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Effervescence autour de Rubis / Un troisième investisseur sort du bois
Rubis est l’objet depuis quelques semaines d’une effervescence inédite. Après l’irruption fin mars de Vincent Bolloré au capital de l’opérateur français indépendant du secteur de l’énergie ce sont tour à tour Patrick Molis, via sa société Compagnie Nationale de Navigation, et maintenant l’investisseur canadien Ronald Säman, qui ont franchi à la hausse le seuil de 5% du capital de l’entreprise.
Sachant que Groupe Industriel Marcel Dassault détient également, depuis longtemps déjà, une participation du même ordre de grandeur, et si l’on exclut le gérant américain BlackRock (qui en détient 5,85%), ce sont donc pas moins de quatre actionnaires structurants qui se bousculent désormais au capital de la société. Un soudain intérêt qui a d’ailleurs totalement réveillé le cours de Bourse de Rubis, celui-ci affichant un bond de 35% sur un mois et de 50% depuis le début de l’année, soit la meilleure performance du SBF 120.
Ronald Säman, fils du chimiste Julius Sämann, l’inventeur des "arbres magiques" utilisés pour parfumer les voitures, s’était déjà fait remarquer lors de l'assemblée générale des actionnaires de Rubis en 2023 en exprimant son désaccord avec le récent virage stratégique pris par la société de se développer dans la production d’électricité photovoltaïque. Tandis que dans le même temps, le groupe vient de se désengager de l’un de ses métiers historiques avec la récente cession de sa participation majoritaire dans sa filiale Rubis Terminal, spécialisée dans le stockage de produits liquides (pétroliers, chimiques, agroalimentaires et engrais).
Cet actionnaire de longue date, présent au capital de Rubis depuis au moins 2006, souhaiterait par ailleurs avoir plus de visibilité sur la manière dont l'entreprise née en 1990 compte assurer la succession de son fondateur, Gilles Gobin.
Sur ce point, le fait que Clarisse Gobin-Swiecznik, la fille de Gilles Gobin, ait rejoint la gérance en 2023 de cette société en commandite après en avoir été nommée directrice générale déléguée en 2021 peut cependant constituer un premier élément de réponse. Cela montre que Rubis s’organise progressivement sur cette question. De même avec la récente nomination de Marc Jacquot en tant que directeur financier, succédant à Bruno Krief, l’un des trois personnages clés avec Gilles Gobin et Jacques Riou.
Toujours est-il que ni Vincent Bolloré, ni Patrick Molis, ni Ronald Säman n’ont révélé leurs intentions quant à l’évolution de leur participation dans Rubis. C’est une particularité de la réglementation boursière française, qui, à la différence de ses homologues européennes, n’exige pas de déclaration d’intention en dessous du seuil des 10%.
Bien sûr, le statut juridique de société en commandite par action de Rubis, qui permet aux associés commandités de garder le contrôle et la gestion de la société quoi qu’il advienne, protège a priori la société de toute attaque hostile. L'histoire a montré toutefois que ce type d'obstacle n'était pas totalement rédhibitoire pour Vincent Bolloré, dont la persévérance lui a permis de venir à bout (en six mois) de la commandite de Lagardère, même si le contexte était différent.
Sans parler de vélléités de prise de contrôle à ce stade, si l’homme d’affaires breton a vendu toute ses activités africaines et de logistique en deux temps, à l’armateur MSC puis à Rodolphe Saadé, il lui reste en revanche en portefeuille sa filiale Bolloré Energy. Un métier qu’il pourrait être tenté, pourquoi pas, d’apporter à Rubis, en échange d’une participation à définir. Un schéma certes hypothétique mais que Vincent Bolloré affectionne. C’est en apportant Havas à Vivendi qu’il était par la suite devenu le premier actionnaire du géant français des médias.
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