Fintech / Seyna / Stephen Leguillon / Assurtech
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Seyna / Stephen Leguillon / Assurtech
Seyna compte bien aller chercher son titre de champion européen / Une stratégie définie et des fondamentaux solides pour poursuivre la croissance de l'assurtech
Si les entreprises innovant dans les secteurs financier, bancaire et de l’assurance n’ont pas tiré leur épingle du jeu auprès des investisseurs en 2023, celles qui ont des modèles d’affaires reposant sur de solides fondamentaux n’ont pas eu de peine à ce que leur activité traverse ce creux. Pour preuve, l’assurtech Seyna, qui joue la carte de la transparence en publiant jeudi ses résultats, a atteint les 71 millions d’euros de primes émises en 2023. Soit une croissance de 55 % sur un an et une multiplication par quatre depuis 2021.
Dans le détail, la technologie de Seyna vise à accompagner les courtiers en assurance au travers d’une proposition claire. Soit celle de fournir une solution de conception de produits d’assurance sur-mesure et ainsi que des outils logiciels permettant de digitaliser et de faciliter leurs opérations.
La valeur ajoutée
Aujourd’hui, sur la plateforme Saas (Software as a Service) de Seyna, ses plus de 100 clients peuvent y retrouver diverses solutions, allant de la création de produits d’assurance aux solutions de souscription et de conformité, en passant par des outils de gestion de polices. En clair, tout ce qui permet d’optimiser leur croissance et le pilotage de leurs opérations. "La valeur ajoutée pour nos clients est l’ensemble de cet écosystème technologique", assure Stephen Leguillon, CEO de Seyna, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.
Sur ses produits assurantiels, les verticales sont nombreuses. Il y a l’affinitaire, pour accompagner les courtiers sur des problématiques de voyage, de biens de consommation, d’automobile ou de loisirs. Un segment d’offres affinitaires personnalisées sur lequel l’entreprise se revendique leader et qui a rencontré une croissance de 49 % en 2023. Il y a aussi la garantie des loyers impayés et caution, ou encore la santé animale, qui possède un certain potentiel de croissance. Seuls 8 % des animaux de compagnie sont par exemple assurés en France, contre près de 80 % en Suède.
S’imposer sur la santé
Enfin, la santé : Seyna a obtenu son agrément en la matière il y a un an et a depuis noué de nombreux partenariats stratégiques avec des poids lourds, comme April, Soluprev ou Yonivers. "Cela représente pour l’instant 10 % de notre activité, et devrait atteindre 30 % l’année prochaine", prévoit Stephen Leguillon.
L’année passée aura aussi été l’occasion pour Seyna d’accélérer sur le plan de la dynamique commerciale. Marsh, Allianz ou encore Willis Tower Watson font notamment partie de ceux qui utilisent la plateforme de l’entreprise. Mais 2023 a aussi été marquée par le développement européen de la start-up en Allemagne, en Espagne ou en Pologne. La stratégie est lisible. Elle consiste pour l’instant à accompagner ses partenaires sur d’autres géographies. En 2024, elle restera alignée, en répondant à des programmes paneuropéens. La suite consistera à ouvrir des bureaux, pour s’implanter seul sur ces marchés – sûrement à l’horizon 2026.
Tout pour la technologie
L’objectif, dans tous les cas, reste de construire un leader européen. Alors Seyna, agrément de l’ACPR pour ses activités d’assurance dommage dans la poche depuis son lancement en 2019, fait en sorte de le devenir. L’entreprise consacre par exemple plus de la moitié de ses dépenses à l’investissement dans sa technologie. Outre l’expansion géographique, la start-up compte aussi développer ses verticales d’activités assurantielles. Le changement climatique, les risques cyber, la rationalisation des prix… les réservoirs de croissance sont nombreux.
Concernant sa rentabilité, si le sujet a été récurrent au fil de l’année passée dans l’écosystème Tech français, Seyna fait le choix de ne pas en faire une finalité de court terme, mais de continuer à investir fortement dans la technologie pour devenir le leader européen. "Notre modèle économique est désormais prouvé. Nous sommes financièrement maîtres de notre destin, nous avons les fonds propres nécessaires pour être indépendants et pouvoir investir dans notre futur. C’est parce que nous avons ce choix que ce critère est moins primordial pour Seyna", observe Stephen Leguillon.
Un facilitateur
De fait, sa proposition séduit, en ce qu’elle permet d’augmenter les revenus et la rentabilité des courtiers grâce à l’automatisation de tâches administratives et de conformité, tout en leur offrant la possibilité de construire des produits personnalisés. En clair, de se concentrer sur leur clientèle. Fort de 47 millions d’euros de financements déjà obtenus auprès des fonds GFC, White Star Capital et Elaia, Seyna se targue désormais de protéger près de deux millions d’assurés.
Ce qui a convaincu ses investisseurs ? "Certains business ont le potentiel de transformer tout un secteur. Plutôt que de tenter de remplacer l’existant, ces entreprises se positionnent généralement comme des [facilitateurs] transformant radicalement les opérations des acteurs établis. Elaia a vu ce potentiel chez Mirakl, ou Shift Technology, et le décèle aujourd’hui chez Seyna", explique Armelle De Tinguy, partner chez Elaia, à l’occasion de la publication des résultats de l’assurtech. "Au 1er janvier 2024, notre ratio de solvabilité s’affiche à 233 %", souligne de son côté Stephen Leguillon. Comme quoi, crise ou pas, cela reste toujours une question de business model à la fin.
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