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Droit des sociétés / Hogan Lovells / Portrait avocat / Cabinet d'avocats d'affaires / Xenia Legendre

Droit des sociétés
Hogan Lovells / Portrait avocat / Cabinet d'avocats d'affaires / Xenia Legendre

exclusif La cohésion d’équipe fait la force chez Hogan Lovells / Xenia Legendre, une managing partner parfaitement en phase avec la culture américaine

EXCLUSIF. Dans le contexte géopolitique actuel, l’on pourrait oublier que le centre spirituel et culturel orthodoxe russe, situé quai Branly, a été créé, entre autres, grâce au travail du cabinet d’avocats d'affaires américain Hogan Lovells, et notamment grâce à sa managing partner dans la capitale française, Xenia Legendre. Si la spécialiste des questions de fiscalité transactionnelle de la firme est originaire de Russie où elle a fait ses études, elle n’a jamais eu la moindre difficulté à s’acclimater à la mentalité américaine. Pour preuve, le chiffre d’affaires du bureau de Paris a doublé depuis qu’elle le dirige. Portrait. 
Xenia Legendre (©Hogan Lovells)
Xenia Legendre (©Hogan Lovells)

Début avril, le cabinet d’avocats d’affaires Hogan Lovells accueillait, à Paris, deux nouvelles associées pour diriger sa pratique "transition énergétique". Il s’agit de Christine Le Bihan-Graf et Laure Rosenblieh, toutes deux venues de chez De Pardieu Brocas Maffei pour apporter leur solide expérience en matière de droit public général, de contentieux, de résolution des litiges devant les juridictions françaises et européennes et des secteurs régulés. "La maîtrise des secteurs régulés est vraiment l’une des forces de notre cabinet. Nous prônons une expertise transversale des dossiers, avec une interaction entre la réglementation et le business, c’est ce qui nous différencie des autres cabinets d’avocats. Nous avons donc décidé de créer une pratique dédiée aux problématiques de la transition énergétique qui concernent tous les secteurs industriels", confie Xenia Legendre, managing partner de Hogan Lovells à Paris et responsable de la pratique fiscale dans un entretien accordé à WanSquare.

 

Pas de guerre froide

 

De fait, le bureau parisien de la firme globale, issue de la fusion en 2010 entre Hogan & Hartson et Lovells, compte 190 avocats pour 46 associés. Il est structuré en secteurs d’activité et d’industrie comme la santé, l’énergie, les institutions financières ou encore l’automobile, et non pas uniquement par spécialités du droit.

Mais ce n’est pas la seule particularité d’Hogan Lovells dans la capitale française. Il est aussi dirigé depuis le 1er janvier 2018 par une femme, Xenia Legendre, 55 ans, une avocate venue… de Russie. Et le contexte géopolitique actuel est loin de la déstabiliser. "J’adore la culture américaine. C’est franc et direct. Contrairement aux idées reçues, les deux cultures sont assez proches. Il existe une vraie proximité de fonctionnement ", assure celle qui a étudié à l’Institut d’Etat des relations internationales de Moscou à l’époque où la Russie s’appelait encore l’URSS. "C’est en quelque sorte l’équivalent de l’ENA pour le Quai d’Orsay mais on y étudiait aussi le droit", explique l’associée.

Il suffira d’un stage de six mois au sein de l’Ambassade de l’URSS à Paris et de la rencontre avec son futur mari pour que Xenia Legendre adopte définitivement la France. "Je n’ai cependant jamais voulu travailler dans un cabinet français ou anglais ", précise-t-elle.

 

Validée par Washington

 

Dans la capitale, elle poursuivra ses études avec un DEA de droit des affaires à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne du professeur Gavalda, grand russophile, puis un doctorat.

Pour son premier poste d’avocate, elle choisira déjà dans un cabinet américain, Skadden, Arps, Slate, Maegher & Flom. "Cela s’est fait un peu par hasard. Le cabinet venait d’ouvrir à Paris et était dirigé par Christopher Baker, son fondateur et un expert du droit fiscal. Il m’a fait travailler sur tous les aspects du conseil mais je ne touchais pas au contentieux", se souvient-elle. Une petite équipe au sein de laquelle elle débutera comme collaboratrice. "Je fus mise à contribution très tôt aussi bien en droit fiscal qu’en M & A. Dès la deuxième année, j’ai négocié seule le rachat du groupe lyonnais Lejaby par l’américain Warnaco", poursuit Xenia Legendre qui aura eu aussi à travailler sur les dossiers Alcatel-Lucent ou sur l’introduction en Bourse de Saft, ancienne filiale d’Alcatel, devenue propriété du fonds d’investissement Doughty Hanson, pour un montant proche de 400 millions d’euros.

Au total, l’avocate aura officié durant quinze ans chez Skadden. Elle y aura été promue counsel. Mais son envie de devenir associée la poussera cependant à quitter la firme en 2008. Elle rejoindra alors Hogan Lovells. "J’ai appris qu’un associé avait démissionné chez Hogan & Hartson. J’ai appelé le managing partner de l’époque pour le rencontrer et mon recrutement s’est fait tout de suite, après bien sûr un entretien avec le management basé à Washington", raconte cette mère de quatre enfants.

 

Une méthode qui porte ses fruits

 

Au sein du cabinet et forte de son expérience, elle se spécialisera alors en fiscalité transactionnelle pour une clientèle majoritairement composée de grands groupes internationaux et des fonds d’investissement. Parmi ses dossiers les plus marquants de ces dernières années : la construction de 2009 à 2016 du centre spirituel et culturel orthodoxe russe, quai Branly à Paris, pour laquelle elle accompagnait la Fédération de Russie. "Je n’ai pas à me cacher d’être russe", confie-t-elle.

Et lorsque l’on lui demande son style managérial, sa réponse fuse : " Depuis quelques années, la mentalité au sein de notre bureau a évolué. Les avocats sont beaucoup plus proactifs pour travailler ensemble et impliquer d’autres associés sur un même dossier. La cohésion de groupe est fondamentale à mes yeux. Et il semblerait que cela fonctionne puisque le chiffre d’affaires a doublé en cinq ans ", explique Xenia Legendre.

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