WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Fusions, Acquisitions / Schneider Electric

Fusions, Acquisitions
Schneider Electric

Schneider Electric est prêt à accélérer dans les logiciels / Discussions engagées avec l’américain Bentley Systems

Schneider Electric a engagé des discussions préliminaires en vue d’une potentielle transaction stratégique avec l’éditeur américain de logiciels d’ingénierie Bentley Systems. Une opération qui n'est pas conclue d’avance, étant donné l’attrait de la cible et les convoitises qu’elle suscite, et qui pourrait s’articuler autour d’un apport d’actifs vu les montants en jeu.

Les discussions engagées par Schneider Electric en vue d’acquérir le spécialiste américain des logiciels d’ingénierie Bentley Systems ne seront pas longtemps demeurées au stade de la rumeur. À peine ont-elles été dévoilées vendredi matin par le Wall Street Journal que le groupe industriel français les a confirmées, en prenant soin de préciser qu’elles se trouvaient à un "stade préliminaire" sans "aucune certitude qu’une transaction soit approuvée ou réalisée".

La taille de la cible est importante. Cotée à New York, Bentley affiche une capitalisation de 15 milliards de dollars (14,1 milliards d’euros), mais l’on sait Schneider Electric capable de s’écarter de sa stratégie d’acquisitions ciblées dites "bolt-on" lorsque cela en vaut la peine. Comme lors du rachat d’Invensys il y a dix ans, ou, dans un passé plus récent, avec l’OPA qu’il avait lancée sur sa filiale britannique Aveva. Dans les deux cas, le groupe alors dirigé par Jean-Pascal Tricoire (Peter Herweck, l’ex patron d’Aveva justement, lui a depuis succédé à la direction générale), n’avait pas hésité débourser plus ou moins 4 milliards d’euros.

 

Méga tendance

 

Comme Invensys et Aveva (mais c’est le cas aussi pour l’Allemand Rib Sofware racheté pour 1,4 milliards d’euros en 2020), Bentley Systems opère dans les logiciels d’ingénierie ou industriels, et ce n’est bien sûr pas une coïncidence. À partir de son métier d’origine de fabrication d’équipements électriques, Schneider Electric a engagé depuis de nombreuses années un virage vers les logiciels industriels afin d’accroître son exposition à la révolution numérique de l’industrie. Une méga tendance du digital dont le groupe a largement détaillé l’importance dans sa stratégie lors de son capital market day de novembre dernier.

Ainsi, "un rapprochement (avec Bentley Systems) aurait beaucoup de sens d’un point de vue stratégique et complèterait bien les activités de Schneider Electric", observe le cabinet Oddo BHF. Sachant que le groupe américain, qui a généré l’an dernier un chiffre d’affaires de 1,2 milliard de dollars, occupe des positions de premiers plans dans le secteur de l’architecture, de l’ingénierie, de la construction et des opérations (AECO) avec une empreinte particulièrement forte sur le marché des infrastructures. Ses logiciels servent ainsi à concevoir et construire des routes et des aéroports, des stations d’épuration, ou encore des immeubles de bureaux.

 

L’obstacle Siemens

 

Ce qui fait d’ailleurs de Bentley Systems, qui est une entreprise familiale, une cible potentiellement très convoitée, justifiant la communication prudente de Schneider Electric. Bentley Systems, qui a constitué un comité spécial au sein de son conseil d’administration pour explorer les différentes options, aurait ainsi selon Reuters également reçu des marques d’intérêt de la part de son compatriote Cadence Design Systems.

Et il est probable qu’il faille tenir compte aussi de Siemens, qui détient une participation de près de 12 % dans Bentley Systems, avec lequel le conglomérat allemand avait noué une alliance stratégique en 2016, avant de tenter d’acquérir la société américaine en 2020, celle-ci ayant finalement préféré s’introduire en Bourse.

Si les choses viennent à se concrétiser pour Schneider Electric, vu la taille de la cible, il pourrait être judicieux pour le groupe de privilégier un apport d’actifs, comme celui réalisé pour Aveva. "Cela serait l’idéal ", avance Oddo BHF, afin de limiter la sortie de trésorerie et d’éviter d’avoir recours à une augmentation de capital. Une perspective que les marchés pourraient apprécier modérément, comme l’illustre la baisse de plus de 2 % de l’action Schneider Electric ce vendredi.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article