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Droit des sociétés / Mélanie Coiraton / Cabinet d'avocats d'affaires / Racine / Portrait

Droit des sociétés
Mélanie Coiraton / Cabinet d'avocats d'affaires / Racine / Portrait

exclusif Mélanie Coiraton, une co-managing partner qui aime créer du lien chez Racine / Le M&A a besoin des autres expertises pour offrir un conseil complet au client

EXCLUSIF. Elue en janvier dernier à la tête du cabinet d’avocats d’affaires, aux côtés de Frédéric Broud, l’associée en M&A a (aussi) la fibre sociale. Il faut dire qu’elle sait mieux que quiconque mobiliser la force collective de Racine sur un seul et même dossier. Portrait.
Mélanie Coiraton © YSCORPORATE
Mélanie Coiraton © YSCORPORATE

Honneur (une nouvelle fois) aux femmes chez Racine. En janvier dernier, Mélanie Coiraton, associée spécialisée en fusions-acquisitions et en capital-investissement, était élue co-managing partner, aux côtés de Frédéric Broud (associé en droit social). Si ce dernier a été renouvelé dans ses fonctions, pour un mandat de 3 ans, Mélanie Coiraton, elle, a donc succédé à Xavier Rollet (associé en droit fiscal). C’est la deuxième fois qu’une femme co-dirige le cabinet d’avocats d’affaires parisien. "J’aime bien les responsabilités, j’en avais déjà au Comex", confie-t-elle à WanSquare.

 

Les ressources humaines prises très au sérieux

 

De fait, Mélanie Coiraton est entrée au Comex en 2020, elle y était notamment en charge des ressources humaines de Racine. À ce titre, c’est elle qui aura eu par exemple à gérer en interne, avec les co-managing partners de l’époque, la crise sanitaire. "Une angoisse très forte de très courte durée et une expérience humaine hors-norme. Les dossiers ont rapidement repris et le télétravail a fonctionné sans problème grâce à une organisation à distance sécurisée mise en place en un temps record ", se souvient l’associée.

Ses nouvelles fonctions ne l’empêchent pas aujourd’hui d’être toujours attachée au bien-être des collaborateurs, et ce pour un conseil toujours meilleur offert aux clients du cabinet. Les questions de QVCT (qualité de vie et conditions de travail) l’occupent particulièrement. "Nous devons nous adapter à la jeune génération qui est plus attentive à son équilibre de vie et à son épanouissement professionnel ", explique la co-managing partner. Par ailleurs, parallèlement à la mise en place d’un "Partner’s track" permettant l’émergence de nouvelles générations d’associés, elle réfléchit à instaurer un véritable statut pour les avocats seniors qui n’ont pas pour objectif de devenir associés. "Il faut arrêter de penser que si l’on ne devient pas associé, on a raté sa carrière d’avocat. Il faut faire évoluer les mentalités ", plaide-t-elle, tout en précisant que cette proposition devra trouver un écho unanime en interne. Elle travaille également à un projet Alumni afin de créer une communauté d’anciens de Racine. "Il est important de créer du lien afin de faire en sorte que l’entreprise soit un endroit où les avocats se sentent bien", estime-t-elle.

 

La promotion de binôme paritaire

 

Si Mélanie Coiraton est la seconde femme avocate a accédé aux plus hautes fonctions au sein du cabinet, ce n’est pas par une prise de conscience tardive de faire évoluer les femmes, Racine ayant plébiscité au contraire, depuis plusieurs années, la candidature de "binôme paritaire". D’ailleurs, aujourd’hui, 12 associées sur 38 sont des femmes, soit 31 % du cabinet. Cependant, en pratique, force est de constater que peu de candidates se sont intéressées à la fonction managériale. Il faut dire qu’elle n’est pas rémunérée et demande du temps, en plus de la gestion habituelle des dossiers d’un avocat. "Le job consiste aussi à relever plein de petits défis. Le cabinet a pris beaucoup d’ampleur au fil des ans. Le nombre d’associés est passé de 29 à 38 entre 2020 et 2024, cinq nouveaux associés nous ayant par exemple rejoints en début d’année. J’œuvre donc pour que Racine garde son âme d’origine tout en poursuivant sa magnifique croissance, qu’il conserve son unité et sa force collective", nous explique Mélanie Coiraton.

