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Droit des sociétés / Cabinet d'avocats d'affaires / Jeantet / Catherine Saint-Geniest / Droit de l'immobilier

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Cabinet d'avocats d'affaires / Jeantet / Catherine Saint-Geniest / Droit de l'immobilier

exclusif Jeantet, un cabinet d’avocats d’affaires aux allures d’entreprise / Catherine Saint Geniest, une co-managing partner qui se plait à imaginer la société de demain

EXCLUSIF. La responsable du département immobilier de Jeantet (et pionnière dans la pratique en France) n’est pas seulement co-managing partner du cabinet d’avocats d’affaires, elle est aussi une fervente défenseuse du bien-être des collaborateurs et de la promotion des talents. Depuis le début de son mandat en janvier 2019, elle n’a cessé de mettre en place des programmes valorisant les apporteurs d’affaires et le travail des collaborateurs ou favorisant la place des femmes. Il faut dire que cette native de Toulouse fut à bonne école chez Rambaud Martel, son premier cabinet d’avocats parisien, où elle fut nommée associée à seulement 30 ans.
Catherine Saint-Geniest, Jeantet (©Jeantet)
Catherine Saint-Geniest, Jeantet (©Jeantet)

En 2024, Jeantet fête ses 100 ans. "Ce n’est pas si commun pour un cabinet d’avocats d’affaires français. Seul Gide a eu aussi 100 ans pendant la crise sanitaire", nous explique Catherine Saint-Geniest, co-managing partner depuis janvier 2019 et qui terminera son deuxième mandat à la fin de l’année. "Chez Jeantet, le choix des dirigeants se fait par un vote à bulletin secret : un associé, une voix. Là aussi il s’agit d’une particularité de notre cabinet, les grandes firmes anglo-saxonnes désignant le plus souvent leur managing partner français en comité exécutif voir directement par les fondateurs eux-mêmes", souligne la responsable du département immobilier du cabinet.

 

Avoir une âme

 

Sous son mandat, Jeantet aura profondément évolué, se muant en une véritable PME. "Nous avons instauré un conseil des associés composés de sept membres. C’est lui qui gère les relations avec les 36 associés du cabinet et détermine leur rémunération. Rémunération que nous avons d’ailleurs fait évoluer afin de mieux valoriser les apporteurs d’affaires et afin de la rendre la plus transparente possible. Des primes sont aussi octroyées aux collaborateurs. Nous avons renforcé "Jeantet Femmes", avec par exemple la mise en place de toute une série de programmes, tels que le mentoring ou la prise de parole. Nous estimons également important de promouvoir nos talents externes et nous avons mis en place un parcours d’excellence à destination des collaborateurs pour identifier très tôt ceux que nous pensons prometteurs ", détaille Catherine Saint Geniest qui se plaît à officier dans un cabinet qui a "une âme". "Jeantet a une vraie vie d’entreprise. Nous organisons beaucoup d’évènements internes, des dîners, des soirées. Nous souhaitons favoriser les échanges afin que chaque avocat ne travaille pas seul dans son coin, tout en favorisant l’esprit entrepreneurial. Soucieux du bien-être de nos salariés, nous avons même quitté en 2020 nos bureaux historiques situés au 87 avenue Kleber, juste avant la crise sanitaire, pour leur offrir un cadre de travail encore plus agréable ", se félicite l’avocate de 62 ans.

 

Se faire une place

 

Une méthode qui a permis au cabinet de gagner en rentabilité sans pour autant avoir à procéder à des investissements financiers trop lourds. "Nous avons réaffecté des postes en accompagnant les changements de carrière, notamment pour notre équipe de documentation qui travaille aujourd’hui à la communication de Jeantet", fait-elle remarquer.

Ses fonctions managériales n’ont toutefois pas fait oublier à Catherine Saint Geniest son métier d’avocate. Et comment le pourrait-elle ? Fille d’avocate, petite-fille de notaire (son grand-père a fondé l’école notariale de Toulouse), sa voie était pour ainsi dire toute tracée dès son plus âge. Néanmoins, après ses études de droit, elle quittera son Sud-Ouest natal pour s’installer à Paris. "Je savais que je n’avais pas de place pour m’épanouir professionnellement à Toulouse. Toute ma famille y exerçait", confie l’ancienne membre du Conseil de l’ordre du barreau de Paris et professeur à l’Ecole de formation professionnelle des Barreaux de la cour d’appel de Paris.

