Professions financières / Portrait / Cabinet d'avocats d'affaires / Ginestié Magellan Paley-Vincent
Professions financières
Portrait / Cabinet d'avocats d'affaires / Ginestié Magellan Paley-Vincent
La liberté n’est pas une posture chez Ginestié Paley-Vincent /
Une différence qui se veut utile aux clients
Un bon conseil client implique parfois de savoir lui dire non. Certes ce n’est pas toujours facile à entendre mais c’est l’une des marques de confiance que le cabinet d’avocats d’affaires Ginestié Paley-Vincent, qui a fêté en mai dernier ses 50 ans d’existence, revendique. "Notre cabinet repose sur trois valeurs : la liberté, la loyauté et l’empathie. Et nous n’avons pas une appétence pour les relations de court terme. Nous ne sommes pas un cabinet qui fait ‘des coups’", relate à WanSquare, François Devedjian, associé depuis 2010 au sein de la firme et désigné président de son conseil d’administration il y a cinq ans.
Un fondateur visionnaire
Une différence et une indépendance que le cabinet cultive depuis longtemps. Historiquement, il s’est fait connaître grâce à la pratique du "commandite par actions", forme juridique de société peu courante mais qui s’avère être une redoutable arme anti-OPA (opération publique d’achat) tant elle protège les héritiers dans le cadre de la transmission des entreprises familiales cotées. Une pratique dont le fondateur du cabinet et associé Philippe Ginestié, conseil historique de groupes comme Hermès, Galeries Lafayette, Etam ou Teleperformance, a fait sa spécialité.
Mais cela n’est pas le seul trait de différenciation de Ginestié Paley-Vincent par rapport à ses pairs. Quand d’autres prestigieux cabinets parisiens n’auraient eu que pour seule envie de se développer aux Etats-Unis, la firme de la place des Etats-Unis dans le 16ème arrondissement de la capitale s’est au contraire très tôt tournée vers l’Asie, ouvrant un bureau à Hong Kong à la fin des années 1980 et dont les opérations sont également dirigées par Philippe Ginestié. "Là-bas, le cabinet accompagne des sociétés françaises dans leur projet d’implantation et de croissance en Asie et plus particulièrement en Chine. A l’inverse, nous conseillons également des sociétés hongkongaises désireuses de se développer en France", relate Marine Vanhoucke, responsable du bureau de Hong Kong pendant huit ans, et aujourd’hui directrice du département propriété intellectuelle et conformité. "Il s’agit du droit des marques et des droits d’auteur. Actuellement, je travaille beaucoup sur la cartographie des risques de corruption pour des groupes internationaux et la comparaison avec ce que proposent d’autres juridictions, notamment concernant la protection des lanceurs d’alertes", confie celle qui s’intéresse aussi à la protection des données personnelles – elle a collaboré aux travaux de l’IA Act européen et sur le cas de ChatGPT en Italie- ainsi qu’aux nouvelles problématiques juridiques liées au développement des NFT (jetons non fongibles) et du Métavers.
Cap sur les BRICS
Dans cette même logique, Ginestié Paley-Vincent s’est encore démarqué en mai dernier, en ouvrant un Brésil desk dédié aux relations entre La France et le Brésil à Paris, accueillant pour cela Rodrigo Loureiro, avocat brésilien, ancien de DS Avocats et de Jones Day, en son sein pour le diriger. Objectif : répliquer la même méthode gagnante qu’à Hong Kong, à savoir accompagner la clientèle brésilienne (entreprises cotées, PME, start-up, etc) qui a une activité en France mais également celle tricolore qui veut s’ouvrir vers l’Amérique du Sud.
Un intérêt renforcé et donc affiché du cabinet pour les BRICS, groupe originellement composé à sa création en 2011 du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud et qui a récemment décidé de passer à 11 membres pour accueillir l’Argentine, l’Egypte, l’Ethiopie, l’Arabie saoudite, l’Iran et les Emirats arabes unis. "Notre stratégie axée sur les BRICS correspond parfaitement à la vision de développement du cabinet voulu par Philippe Ginestié depuis 35 ans et à notre positionnement en tant que conseil utile à nos clients, ce qui explique que nous ne sommes pas présents à Londres ou aux Etats-Unis", souligne François Devedjian qui connaît parfaitement le fonctionnement des firmes anglo-saxonnes, étant lui-même passé par les cabinets Freshfields Bruckhaus Deringer et Mayer Brown où il deviendra associé.
La spécialité de cet avocat de 50 ans ? Les montages juridiques complexes aussi bien dans des sociétés cotées que non cotées, les fusions-acquisitions, les levées de fonds, les LBO, les introductions en Bourse, les prises de participation ou encore les créations de joint-ventures. Parmi ses clients, il a conseillé Seloger.com, le groupe Pierre & Vacances Center Parcs ou Bourbon et intervient pour Groupe Flo, Orion Energies, LGT European Capital ou Niji (services numériques).
Des experts dans leur domaine
Et si le cabinet compte aujourd’hui une quarantaine d’avocats et quinze associés, les deux derniers sont arrivés il y a quelques mois. D’abord, Philippe Jouvet, à la fin du mois d’août, comme associé en droit de la distribution et de la concurrence, est un expert de l’agroalimentaire. Il connaît tous les enjeux du secteur pour avoir été pendant 4 ans responsable juridique concurrence, distribution, consommation de la coopérative Tereos. "J’accompagne actuellement les entreprises dans le cadre des négociations commerciales entre les industriels et la grande distribution mais il faudra aussi s’intéresser à la future loi de simplification "Egalim 4" annoncée par le gouvernement alors que les acteurs concernés peinent toujours à digérer les réformes des relations commerciales votées ces dernières années", constate-t-il pour WanSquare.
Enfin, Isabelle Chauvet, avocate ex-Shearman & Sterling, White & Case et Orrick Rambaud Martel, est venue, en novembre, compléter la pratique fiscale du cabinet, avec Carine Duchemin, positionnée en corporate tax et Madeleine Fabre, spécialisée en fiscalité internationale et en droit du patrimoine. La fiscaliste de 62 ans intervient auprès des entreprises françaises et étrangères cotées et non cotées mais avec un "aspect conseil" qui l’a convaincue de rejoindre le cabinet.
Un esprit de famille
Une arrivée qui s’est faite dans un contexte particulier, alors que Vincent Renoux, ex-Stehlin & Associés et disparu soudainement à la fin du mois d’août, avait intégré la firme en avril dernier avec l’une de ses collaboratrices, Aurélia Damas. "Vincent Renoux et sa collaboratrice avaient réussi à créer une nouvelle dynamique au sein de la pratique tax du cabinet. Avec l’arrivée d’Isabelle Chauvet, il ne s’agit pas d’un remplacement mais de continuer l’histoire. Il était d’ailleurs de notre devoir de garder Aurélia Damas parmi nous. Elle travaille aujourd’hui avec Isabelle", explique François Devedjian. Preuve que chez Ginestié Paley-Vincent, la loyauté n’est vraiment pas un vain mot.
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