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Casino se redimensionne pour se transformer / Le distributeur va réduire ses effectifs et investir 1,2 milliard d’euros
Financièrement restructuré depuis peu, passé sous le contrôle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky (et de ses associés Marc Ladreit de Lacharrière et le fonds Attestor), le nouveau Casino a aussi désormais sa feuille de route. Le distributeur stéphanois a lancé mercredi le coup d’envoi de "son projet de transformation".
Moins d’un mois après la réalisation fin mars des opérations portant sur son capital, prévues par le plan de sauvegarde accéléré, le groupe ne pèse plus que trois centimes par action en Bourse, pour une capitalisation totale de 1,1 milliard d’euros. Soit peu ou prou l’équivalent de l’argent frais (1,2 milliard d’euros) injecté en échange de l’effacement de sa lourde dette.
C’est l’équivalent aussi de la somme qu’il a prévu d'investir "dans la modernisation des magasins" à horizon 2028, a-t-il annoncé. Une nécessité après des années de sous-investissement. Recentré sur Monoprix, Franprix, Naturalia, ses magasins Casino de proximité et son enseigne en ligne, le distributeur désormais dirigé par Philippe Palazzi doit relever le défi du redressement opérationnel. Une tâche qui ne s’annonce pas simple bien que l’entreprise ait pris de l’avance dans la résolution de ses problèmes en cédant dès janvier la quasi-totalité du périmètre de ses hypermarchés et supermarchés, des formats qu’il ne pouvait plus espérer rentabiliser sans engager des investissements hors de sa portée.
Elle s’annonce d’autant plus ardue que le contexte est difficile, marqué par un ralentissement de l’inflation alimentaire et l’adoption par de nombreux foyers du "trading down", comportement consistant à privilégier les gammes de produits les moins coûteuses pour faire des économies.
Partenariat avec Intermarché et Auchan dans les achats
C’est pourquoi avant même d’espérer regagner les parts de marchés perdues sur la concurrence, le groupe est contraint de redimensionner sa base de coûts. Ce n’est pas une surprise, le projet de transformation annoncé mercredi comprend donc un important plan de sauvegarde de l’emploi. "Compte tenu de sa situation financière et de son recentrage sur les magasins de proximité, il est tout d’abord vital pour le groupe d’adapter la taille de ses fonctions supports dans ses différents sièges ainsi que son réseau logistique", explique l’entreprise.
Casino, qui ne compte plus que 28 212 salariés en France après ses récentes cessions de magasins en France et la sortie de la totalité de ses activités à l’international (à comparer aux 200 000 personnes employées dans le monde et 50 000 en France à fin 2022) envisage à présent de supprimer entre 1 293 et 3 267 postes en fonction du nombre de magasins grand format et d’entrepôts logistiques non encore cédés qui trouveront preneurs d’ici septembre.
Le salut du groupe passe également par une alliance d’ampleur dans les achats. Il vient ainsi de conclure un accord avec Intermarché et Auchan qui "selon les marchés, se substituerait aux accords existants entre Intermarché et Casino". Une centrale d’achats alimentaire constituée par Intermarché et Auchan, et pilotée par ce premier, aurait pour mission de négocier, auprès des plus grands groupes industriels les conditions d’achats des produits de grande consommation de marques nationales. Le but étant de faire "partie d’un ensemble d’alliances puissantes pesant près de 30% de part de marché […] et pour une durée de dix ans", indique Casino qui ne détient plus qu’une part de marché de 5,3% en France, loin derrière les 16,5% d’Intermarché et les 8,6% d’Auchan.
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