 

Pionnière en droit immobilier

 

C’est ainsi qu’une fois le certificat d’avocat en poche, en 1985, elle intègre un an plus tard le cabinet Rambaud Martel à Paris. "Le cabinet était très réputé pour son expertise en droit boursier et en M & A. L’un de ses fondateurs, Jean-François Rambaud, était quant à lui un expert du droit de la construction. Il m’a donc proposé de construire la pratique de droit immobilier qu’aucun avocat n’exerçait à Paris à l’époque", relate Catherine Saint Geniest.

Celle qui fut élève à l’école des Chartes fera de cette spécialité sa passion. "Mon métier s’apparente beaucoup à celui d’un architecte mais d’un point de vue juridique. J’aime marcher dans la rue et penser que j’ai participé à la construction de certains bâtiments ou de certaines enseignes. J’en tire une vraie satisfaction personnelle", exprime-t-elle. Et en presque 40 ans d’exercice, l’associée ne semble toujours pas se lasser. "Le droit immobilier évolue avec la société. Aujourd’hui, avec les enjeux économiques, climatiques et démographiques, l’on parle beaucoup d’espaces de co-working, de co-living, etc. Il n’est pas rare de voir des logements neufs mêlés un centre de fitness ou un centre médical. Mon travail consiste aussi à imaginer la vie en société de demain", expose l’avocate qui a créé le cercle des cabinets d’avocats d’affaires français et est membre des RICS (Royal Institution of Chartered Surveyors, association internationale visant à réglementer, valoriser, promouvoir et développer les professions liées à l’immobilier et à la construction). "Je dis toujours aux jeunes avocats qui commencent leur carrière : ‘soyez de très bons techniciens mais nourrissez-vous d’autres expériences, sortez de vos dossiers, soyez présents à l’extérieur de votre cabinet’", insiste-t-elle.

 

Accompagner la ville du futur

 

Chez Rambaud Martel, elle s’épanouira pleinement. Si bien qu’elle acquerra une grande expérience dans tous les aspects du droit de l’immobilier : en conseil (opérations immobilières complexes, externalisation de patrimoine immobilier, rédaction et négociation de baux, cession de droit au bail, etc) et en contentieux (contentieux de la vente d’immeuble, fixation du loyer renouvelé, de l’indemnité d’éviction, procédures liées à la présence de matériaux dangereux dans les locaux loués, etc).

Elle sera donc promue associée à 30 ans. "Le cabinet était très attentif à la promotion des jeunes avocats ", rappelle Catherine Saint Geniest. Parmi ses dossiers de l’époque, l’on retrouve l’établissement public Charbonnages de France, Docks de France, le groupe industriel Pechiney. "C’était aussi le tout début de la téléphonie mobile. J’ai accompagné Bouygues Telecom dans son déploiement. D’un point de vue immobilier, le chantier était gigantesque car il fallait gérer les relais, concevoir les modes d’occupation des réseaux. Nous avons fait émerger 300 boutiques en seulement trois ans ", se souvient l’associée qui aura eu aussi à traiter le dossier de l’amiante ou encore le rachat de la société Marks & Spencer France par les Galeries Lafayette.

Toutefois, en 2005 lorsque le cabinet s’adosse à l’américain Orrick, plusieurs associés décideront de partir. Catherine Saint-Geniest restera quant à elle jusqu’en 2013, jusqu’à comprendre que la pratique de droit immobilier n’est plus jugée essentielle par la firme. "J’ai alors souhaité retrouver l’esprit entrepreneurial", explique-t-elle.

Elle rejoindra ainsi le cabinet Jeantet, et là aussi pour y créer le département immobilier. Aujourd’hui, l’on compte dans ses dossiers, l’enseigne de fitness, Basic Fit, cotée à Amsterdam, le Club Med, la Française, etc, et elle travaille aussi avec de nombreux industriels sur leurs réaménagements de sites.

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