport annuel, l’instance chargée de tracer des perspectives pour le régime des retraites au cours du demi-siècle à venir pourrait amender son hypothèse faite à propos d’un paramètre essentiel : l’évolution de la productivité du travail.
Gilbert Cette, président du Conseil d'orientation des retraites - Leemage via AFP
Gilbert Cette, président du Conseil d'orientation des retraites - Leemage via AFP

Des hypothèses concernant l’un des soubassements de la projection effectuée chaque année par le Conseil d’orientation des retraites (COR) pourraient être remises en cause. D’après Le Monde, son président, l’économiste Gilbert Cette, va proposer une nouvelle méthodologie pour concevoir le rapport de l’instance chargée d’analyser et de suivre les perspectives à moyen et long termes du système de retraite français, notamment en révisant les hypothèses ayant trait à la productivité du travail.

 

Aujourd’hui, les prévisions du COR s’appuient sur quatre scénarios en matière de croissance annuelle de la productivité du travail : 0,7 %, 1 %, 1,3 % et 1,6 %. Le président du COR souhaiterait ajuster vers le bas l’éventail des possibilités, la croissance serait ainsi comprise entre 0,4 % et 1,3 %. Le chiffre de 1 % ne serait ainsi plus le scénario central, ce serait 0,7 %, soit les gains de productivité du travail annuels moyens observés en France entre 2005 et 2019 (ils se sont établis à 0,4 % entre 2005 et 2022, du fait de la contraction de la productivité depuis le début de la crise pandémique).

 

L’hypothèse sur le comportement de la productivité du travail d’ici à 2070 est très importante pour les prévisions du COR, bien plus que celle sur le taux de chômage. C’est l’un des déterminants de l’évolution du poids des dépenses de retraites dans le Produit intérieur brut (PIB), variable qui est mue par deux forces contraires et dont dépend le solde du régime. D’une part, la France est confrontée à un vieillissement démographique avec un rapport cotisants/retraités qui devrait passer de 2,1 au début des années 2000 à 1,4 en 2070, ce qui tend à influer à la hausse sur le ratio "dépenses de retraites / PIB".

 

Toutefois, cet effet est d’autant plus atténué que la croissance annuelle de la productivité du travail est forte. Étant indexées, les pensions de retraite de base progressent au même rythme que les prix à la consommation quand, sur longue période, la croissance annuelle des salaires nominaux des actifs (sur lesquels sont prélevées les cotisations sociales) s’affiche au même niveau que la somme de l’inflation et des gains de productivité du travail : ce décrochage de la pension moyenne par rapport au revenu moyen pèse à la baisse sur le ratio "dépenses de retraites / PIB".

 

Si le COR retient une hausse moins élevée de la productivité du travail, cette seconde force sera moins de nature à contrebalancer le vieillissement démographique et donc à contenir le niveau des dépenses dans le PIB, ce qui tendra à aggraver le déficit.

 

Joint par WanSquare, Gilbert Cette dit ne pas vouloir s’exprimer sur le COR avant la publication du nouveau rapport en juin prochain, "par loyauté envers cette institution". Rappelons que le COR compte 41 membres parmi lesquels on trouve des parlementaires, des représentants des organisations professionnelles et syndicales, des retraités et des familles, des membres de l’administration ainsi que des experts.

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