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Eurazeo mise sur le spécialiste de l’épargne salariale Eres Group / La stratégie MLBO creuse son sillon dans les services financiers
Ce n’est pas tous les jours qu’une même opportunité se représente. Alors qu’Eurazeo vient d’annoncer une prise de participation majoritaire dans le spécialiste de l’épargne salariale Eres Group, l’histoire entre la société et son nouvel actionnaire aurait pu se nouer bien plus tôt. "Cela fait plusieurs années que nous nous intéressons à Eres. Nous avions déjà tenté d’y investir il y a cinq ans", raconte à WanSquare Maxime de Bentzmann, co-Head de l’activité mid-large buyout (MLBO) d’Eurazeo.
Et si finalement, c’est le gérant IK Partners (récemment allié à Wendel) qui avait emporté la mise, Eurazeo tient en quelque sorte sa revanche. Tandis qu’IK Partners a cédé la participation qu’il détenait dans Eres Group au travers de son Fonds IK VIII, l’acquéreur n’est donc autre qu’Eurazeo, qui poursuit ses emplettes dans un secteur financier, "cher au cœur d’Eurazeo, ce qui est encore plus vrai au sein de la stratégie MLBO", souligne le responsable.
Après la récente entrée au capital du courtier britannique BMS, Eres Group marque le cinquième investissement du fonds Eurazeo Capital V, qui est le portefeuille en cours de déploiement de la stratégie MLBO d’Eurazeo.
Fondé en 2005, Eres est le principal acteur indépendant français dans le conseil et la structuration, la gestion d'actifs et la distribution de plans d'épargne salariale (PEE, PERECO), de régimes de retraite (PER) et de plans d'actionnariat salarié. Soit "une manière pour Eurazeo d’investir dans le domaine très porteur de l’épargne retraite et salariale, sur l’une des sociétés probablement les plus différenciées et les plus prometteuses du secteur", poursuit Maxime de Bentzmann.
Et ce alors que celle-ci s’est déjà bâtie une solide réputation après quinze ans à creuser son sillon sur son marché de l'épargne salariale, du partage du profit, de la retraite et de l'actionnariat salarié. Grâce à "un modèle économique basé sur une distribution de produits intermédiée par des tiers, des conseillers en gestion patrimoine, des courtiers, des experts comptables qui font l’interface avec le client final qui est soit une entreprise de très petite taille, soit une PME, ou bien un particulier", explique de son côté Mathieu Chauvin, le président d’Eres Group.
Loi sur le partage de la valeur
Son développement s’est fortement accéléré au cours des cinq dernières années, avec des actifs sous gestion passés de 2,4 milliards d'euros à 6,7 milliards d'euros. La société a en effet beaucoup profité de l'élan donné par la loi PACTE de 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises de 2019. Celle-ci a favorisé l’essor du Plan Epargne Retraite (PER) et supprimé le forfait social pour l’épargne salariale. "Cela nous a donné beaucoup de vent dans les voiles. Nous avons énormément prospéré grâce à cette évolution réglementaire", souligne le dirigeant.
La suite se présente sous des auspices tout aussi favorables, alors que la loi sur le partage de la valeur promulguée fin 2023 rend obligatoire les dispositifs de partage du profit dans les entreprises entre onze et 50 salariés. Une aubaine. "Cela va nous permettre d’adresser notre cœur de cible des TPE et PME avec nos distributeurs pour accélérer sur ce marché qui de toute manière, demeure structurellement sous équipé, tant en matière d'épargne salariale que de retraite par capitalisation". La société compte poursuivre en parallèle le développement de ses initiatives adjacentes dans l’assurance vie, mais aussi l’immobilier, au travers de Primaliance, la plate-forme de courtage spécialisée dans la distribution de parts de SCPI Primaliance acquise en 2022.
Pour Eurazeo, le déploiement de la stratégie s’opère concomitamment aux cessions d’actifs parvenus à maturité, permettant la rotation des actifs du portefeuille. Ainsi que l’illustre la récente cession début avril de la plateforme de chirurgie ophtalmique DORC à l’allemand Carl Zeiss Meditec. Une opération qui a matérialisé un retour brut de 2,6 fois cash-on-cash et un taux de rendement interne (TRI) brut de 24 % sur l’investissement initial, avec environ 386 millions d’euros de produit brut de cession revenant au bilan d’Eurazeo.
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