 

Associée à la stratégie

 

Il faut dire aussi que l’avocate de 46 ans connaît très bien le cabinet pour y avoir effectué la majeure partie de sa carrière. Cela fait 20 ans qu’elle y évolue. Elle y sera devenue counsel (la première génération de Racine), puis associée en 2008. " L’un de mes premiers dossiers fut pour le groupe Europa Organisation, spécialisé dans l’évènementiel et les congrès, qui s’était vendu à GL Events avant de vouloir regagner son indépendance en rachetant leurs parts, un dossier très animé et original ", se souvient Mélanie Coiraton. Un client qu’elle conseille toujours aujourd’hui. "Au total, j’ai dû réaliser plus dix build-up pour ce groupe ainsi que des opérations sur leur capital. Nous venons de clôturer un deal avec un fonds qui est devenu majoritaire", poursuit-elle. L’associée conseille aussi de longue date le groupe Adeo (maison mère de Leroy Merlin, propriété de la famille Mulliez) sur des sujets d’acquisitions ou de diversification des activités. "J’ai noué des relations avec des clients depuis mon arrivée chez Racine. Ce qui me plaît dans le M & A est d’être associée à la stratégie de l’entreprise que je conseille. Ce lien de confiance est très valorisant", nous explique Mélanie Coiraton.

 

Le contentieux mérite sa place

 

Et la méthode de traitement des dossiers de Racine lui convient aussi parfaitement. "Tous les associés travaillent réellement ensemble. Nous sommes un collectif au service du client. Le M & A, par nature, exige bien souvent plusieurs expertises, comme le droit social, le droit fiscal, etc. Cela inclut bien sûr une juste rémunération au sein du cabinet", relate celle qui aime mener les équipes sur un deal. "C’est même l’une des grandes réussites du cabinet. Nos clients ressentent cet esprit collectif", ajoute-t-elle, reconnaissant être en recherche de nouvelles compétences. "Nous souhaitons aujourd’hui attirer des expertises supplémentaires, notamment en deal immobilier ou en contentieux. Le contentieux fait partie de l’ADN de Racine. Historiquement, chaque département l’a développé dans son giron. Aujourd’hui, cette expertise transcende largement les départements et fait la force de Racine. Mais notre image projetée en contentieux n’est pas à la hauteur de notre pratique réelle. Il nous faut donc la dynamiser encore. C’est le projet du moment, nous venons de prendre par exemple un nouvel étage dans nos locaux et nous sommes en train de réaffecter les bureaux pour rassembler tous les avocats qui traitent du contentieux au même étage ", indique la co-managing partner.

 

Recrutée avant d’être officiellement avocate

 

Si Mélanie Coiraton intervient donc aujourd’hui pour des groupes industriels dans le cadre de leurs opérations de croissance externe, en France ou à l’étranger et conseille également les fonds d’investissement sur l’ensemble de leurs opérations de LBO, de capital développement et de cession, elle a néanmoins fait ses premières armes chez Freshfields Bruckhaus Deringer. "J’ai intégré le cabinet alors que je n’étais même pas encore avocate, une époque totalement révolue aujourd’hui".

Elle y a débuté en tant que stagiaire avant d’y être recrutée comme juriste. "J’ai hésité à me lancer dans une thèse à la fin de mes études de droit mais la vie professionnelle m’attirait. Je suis devenue avocate chez Freshfields et j’y suis restée 4 ans. Ce fut une très belle opportunité ", se souvient cette diplômée en droit des affaires de la faculté de Saint-Quentin-en-Yvelines et d’Assas et de la Sorbonne. "J’ai très vite été mise à contribution. Mon premier dossier fut la vente de l’hôtel Nikko par Japan Airlines, notre client, à Accor en 2001. J’ai aussi rédigé toute seule le rapport d’audit dans une opération de LBO pour 3i. Une très bonne formation, d’autant que je partageais à l’époque le bureau de Jean-Claude Cotoni, associé en M & A, un modèle qui ne se fait plus non plus aujourd’hui", fait-elle remarquer. Racine la repérera sur un dossier commun, SIA (spécialisée dans la décoration). "Fin 2003, je partais en vacances à Tahiti, j’ai prévenu Luc Pons, associé M & A chez Racine, de mon absence et il m’a proposé d’en profiter pour réfléchir à rejoindre le cabinet", sourit-elle.

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