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Rubis vers une assemble générale déjà historique / L’occasion d’y voir plus clair sur les intentions des nouveaux actionnaires
L’activité opérationnelle de Rubis est plus calme que son actualité capitalistique. Si la récente arrivée d’investisseurs – et non des moindres – à son tour de table a provoqué une certaine effervescence autour de Rubis, dont le cours de Bourse gagne plus de 40 % depuis le début de l’année, la marche de ses affaires suit une trajectoire moins spectaculaire.
La baisse de 5 % du chiffre d’affaires enregistrée au premier trimestre 2024 par l’opérateur français indépendant du secteur de l’énergie n’est certes pas à prendre au pied de la lettre dans la mesure où son évolution dépend largement des cotations pétrolières.
Outre la confirmation de l’objectif de stabilité du résultat net en 2024, on retiendra en revanche que les volumes de l’activité historique de distribution de produits pétroliers, GPL et bitumes, ont progressé de 4 % de janvier à mars, avec, comme en 2023, un dynamisme de la zone des Caraïbes dans la distribution de carburants. Dans le même temps, la croissance du GPL a été soutenue par la demande élevée du vrac au Maroc et en Afrique du Sud. Le bémol provient de l’Afrique qui pâtit d’une économie sous pression au Kenya et de vents contraires dans le bitume au Nigeria.
S’agissant de l’activité Support & Services, qui comprend le négoce-approvisionnement et le transport maritime, la baisse de 13 % du chiffre d’affaires pourrait surprendre, tandis que les volumes et les marges sont en repli respectivement de 28 % et de 23 %. Rien d’inquiétant cependant du fait que la base de comparaison était très élevée par rapport à un premier trimestre 2023 qui avait bénéficié d’importantes livraisons de brut. Il se trouve que cette année, " les livraisons devraient reprendre seulement au deuxième trimestre", explique le groupe.
Reste l’activité de production d’électricité renouvelable, à laquelle est dévolu le rôle de relais de croissance. Un virage stratégique pris voici deux ans lors du rachat de la société Photosol, récemment confirmé avec la vente récente de la participation majoritaire dans la co-entreprise de stockage Rubis Terminal. Dans ce domaine (du renouvelable), le chiffre d’affaires s’est inscrit en baisse de 5 %, à 8 millions d’euros, et la hausse des capacités installées s’est limitée à 3 % à fin mars par rapport à fin décembre. Des variations qui " interpellent par rapport aux ambitions affichées", note le cabinet d’analystes Oddo BHF.
Il est fort possible d’ailleurs, que l’actionnaire activiste Ronald Sämann, qui avait manifesté son désaccord avec la stratégie photovoltaïque de l’entreprise lors de l’assemblée générale des actionnaires en 2023, réitère ses critiques à l’occasion de la prochaine qui se tiendra le 11 juin.
Nul doute en tout cas que l’événement sera suivi avec davantage d’intérêt que les années précédentes, compte tenu de la récente irruption au capital du groupe de Vincent Bolloré. La réunion devrait susciter davantage de questions sur la stratégie et la structure de gouvernance par commandite, des éléments qui avait plutôt eu tendance à peser sur la valorisation jusqu’à une date très récente. Elle pourrait permettre aussi et surtout d’y voir plus clair sur les intentions des nouveaux actionnaires.
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