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Rubis s’apprête à remodeler son conseil de surveillance / Et fait le tri parmi les activistes

A l’approche de l’assemblée générale de Rubis qui aura lieu début juin, la future composition du conseil de surveillance de l’opérateur français indépendant du secteur de l’énergie se dessine. Plusieurs changements sont envisagés, dont la possible nomination de l’activiste Ronald Sämann. Le groupe a rejeté en revanche les demandes de Patrick Mollis, dont les intentions sont jugées résolument hostiles.
Rubis devrait bientôt accueillir de nouveaux administrateurs à son conseil de surveillance - DR
Rubis devrait bientôt accueillir de nouveaux administrateurs à son conseil de surveillance - DR

Les choses s’organisent en vue de l'assemblée générale du 11 juin prochain de Rubis. Avec d’ores et déjà une certitude, l’événement va donner lieu à un remaniement significatif du conseil de surveillance de l’entreprise, un enjeu renforcé par la récente effervescence autour de son capital.

Ce conseil devrait s’élargir, passant de dix à 12 membres, dont quatre nouveaux entrants. Il se trouve que quatre mandats arrivent de toute façon à échéance : ceux de Laure Grimonpret-Tahon, de Nils Christian Bergene, Hervé Claquin et Erik Pointillart. Mais le conseil de surveillance de l’entreprise, s’appuyant sur les travaux de son comité des rémunérations et des nominations, a décidé de proposer le renouvellement des deux premiers, qui constituent des membres clés : Laure Grimonpret-Tahon en tant que présidente comité des rémunérations et des nominations, Nils Christian Bergene étant, lui, le président du conseil de surveillance, tout en étant membre des deux comités et président du comité d’Audit et RSE. L’un comme l’autre conserveraient donc leurs fonctions si les résolutions proposées par la société sont approuvées.

Pour succéder à Hervé Claquin et Erik Pointillart, Rubis a proposé les candidatures de Michel Delville et Benoît Luc, "retenues au terme d’un processus de sélection rigoureux mené par un cabinet indépendant sur la base de critères précis et exigeants", indique l’entreprise.

 

Une grande experte du secteur de l’énergie

 

Qui sont les deux membres supplémentaires ? Il s’agit d’abord d’Isabelle Muller, dont la candidature avait été retenue au premier trimestre 2024 par le comité des rémunérations et des nominations après une sélection par un cabinet spécialisé. Celle-ci "apporterait au conseil sa grande expérience du secteur de l’énergie, notamment sur les questions de transition énergétique, et une très grande connaissance des relations avec les pouvoirs publics français et européens sur l’ensemble des problématiques énergétiques intéressant un groupe comme Rubis", souligne le groupe. De fait, Isabelle Muller a à son actif un long parcours chez TotalEnergies, puis a activement contribué aux politiques et réglementations de transition énergétique et climatique européennes et françaises, et a participé à plusieurs COP et développé des collaborations avec la commission européenne. Nommée membre du conseil National de la transition énergétique CNTE (2015-2021) elle a été Présidente de commissions Medef (Environnement, puis Énergie Compétitivité Climat, 2012-2021) et présidente d’un comité professionnel.

Le potentiel douzième membre du conseil est plus inattendu. Il s’agit de l’homme d’affaires Ronald Sämann, actionnaire de longue date, qui a récemment franchi les 5 % du capital. Que le conseil de surveillance de Rubis soit favorable à sa nomination peut paraître surprenant compte tenu de son profil activiste. Il critique depuis plusieurs années le manque de prise en compte de la voix des actionnaires dans les décisions stratégiques prises par l’entreprise, doutant notamment du bien-fondé de la diversification du groupe dans le photovoltaïque lors de l’acquisition de la société Photosol.

Soutenir sa candidature peut donc s’interpréter comme un signe d’ouverture respectant le rôle dévolu au conseil de surveillance. Dans la situation particulière de Rubis qui a une structure de gouvernance en commandite, ce rôle est de représenter les actionnaires commanditaires, et d’assurer le contrôle permanent de la gestion de la société, pilotée par les deux fondateurs Gilles Gobin et Jacques Riou, rejoints en 2022 par Clarisse Gobin-Swiecznik. A cet égard, Ronald Sämann "a eu l’occasion de s’entretenir avec le Président et a démontré une volonté de dialogue constructif", a indiqué mardi la société.

 

Visée hostile

 

Mais si le groupe accepte la contradiction de la part d’un actionnaire de long terme, il n’est pas disposé à laisser un actionnaire tout juste entré à son capital dicter sa loi. C’est pourquoi le conseil de surveillance a émis un avis négatif à l’encontre de l’ensemble des projets de résolutions proposées par la Compagnie Nationale de Navigation (CNN), contrôlée par Patrick Molis et nouvellement actionnaire de Rubis, qui a demandé quatre poste au conseil de surveillance, dont lui-même.

"La démarche de CNN, entrée très récemment au capital, intervient sans volonté de dialogue constructif préalable", souligne Rubis. "Elle vise une prise de contrôle du conseil, de nature résolument hostile et contraire à l’intérêt de Rubis, alors que cet actionnaire ne dispose que d’une participation d’environ 5 %", ajoute l’entreprise. Le conseil de surveillance fait valoir que "CNN ne motive à aucun moment l’apport de ses quatre candidats aux travaux du conseil alors qu’un seul d’entre eux bénéficie d’une expérience dans une société cotée comparable à Rubis". Il estime en outre ne pouvoir "se prononcer sérieusement sur ces profils en raison des informations très limitées partagées par CNN et du calendrier contraint dans lequel ces candidatures ont été soumises".

Les intentions des activistes et la réponse de la société à leurs demandes sont donc publiques désormais. Reste l’inconnue autour de ce que souhaite faire Vincent Bolloré de sa récente participation acquise dans l’entreprise. Il n’est pas certain cependant que celui-ci ait l’intention de jouer un rôle particulier, ayant pour l’instant indiqué qu’il s’agissait d’un investissement à vocation financière.

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