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Arkema est à un point d’inflexion / Les projets de croissance s’apprêtent à monter en puissance

Le recul des résultats d’Arkema au premier trimestre masque une stabilisation des volumes et devrait marquer un point bas avant la montée en puissance de plusieurs projets de croissance dont les retombées commenceront à se faire sentir au printemps. Le groupe poursuit par ailleurs ses acquisitions ciblées créatrices de valeur.
Thierry Le Hénaff, le président-directeur général d'Arkema - AFP
Thierry Le Hénaff, le président-directeur général d'Arkema - AFP

Plus tôt la reprise sur les marchés finaux d’Arkema interviendra, mieux le chimiste se portera. Pour autant, le groupe dirigé par Thierry Le Hénaff n’attend pas spécialement après cela pour poursuivre ses développements, atteindre ses objectifs 2024, et au-delà ceux de son plan stratégique à horizon 2028. Toujours aucuns "signaux nets de rebond de la demande", a indiqué mardi l’entreprise, aux prises depuis de longs mois avec un contexte de faibles volumes, entre manque de visibilité et tensions géopolitiques persistantes.

Le groupe a prouvé l’an dernier sa capacité à opérer dans un contexte de demande dégradée. Le premier trimestre 2024 est dans la même lignée, avec des nuances. Le chiffre d’affaires continue à reculer : une baisse de 7,3 % par rapport à la même période un an plus tôt, à 2,34 milliards d’euros. Mais contrairement à la baisse continue des volumes subie l’an passé, ceux-ci ont légèrement progressé cette fois-ci (+2,7 %), si bien que le repli des ventes tient à l’effet prix. Celui-ci a été négatif de 7,2 %, conséquence de la baisse des matières premières et de conditions de marché "toujours défavorables dans l’amont acrylique et le PVDF", indique le groupe.

 

Profil de spécialités

 

Par "amont acrylique" il faut entendre acide acrylique, qui est la première brique dans la chaîne de fabrication des résines et additifs acryliques de spécialités à destination de marchés divers notamment les peintures, revêtements, et le traitement de l’eau. Quant au PVDF, il s’agit d’une solution thermoplastique très résistante, qui fait partie de la gamme de matériaux avancés du groupe. L’occasion de rappeler la transformation profonde opérée en près de vingt ans par l’entreprise depuis sa création (en 2004), lors de la réorganisation de la branche Chimie du groupe Total (aujourd’hui TotalEnergies), avec le remplacement de quasiment toute sa chimie dite de commodité par des activités à forte valeur ajoutée. La part des matériaux de spécialités a été portée à 92 % de son chiffre d’affaires l’an dernier, réparti entre les matériaux avancés (38 % des ventes), les adhésifs (29 %), et les "coatings solutions" (25 %), c’est-à-dire les résines et additifs destinés aux industriels des marchés des peintures et revêtements.

C’est ce profil qui permet au groupe de maintenir une rentabilité élevée, y compris quand ses marchés finaux ralentissent, comme l’an dernier, où sa marge d’Ebitda s’est établie à 15,8 %, après le record de 18,3 % de 2022. Cette marge s’est établie à 15 % au premier trimestre 2024, compte tenu d’un Ebitda publié de 350 millions d’euros, en recul de 4,6 % sur un an, mais supérieur aux attentes du consensus des analystes (341 millions d’euros).

L’Ebitda se situe d’ailleurs à un point d’inflexion. Arkema l’attend au deuxième trimestre en légère hausse par rapport au deuxième trimestre 2023 et en progression significative par rapport au premier trimestre 2024. Indépendamment d’un rebond progressif de la demande, Arkema doit bénéficier à partir du deuxième trimestre 2024 de la montée en puissance de plusieurs projets de croissance, dont le groupe estime qu’ils devraient contribuer sur l’ensemble de l’année à hauteur d’environ 60 à 70 millions d’euros à l’Ebitda. D’où sa confiance dans son objectif pour 2024 d’un Ebitda compris entre 1,5 milliard et 1,7 milliard d’euros, après 1,5 milliard d’euros en 2023.

 

Acquisitions bolt-on

 

Ces projets incluent notamment l’atelier d’acide fluorhydrique en partenariat avec le groupe américain d’agrochimie Nutrien aux États-Unis, l’usine de polyamide 11 bio-sourcé à Singapour, l’extension des usines de la filiale Sartomer en Chine et du Pebax (élastomères thermoplastiques) en France et le développement de spécialités fluorées 1233zd à bas pouvoir de réchauffement. Arkema bénéficiera par ailleurs de la contribution de l’acquisition réalisée l’an dernier d’une participation majoritaire dans la société sud-coréenne cotée PI Advanced Materials (PIAM), qui lui a permis d’élargir sa gamme de polymères de haute performance.

D’ailleurs, si la nouvelle feuille de route dévoilée en septembre dernier donne la priorité à la croissance organique, le groupe n’en poursuit pas moins ses acquisitions ciblées de petite taille, dites bolt-on, complétant son portefeuille sur ses marchés clés ou porteurs. A l’image de la prise de contrôle annoncée en avril de Proionic, start-up leader dans la production et le développement de liquides ioniques, opération venant renforcer sa gamme de solutions pour les batteries de nouvelle génération. Arkema a également annoncé début mai l’acquisition de l’activité adhésifs de lamination pour emballages flexibles de Dow, un marché attractif dont il devient un acteur clé. "Cette ligne de produits, par ses technologies de premier plan et ses sites industriels de grande qualité, complètera idéalement, comme l’avait fait l’acquisition des adhésifs d’Ashland il y a deux ans, notre offre dans les adhésifs industriels de haute technicité", a souligné à cet égard Thierry Le Hénaff, le président-directeur général du groupe.

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