Macro-économie / Taux / conseil d'orientation des retraites / Gilbert Cette / Déficit
Macro-économie / Taux
conseil d'orientation des retraites / Gilbert Cette / Déficit
L’excédent du système de retraite repartirait aussi vite qu’il est arrivé / Les revalorisations des pensions pèsent lourd dans la balance
Trois petites années et puis s’en va. L’excédent de 0,1 % dégagé l’an passé par le système des retraites céderait sa place à un déficit dès cette année, à en croire le rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR). L’optimisme n’est pas de mise pour les années futures, en témoigne ce constat que "la part des dépenses de retraite dans le PIB augmenterait légèrement dans le scénario de référence pour s’établir à 13,7 % en 2030". Un ratio plus important que celui dévoilé l’an passé et ce de "l’ordre de 0,2 point, sur toute la période de projection, en raison notamment des révisions macroéconomiques intervenues depuis".
La baisse de la proportion des dépenses la verrait être ramenée à 13,2 % en 2070, maigre consolation puisque les ressources ne seront plus que de l’ordre de 12,4 % du PIB à cette date, contre 13,6 % aujourd’hui. À court terme ce sont d’autres évènements qui ont poussé le COR à tabler sur un déficit, il s’agit des revalorisations des pensions ; tant "celle du 1er novembre 2023 à l’Agirc-Arrco (4,9 %)" que celle "du 1er janvier 2024 pour les régimes de base (+5,3 %) ".
Un triptyque est évoqué pour expliquer que le PIB progresse de façon plus dynamique que les ressources. Il est question de la baisse de la contribution d’équilibre du régime de la fonction publique de l’État et ainsi d’une baisse de ses dépenses (-0,9 point de PIB à l’horizon 2070). Un effet négatif est également envisagé en raison "de la baisse de la part des traitements indiciaires des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers dans la masse totale des rémunérations" (-0,2 point de PIB en 2070) et enfin d’une diminution des contributions externes tant de la branche famille que de l’assurance chômage en raison d’un moindre nombre d’enfants et de chômeurs (environ -0,1 point de PIB à l’horizon de projection).
Durable
Plusieurs raisons sont évoquées pour expliquer que les résultats du scénario de référence apparaissent un peu plus dégradés que ceux du scénario 1,0 % du rapport annuel de 2023. Trois arguments majeurs ont été évoqués par les équipes du COR ; premièrement il s’avère que "l’amorçage macroéconomique est moins bon (-0,6 point en 2024 et -0,3 point en 2025)", il est également question que "la convergence sur les paramètres de long terme soit faite en 2040 et non plus dès 2032" et enfin le basculement d’un exercice d’actualisation à un exercice complet de projections "a nécessairement entraîné des révisions de trajectoire pour les régimes ne participant habituellement pas à l’exercice d’actualisation ".
Les effets de la réforme de 2023 sont quant à eux quantifiés et les écarts de dépenses en points de PIB permettraient d’économiser de l’argent durant les prochaines années avant d’en coûter à compter de 2050. Dans le même temps l’âge moyen de départ à la retraite augmenterait pour tendre vers 64,5 ans.
Ne pas s’emballer
Interrogé sur les implications de l’intelligence artificielle sur les travaux du COR, son président Gilbert Cette a rappelé que "les effets sur la croissance de long terme ne font pas consensus, loin de là", prenant comme exemple la récente publication d’Acemoglu sur le sujet. Les précédents historiques l’incitent également à la plus grande prudence sur le sujet.
Cette dernière est également de mise concernant les hypothèses touchant aux évolutions démographiques et économiques, en raison de leurs "effets significatifs sur les projections financières". Le scénario exploré s’appuie sur les hypothèses démographiques centrales de l’Insee, ces dernières faisant notamment état d’une fécondité de 1,8 enfant par femme, d’un solde migratoire net de 70 000 personnes par an ou encore "d’une croissance annuelle de la productivité horaire du travail de 1,0 % (à partir de 2040) et d’un taux de chômage de 5,0 % (à partir de 2030)".
Le COR devrait également être actif dans les prochains mois et semaines et va notamment travailler sur la question des réserves des régimes. Gilbert Cette posant la question sur l’existence d’un bon niveau de réserves.
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